Diplôme en faveur de Manassès cité n
6. Betton, abbé clerc de Sainte-Colombe de Sens, se trouvait en 915, lorsqu'il fut élu évêque d'Auxerre, occupé à construire avec l'appui du duc Richard, abbé laiViue de la même abbaye, une fortification destinée à protéger le couvent contre les attacpies des païens (Mahm.lon, Ann. Bened., t. III, p. 308). La Chronique de Saint-Bénigne (p. 123) l)arle d'une invasion de Normands en Bourgogne au temps du roi IJaoul.
7. Le fait est mentionné par un très grand nombre de chroniques. On trouvera l'indication des principales dans Ecki-:l, Charles le Simple, p. 70-71, et, avec plus de détails, dans R. Merlf.t, Les comtes de Chartres, p. 78-84 (Extrait des Mémoires de la société archéologique d'Eureet-Loir, t. XII, 1897).
8. La date d'année est donnée par Flodovud, Annales, a. 921; par la
Puui'AHniN, lloijuuine de l'coveni-e. 22
338 llICIlARIt LE .lUSTICIF.l', ET LA MAHCIIE DE P.OUnr.ÛC.NE
qui devait deux ans plus tard monter sur le trône de France, Hugues, dit quelquefois le Noir, comte d'Autun, duc en Bourgogne, et Boson, mari de Berthe, qui eut une existence très agitée jusqu'à sa mort, survenue en 935. 11 avait eu en outre une fille nommée Ermengarde, mariée à Gislebert.
Richard était ou avait été comte d'Autun, et jusqu'aux dernières années de sa vie ^ des actes assez nombreux relatifs à TAutunois^ ou à d'autres portions de la Bourgogne ^ lui donnent le titre de comte*. A ce nom cependant viennent s'ajoiiter ceux de duc"" et de marquis^ et les textes narratifs'' emploient des expressions diverses, mais desquelles il résulte que Richard était investi d'un pouvoir s'étendant à toute la Bourgogne et que celle-ci constituait
Chron. S. Cohnnbae (DuRU, op. cit., t. I, p. 204). Vllisi. Franco?'. Seiion.{Mon. Germ., SS., t. IX, p. 365) ajoute la date de jour, également fournie par l'Obituaire de la cathédrale d'Auxerre (dans LEBv:rëJIïst. eccl. du diocèse (VAiixerre, t. 11, pr., p. 255), et par la Chronique de Saint Pierre le Vif.
1. Ann. Berlin., a. 882: « In suum comitatum Augustodunensem. » Il fut excommunié par le pape Formose pour son intervention dans les affaires de l'évêché d'Autun (Hugues de Flavigny, Chron. Virdunense., Mon. Germ. SS., t. VIII, p. 256). Il est dit expressément «cornes augustodunensis »dans un diplôme de Carloman du 30 novembre 880 (Cartul. d'Autun, éd. Ciiar.masse, p. 87).
2. C'est ainsi qu'il porte simplement ce titre dans son obit, dans le nécrologe de la cathédrale d'Auxerre.
3. Dans ce cas, le plus souvent il est dit « cornes et marchio ». Cf. inf'ra, n. 6.
4. Diplômes du 16 juin 891 pour Sainte-Colombe de Sens {llial. de Fr., t. IX, p. 457), du 16 octobre 897 concernant le pngus d"Hat1ouar {Mméf des Arc/i. déparlemenlnles, p. 2i), de 900 pour l'église d'.Vuxerre {Ili.'it. de Fr., t. IX, p. 487), du 22 avril 901 pour Saint-Germain d'Auxerre (Ibid., p. 490), du 25 juillet 902 relatif au pnr/us d'IIattouar (RosEROT. op. cil., p. 27), du 10 octobre 915 pour Tournus (Ilist. de Fr., t. IX, p. 523); notice d'un plaid tenu à Courtenot par Richard lui-même (D'Arbois de Jubainville, Hist. des ducs et comtes de Champagne, t. I, p. 450).
5. Walon, évoque d'Autun, donne ou restitue divers biens aux chanoines de sa cathédrale « adhibito etiam hortamento et auxilio Domini « Ricardi excellentissimi ducis » (Plancher, llisl. de Bourgogne, t. I, pr., u" xvni).
6. Lui-même s'intitule « nobilissimus marchio » (Cartul. d'Autun, éd. Charmasse, p. 35). Il est dit «cornes et marchio « dans desdiplômes du 24 juin (Gall. Christ., t. IV, instr., col. 65) et du 30 juin 900 {Cari. d'Autun, p. 9), du 30 août 908(Bulliot, Essai hislor. sur Saint-Martin d'Autun, p. 20).
7. Voici l'indication de ces expressions, que l'on ])ourra comparer
niCIlAl'.lt l.K .ICSTir.lKli I:t I.a MAUCIIK ItK lîitlMir.or.NK 339
pour lui un (luclic ou un Mi;ii(|uisiil. plus cxiiclciiicnl une luaiTlie à la tèle (le laquelk' il se troiivail placé.
C'est en général dans un intérél de déCoiise, (|iie Inreid organisées les marches, que des commandements furent contiés à des ducs dans les provinoos-frontiéres '. La marche de liourgogne se trouvait à la fois limitrophe de lAciuitaine, à laquelle, au dchut du ix-^ siècle, certains confiés hourguignons s'éiaienl trouvés momentanémeni rattachés-, et du royaume de Provence. Mais celui-ci n'est pas de création ancienne, et cependant il send)lc ipic dès une époque antérieure à 855, plusieurs comtés hourguignons se soient déjà parfois trouvés réunis sous l'autorité dun même personnage ^ de même qu'il y avait dès ce moment un duché de Lyon sous (iirard et sans doute aussi un duché de Provence sous Fulcrad d'Arles. Sans doute la géographie politique de la Bourgogne au i\* et au x" siècle, les listes de comtes des diverses villes sont assez mal connues. L'existence même des coudes à telle ou telle épo(|ue dans certaines cités est parfois douteuse. On peut dautre part constater d'assez grandes modilicalions dans la disirihulion et le groupement des comtés de cette région. Mais il semble bien qu'il y ait eu alors, sinon des ducs de Bourgogne, du moins des ducs en Bourgogne. C'est ainsi que Warin, déjà duc de Provence et de Lyon, paraît avoir été en même temps comte en Autunois, en Màcoiuiais, et peut-être en Chaunois^ A une épo(|ue où Charles
avec celles qui furent employées par le « duc des Francs » (cf. Favre. Eudes, p. 227).
« Cornes Burgundiae. » — .1»//. .S'. Benigni Dmonensis^Mon. Gcnn. t. m, p. 40; Ann. Besuenacs,. ihidA. II. p. 248.
« Dux Burgundiae. » — Chivii. S. Benigni Divionensis. éd. Bor- GAUD, p. 113; Jlist. Francorum Senoncnsis, Ilist. de Fr., t. IX, p. 365.
« Dux Burgondionuin. » — Clauits, llhron. S. Pclri Vivi, Duar, op. cit., t. Il, p. 480.
« Dux. « — Chron. Besuense, éd. Bougaud, p. 286; Chron. S. Columbae Senonensis.. dans Durit, t. I, p. 204.
« Burgundionum princeps. » — Flodgaud, Hist. rem. EccL. 1. IV, c. 7, Mon. Germ. SS., t. XIII, p. bll.Vila Johnnnis Gorziensis. c. 104, 5S., t. IV. p. 367.
« Princeps Burgundiae. » — Flodoard, //>., I. IV, c. 12 ; Chron. S. Columhae .sv'^«o/k,Di:ru, t. L p. 203 : Odoran, Chroucon, Ili.^t. de Fr., t. VIII, p. 327.
u Marchio de Burgundia. » — Flodoard, Annales, a. 921.
1. Cf. G. DE Manteyer, L'origine des douze pairs de France, dans les Eludes dédiées à M. G. Monod, p. 195, qui rattache la création du duché de Bourgogne à la nécessité de résister à Boson. — Favhe. Eudes. p. 228 : « La Bourgogne devient un duché sous Richard. »
2. L'Auttuiois, l'Avalois et le Nivernais en 817 (Lo.ngnon. Allas hist., texte, p. 68), le Sénonais en 835 (Ibid., p. 69).
3. Nous considérons d'ailleurs cette question comme étant en dehors de celle de l'existence, dans telle ou telle ville, de comtes particuliers.
4. Il estditducde Provence par le ^'//ron/con.l(/«/^/»iM/H, a.841(.)/o«.
340 uiciiARi) lt: jrsTicH'in i:t la MARciir: de itouncOGNE
de Provence ne pouvait être considéré comme très dangereux pour ses voisins, le comte Eccard était investi comme Robert le Fort ou le comte Henri d'Âlemannie, d'un «triplex honor*». Peut-être fautil songer aux trois comtés d'Autun,deMàcon et de Chalon dans lesquels son testament montre qu'il était possessionné ^. Encore en 878 les Annales de Saint-Vaast donnent à Bernard le titre de dux A ucjusiodunensium '•*.
Richard le Justicier, qui paraît avoir débuté comme comte en Sénonais, reçut en 879 ou 880 l'Autunois. Il est probable que la nécessité de résister à Boson favorisa ses premiers progrès. Mais c'est moins à cette nécessité qu'à l'ambition de Richard, semble-t-il, qu'il faut attribuer les progrès de celui-ci du côté de la Boiu'gogne auxerroise et sénonaise, laquelle ne constituait pas une province frontière. Dans la Bourgogne éduenne, au contraire, qui aurait dû être considérée comme une marche proprement dite, le Maçonnais avait été rattaché aux territoires soumis à Bernard Plantevelue * et le Chaunois, qui primitivement avait peut-être dépendu du duché de Richard", parait avoir ensuite peu occupé ce dernier ^
Germ. SS.,t. II, p. 25.3), et un diplôme deCharles le Chauve lui donne letitrede msirqu\s{Cariul. de Sainl-Vincnit de iMâcot), n"cix) etTon voit par cet acte que Warin avait des vassaux en Lyonnais. II porte en 851 les titres de « comte et recteur du monastère de Flavigny » (Dt'ciiesne, IJist. de la maison de Vergy, pr., p. 8) et dans une charte de la même abbaye parait « Sarulfus decanus vice Warini comitis » (Ibid., p. 9). En 825, l'empereur Louis le Pieux confirme l'échange par lui conclu avec révêque Hlldebodus, de biens sis en xMàconnais (Plancher, I/ist. de Bourgof/ne, t. I, pr., n" v; Bcshmeh-Muehlbacher, n° 772). — En 834, il se fortifie dans la cité de Chalon (Vila Hludovici, c. 58 {Mon. Germ.SS.,i. II, p. 658) et cette même année était sorti avec une armée ex Burgundiae partibus» {Il).,c. 51, p. 637). II prit part à la bataille de Fontenay, où il arriva de Bourgogne (\itil\ud, //«s/., 1. II, c. 5)à la tète des contingents méridionaux (Aoémau de Chabanne, Chronique, 1. III, c. 16, éd. CiiAVANON, p. 133). — Sur ce personnage et sur son homonyme Warin, comte d'Auvergne, cf. Mabuxe, Royaume dWquilaine, p. 34 et passim.
1. Hic princeps triplicis requiescit Acardus honoris. Consulis arce triplicati numinis omen,
dit son épitaphe, conservée dans un ms. provenant de Fleury-sur- Loire, dont Eccard fut l'un des bienfaiteurs (publiée par E. Berger, Notice sur divers mss. de la Bibl. Vaticane, p. 34).