Paiusot, le royaume de Lorraine, p
i;i{AM)r:s kamili.ks (;(i.mtai.i;s a i.kimioif. CAi'.oi.i.Nf.ir.N.M-; aoj
être rapprochés des défuiils ou des révo(|iiés, doiil ils reçoivent les charges et les domaines. Ce ne sont pas des Allemands (pi'on (Mabiit en France ou réciproquement, ce sont des l'rancsde la Fmnviu qui remplacent d'autres Francs dans les |»a\s (inOnl coïKpiis leins aïeux communs.
De même, lors(|ue les guerres éclatent, les |)arlis se gronpenl. en mainte circonstance, selon les alliances de famille. Depuis >Si.'^ les tentatives dannexion faites par les fils et les pelits-tils de Louis le Pieux au détriment de leurs voisins ont été nombreuses. Très rares, en revanche, ont été depuis FonfenoN les hatailles rangées livrées entre eux, et le comhat dAndernach. en <S7(>, peut passer pour ime exception. On a recours à des moyens moins violents, et la cause habituelle des revers est la défection des grands laïques, ahandonnant leur souverain pour porter à son compétiteur le serment de fidélité. Parfois un clan tout entier, selon qu'il se porte d'un côté ou de l'autre, fait pencher la balance en faveur de l'un des deux adversaires. Sans doute, il ne suffirait pas à celui-ci d'être soutenu exclusivement par une seule maison comtale, mais on comprend rinqxMlance (|ue peut avoir dans une lutte de ce genre le rôle dune famille puissante, suivie par tout le groupe de ceux qu'unissent à elle des relations de parenté, d'alliance ou simplement d'intérêt, ses vassaux et ceux des ahl)a\ es qu'elle détient. En .S.').'^, le jeune Louis, fils du (iermani(|ue, est appelé par les rebelles d"A(|uitaine ; ses principaux fauteurs sont les gens de la parenté de (Jauzbert ', et ceux-ci ont sufli un moment à entraîner presque tous les Aquitains ^ Un peu plus tard, en 858, lorsque Louis le Germanique envahit lui-même les États de son frère, ce dernier, pour des raisons que nous ignorons, est brouillé avec la famille de sa femme, et c'est un Adalard (|ui, avec le concours d'Eudes, sans doute son parent, le comte d'Orléans, sollicite l'arrivée de Louis. La famille de Robert le Fort axant, semble-t-il, suivi les Adalard dans leur défection, Charles le Chauve se trouve ipso facto dépourvu de partisans et sur le point de succomber. Il .Idil en grande ))artie son salut à la maison welfe, qui, jusque là tenue un peu à l'écart par les deux familles rivales, profite de loccasion pour eirectuer sa réconciliation avec le roi '. En 879, c'est le moment où Bernard et Émenon de Poitiers viennent de se soulever (pie
1. Aiin. Fuld., a. 8o4, p. 5'». « Ciim ergo venir^set et non essct^ sus- « ceptus nisi ab ea tantum coi^matione quam Ivarlus maxime otïendit « propter interfectionem Gauzbcrti eorum propinciui. »
2. Ann. Berlin., a. 853, p. 4:5 : « Aquitani pcne omnes. » Si Ton songe aux relations des fîauzbert avec d'autres fjrandes familles, on comprend assez bien que leur clan ait pu, à un moment donné, soulever tonte l'Aquitaine.
o. Sur tous ces événements, cf. Cai.metti:, Mriii. cit., p. Io0-i:i6.
396 GRANDES FAMILLES CUMTALES A L'Él'OQUE CAROLINGIENNE
choisit leur parent Gaiizlin pour appeler Louis de Saxe '. En 887-888, Gui de Spolète ne trouve en Gaule de partisans que dans la région dont sont maîtres les membres de sa famille, c'est-à-dire dans ime partie de la Bourgogne ". En Italie, les deux familles rivales les plus importantes sont celle des marquis de Frioul et celle des ducs de Spolète. Ces derniers, qui ont leurs parents surtout dans le royaume de rOuest, soutiennent Charles le Chauve lors de sa descente en Italie ^ Au contraire, Bérenger, qui est en relations avec Engilberge, veuve de Louis II, favorable plutôt aux princes germani(iues, et avec le parent de celle-ci, Suppon, figure à la tète des partisans de Charles de Souabe *. Plus tard encore, c'est en Bavière ou en Alémannie que Bérenger recrute des auxiliaires-', tandis que ce sont des Francs de Gaule <|ui constituent la majeure partie des armées spolétaines®. C'est l'appui de la famille d'Anscher d'Ivrée, arrivée d'Ûscheret seulement en 889, qui devait faire successivement le succès des prétendants bourguignons, Louis l'Aveugle, Bodolphe II et Hugues d'Arles.
Au commencement du x'^ siècle, pour toute l'aristocratie fran(|ue, la situation se modifie. L'héré(Uté des bénéfices devient une règle de mieux en mieux établie. 11 n'y a plus de comtes bénéficiaires révoqués, leurs charges et leurs honneurs passant à une maison rivale ; il n'y a plus aussi de ces émigrations de familles comtales, de la Marche de Bretagne au duché de Spolète, de la Lorraine à la Provence. Le souvenir du lien qui unissait entre eux les divers royaumes issus du démembrement de l'empire de Charlemagne s'etface tous les jours, et les relations entre elles des familles féodales de France, d'Allemagne et d'Italie otlrent un caractère nouveau. H n'y a plus de ces maisons comtales importantes dans deux ou trois royaumes à la fois par les propriétés, les bénéfices et les charges qu'elles y possèdent. Les nouvelles maisons seigneuriales, dans le royaume de l'Ouest tout au moins, ne peuvent même, pour l;i plupart, être rattachées aux anciennes ^
Quelques-unes de celles-ci ont à ])eu près dispaiu, et il ne faut jtas
t. Atvi. Birliii.. a. 878-879.