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Lorsque Charles Martel eut établi la suprématie de sa famille non seulement sur lÂustrasie, mais aussi sur la Neustrie et sur TAquitaine, lorsqu'un peu plus tard Pépin et Charlemagne eurent étendu leur autorité royale sur une partie de la Germanie et de l'Italie, ces princes se trouvèrent en présence d'une population gallo-franque, alémannique, saxonne, lombarde, ayant à sa tête des chefs tirés de son sein. La première mesure à prendre pour éviter des soulèvements, comme ceux de Waifre en Aquitaine ou de Tassilon en Bavière, était de remplacer autant (jue possible l'aristocratie du pays conquis par des chefs, tout au moins par des administrateurs choisis parmi les conquérants. « Après cette extension de la puissance royale, dit Adrevalde', il devenait nécessaire de donner à la nation soumise des chefs capables de la forcer à conserver le frein des lois et la coutume des Francs. » Les rois carolingiens se sont conformés à ce principe -. Déjà Pépin « établit en Aquitaine ses ducs et ses juges ^ ». Charlemagne y envoie même des gens de moindre importance, des i\issi^, et, en donnant à l'un de ses fils l'Italie à gouverner, non seulement il place autour de lui des conseillers francs, mais encore il « envoie ses comtes par toute l'Italie ^ » « pour garder et gouverner avec le prince le royaume que celui-ci venait de recevoir*^ ». Il ne faut pas, d'ailleurs, voir là simplemeid une preuve de la sagesse et de la prudence des premiers Carolingiens. Charles et Pépin avaient autour d'eux bien des convoitises à satisfaire, et si leurs leudes austrasiens ont quitté leurs terres des vallées de la Moselle et de la Meuse, ce n'était assurément pas par pur amour de la gloire. Il leur fallait, dans les pays conquis, des domaines et des charges, des bénéfices et des honneurs. Le premier résultat des conquêtes carolingiennes a donc été l'établissement, sur toute la surface de l'empire, d'im certain nombre de comtes et de bénéfices francs.
Il est certain, du reste, qu'il n'y avait pas que des Francs auslrasiens parmi ceux (]ui suivircut Charlemagne dans ses expéditions
1. Miracula S. Benedicli, 1. I, c. 18, éd. de Certain, p. 43.
2. Sur ce point, cf. Waitz, Deulsche Verfassungsgcsc/u'c/ttc, 2« éd., t. III, p. 386; DUEMMLER, Ostfr. licirh, t. I, p. 211.