‹ Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933?)Chapitre 391 sur 482 · I.A VISIO KAllOLl CliASSl · texte numérisé non relu

I.A VISIO KAllOLl CliASSl

puisque le (ils d'Hi-nuMigarde ne fut jamais souverain de la tolalilé de l'ancien empire de Charles le Gros. Son couronnemeid à Home par le pape Benoil III l'ut unévénemeiil presipie exclusivemeni italien. Dans la Visio, au eonlraire, il nesl (|ueslion ni de rilalie. ni des faits qui s'y rapportent. Ce qui préoccupe laideur, ce soiil les li'uerres civiles entre les oncles de Charles le (irus, cesl-a-dire eidrc les fils de Louis le Pieux. Le souvenir de ces guerres devait commencer à s'éteindre au début du x*" siècle, et elles eureid pour théâtre la Gaule orienlalciion lllalie. Charles le Chauve descendit, il est vrai, dans ce dei'uier pays, mais pour condiattrc contre les frères de Charles III et contre celui-ci lui-même, non contre ses oncles. II serait bien difficile au contraire de voir dans le récit du songe des allusions aux événements italiens, à la lutte par exemple entre les maisons de Frioul et de Spolète.

Le titre mis en avant par l'auteur du pamphlet, en faveur de Louis, c'est une concession de l'empereur Charles, et cette idée est à rapprocher de l'adoption de 887 mentionnée par les Annales de Fulda, comme aussi des termes employés dans les actes du concile de Valence pour ])arler du jeune prince, « au(|uel Charles avait concédé la dignité royale ».

Kutre 888 et 901, d'autre part, certains événements avaient eu lieu, (jue l'auteur de la Vi.sio paraît ne pas connaître. La transmission de l'Empire est représentée comme s'opérant directement de Charles le Gros à Louis. Une telle donnée eut été peu admissible après qu'Arnulf avait porté la couronne impériale, même en laissant de côté Gui et Lambert, qui n'étaient point de sang carolingien. Ln 901, la naissance de Louis n'eût point constitué pour lui une bien grande supériorité sur son concurrent d'alors, Bérenger de Friovd, petit-fds par légitime naissance de Tempereur Louis le Pieux'. Au moment, au contraire, où s'ouvrait la succession de Charles le Gros, Arnulf, bâtard, et laissé jus(|ue-lâ dans l'ombre par son oncle, Bernard, bâtard aussi, pouvaient moins évidemment passer pour des représentants de la famille impériale (pic Louis, pctit-tils de Louis II, fils adoptif de l'empereur défunt -. Sans doute aucun texte, ni les Annales de Fulda, ni les actes du concile de Valence, ne permet de supposer que Charles le Gros ait entendu conférer par la cérémonie de Kirchen à son jeune neveu des droits à la succession

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