AoREVALU, lac. cit
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lointaines. Il y eut aussi, en Italie par exemple, des h'raiiesdc (iaule '. et ces lierniers, sous les successeurs de l'enipereur, continuent à passer les monls pour rejoindre et assister ceux de leurs compatriotes déjà établis dans la péninsule-. D'autre part, à côté des Francs proprement dits, s'établissent en Italie et en Gaule des familles appartenant aux })ays les premiers soumis aux Carolingiens sur la rive droite du Kbin. Les Mamans, par exemple, furent de bonne beure considérés pai' Charlemagne comme des serviteurs assez fidèles pour qu'il cboisit parmi eux son épouse llildegarde ■'. 11 laisse à la tète du pays les membres de la famille du duc Nebi* et prend parmi les Souabes des comtes comme Gérold, auquel il confie le commandement de la Marcbe orientale ', comme le Strasbourgeois Rric, au(|uel il donne le ducbé de Frioul*^. La famille bavaroise des ^^'elfs devait jouer vm grand rôle dans Ibistoire des fils de Louis le Pieux. (Jii connaît, d'autre part, les transferts de Saxons en Gaule etlectués par ordre de l'empereur. Ces Saxons sont parfois bénéficiés dans leur
1. Selon la pittoresque expression du P. Lapôtre, Le pape Jean VIII. p. 333, n. 1. « Les Gallo-Francs ne se sont pas subitement évanouis ;i la fin du viii'' siècle ; leur aristocratie, tous leurs guerriers ne sont pas restés dans leurs foyers, les pieds sur les chenets, pendant que ceux-là seuls qui parlaient allemand s'en allaient guerroyer au loin. »
— Mais le P. Lapôtre, entraîné par son argumentation, confond peutêtre un peu, dans cette note, deux périodes qu'il distingue, au contraire, fort bien dans son texte, celle de Charlemagne et celle qui suivit, durant laquelle rien ne rattache plus l'Italie à r.\ustrasie ou à l'Aléraannie, tandis que les Francs de Gaule continuent à passer les Alpes. D'autre part, au point de vue où nous nous plaçons, il ne s'agit que des chefs et des comtes, et parmi ceux-ci dominaient, semble-t-il, les gens de la Francia.
2. Le mouvement d'immigration des familles comtales continue en Italie, d'une façon très marquée, beaucoup })lus tard qu'ailleurs. C'est ainsi qu'en 889 encore Gui de Spoléte y établit la maison des marquis d'ivrée (Dce.njmlkr, Gesla Berengarii, p. 22). c'est-à-dire des Francs de Bourgogne. Au x« siècle, arrivent encore des Francs de la Provence avec Hugues d'Arles et sa famille, à lacpielle le nouveau roi distribue comtés et évêchés. Dans les récits de Liutprand, par exemple, figurent à la fois des familles que l'un pourrait appeler du premier ban, venue directement, au temps de Louis le Pieux, des pays austrasiens, et d'autres qui ne se sont établis au delà des Alpes qu'après un séjour en Gaule de plusieurs générations, comme les marquis d'ivrée et Boson de Toscane. Ce fait est en corrélation avec les variations du sens du mot Francis qui en Italie tend à se restreindre aux gens venus de Gaule (A. Lapôtre, op. cit., p. 330-332).