‹ Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933?)Chapitre 392 sur 482 · Cf. cependant ce que nous avons dit p. 1()6-I(i · texte numérisé non relu

Cf. cependant ce que nous avons dit p. 1()6-I(i

•2. Il y a, semble-t-il, aussi intention d'appeler l'intérêt sur Vinfan- //<///.s inripérial, et on 901 Louis n'était plus infantuliia ; mais nous n'in.sistoiis pas sur cet argument parce qu'on pont rexpli(piei'en disant (|ue l'auteur .savait (jiio Louis était lout jeune lurs de la mort de Charles le Gros. En outre, était-il de bonne politique en 901 de ])arailre croire que l'empereur Louis eut besoin de l'intervention de saint Hémi pour avoir des héritiers?

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impériale. Mais dans l'esprit du texte, il n'est pas question de ce qui est; il s'agit de ce qui devrait être. En d'autres termes, nous considérons ce texte comme un exposé des prétentions que certains esprits, peu après la mort de Charles le Gros, pouvaient, dans l'entourage d'Ermengarde ' , concevoir pour le fils de celle-ci, et cette hypothèse nous semhle mieux s'accorder avec le texte de la Visio que le système qui place à l'année 900 environ la rédaction de cet écrit.

Pour le lieu d'origine la détermination ne peut être que très incertaine. L'auteur paraît avoir été un ecclésiasti(pie. M. F. Lot le croit « originaire du diocèse de Reims » en raison du pouvoir particulier qu'il attribue à saint Rémi. D'autre part nous ne croyons pas que le texte ait été mis en circulation lors de l'avènement de Louis de Provence à l'Empire parce qu'il ne renferme rien qui permette de le rapporter à l'Italie du début du x^ siècle. Il est donc peu probable que ce soit en Italie qu'il ait été composé. Le plus ancien manusciit au([uel nous puissions remonter parait être provenu de saint AVanch-ille, mais il est difficile de supposer que les moines de cette abbaye neustrienne, postérieurement à l'avènement d'Eudes, se soient intéressés aux droits successoraux de Louis de Provence au point de rédiger un écrit politi(|ue en sa faveur. La même remaniue peut s'appliquer à tout le royaume franc de l'oiiest. L'auteur inconnu, d'autre part, à l'inverse par exemple des rédacteurs des actes du concile de Valence, ne fait pas allusion à la royauté du père de Louis et s'occupe beaucoup des évêques et des grands qui ont donné de mauvais conseils à Charles le Gros et à ses oncles; il y a par suite (pielque vraisemblance à ne pas faire de lui un Provençal ou Viennois, mais plutôt à croire à l'œuvre de (pielque clerc de l'entourage de l'empereur défunt, hostile à Arinilf ou à Bernard et favorable au fils d'Ermengarde.

1. Celle-ci n'est pas nommée })armi les per.sonnes que Chaiie.s rencontre dans fautre monde. Ce serait un indice, assez léger, du reste, en faveur de l'opinion qui place avant la mort d'Ermengarde la rédaction de la Visio Karoli.

APPENDICK VII

RICHARD LE JUSTICIER ET LA MARCHE DE BOL'RGOflNE

Malgré le rôle imporlaiii certainement joué par Kieliaid le .liisiicier' dans l'histoire de la formation du duelié de Boni'gogne, ce personnage semble avoir jusqu'ici peu attiré l'attention des historiens modernes '^ Parmi ceux qui lui ont consacré quelques pages, M. E. Favre'' définit ainsi sa politique. « Richard, comte d'Autmi, « sans être hostile à Charles le Simple, poursuit avant tout ses pro- « près intérêts, et ceux de son neveu, Louis de Provence. » Nous croyons, ainsi (|ue nous Tavons dit plus haut, (|ue cette appréciation, en ce qui concerne les relations de Richard avec la Provence, n'est point complètement exacte, et que si le comte d'Autun a poursuivi avant tout ses propres intérêts, il ne devait pas beaucoup songer à ceux de Louis, car toute son activité paraît dirigée du côté des pays bourguignons dépendant le plus directement du royaume franc, comme l'Auxerrois ou le Sénonais. Il n'est donc pas inutile de consacrer à ce personnage une courte notice en laissant un peu de côté les événements de l'histoire générale auxquels Richard s'est trouvé mêlé et qui ont été étudiés par les historiens des rois carolingiens de cette période.

Richard paraît avoir été, dès 876, titulaire d'un comté, peut-être de celui de Sens \ En 8(S0, il était certainement comte d'Autun '.

1. Sur ce surnom de Justicier, cf. Lebeijf, Mém. Ilisl. frAii.rerre, t. II, p. 45. — On le trouve déjà sous sa forme actuelle justiciariim dans la Chronique de Hugues dé Flavigny au xif siècle (Mon.Grrm.,SS.) t. \'1II, p. 357); JHStifknlor dans la Cliron. de fièse. éd. BorciAin, p. 286.

2. Le répertoire de Bio-Zn/i/iofiraphic d'C. Ciievaliei; ne mentionne aucun travail spécialement relatif à Richard le .Justicier.

:5. Eudes, p. 170-171.

4. Diplôme de Charles le Chauve, daté de Quierzy, 4 septembre 876 (Ilisl. de F,-., t. VllI, p. 654), concédant au comte Conrad la villa de Perrot en Sénonais. « Ililduinus ahba et Kicardus eûmes ambascia- « verunt. »

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