‹ Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933?)Chapitre 458 sur 482 · Floouaru, Jlisl. Item. EccL, 1. III, c · texte numérisé non relu

Floouaru, Jlisl. Item. EccL, 1. III, c

394 GRANDES FAMILLES COMTALES A L'EI'OnUE CAROLINGIENNE

de Louis le Germanique des biens sis en Aargau ' . En plein x" siècle encore, Boson, fils de Richard le Justicier, duc en Bourgogne, apparaît comme possessionné dans le pays messin, d'où ses ancêtres étaient originaires -. Un capitulaire de 846 donne une liste de comtes bourguignons et provençaux, et parmi eux ceux qui ont des bénéfices en Italie forment une classe spéciale ^. A leur tour, les seigneurs italiens conservent des domaines au nord des Alpes. Gui, duc de Spolète, avait reçu de Tempereur Lothaire le monastère de Mettlach, près de Trêves*, et le célèbre testament d'Éverard montre le marquis de Frioiil pro|)riétaire de biens, non seulement en Lombardie, mais aussi en Alémannie, sur la Meuse, en Hesbaye, en Condroz et en Toxandrie, et, plus.à l'ouest, en Ostrevant, en Artois, enTournaisis ^. De telles circonstances ne sont pas propres à créer chez les grands un sentiment d'inviolable attachement à leur roi et à son royaume. Après une révolte, une disgrâce, ils sont toujours sûrs de trouver dans les États du souverain voisin de vieilles propriétés de famille pour s'y retirer et des parents pour soutenir leur cause, sans parler des princes, toujours enchantés de se créer des partisans aux dépens de leurs frères ou de leurs neveux. Rien n'est donc plus aisé à des comtes infidèles que de se transporter d'un royaume dans ijn autre, pour y retrouver des alliés et une situation politique équivalente à celle qu'ils ont perdue dans le pays qu'ils abandonnent. En 8t)l, le margrave Ernest est condamné à la diète de Ratisbonne comme traître à Louis le Germanique et entraîne sa famille dans sa disgrâce. Ses neveux passent à la cour de Charles le Chauve et, avec l'appui de lem* parent Adalard, reçoivent (ki roi des bénéfice et des domaines ^ En 8(34, Charles le Chauve, à son tour, disgracie momentanément Hugues l'Abbé et son frère Conrad. Ceux-ci émigrent dans les États de Lothaire II et de Louis II, dont ils obtiennent, Hugues, l'archevêché de Cologne^, et Conrad le ducbé de Transjurane oii sa famille devait se lixer". Il faut avoir bien présent à l'esprit uu fait <|ue les textes ne mentionnent pas expressément, mais(|ui facilite certainement les déplaccmeuts de ce genre : c'est qu'il s'agit toujours de gens de même origine et de même sang, de parents peut-

1. n()EiiMEi!->hKiii.itACiiER, u" 1412. — Dans farticle du traité de Coblence cilé plus haut, il est aussi question des hommes de ('harles qui ont des alleux dans le royaume de Louis le Germanique.

2. Paijisot, le rofidume de Lorraine, p. ô'iS, n. 1. \i. HoiiETirs-KitArsE, t. 11, p. 67.

'». l5(li:ilMEU-MllEULHA(IlEH, 11" 1058.

r>. I)"A(;iiEHV, Siiicilegiutn. éd. iii-fol., t. 111, p. 876. Cf. Favme. la Famille (VEnrard, p. 157.

Page 1