ROLE DU COMTE GIRARD
connu sans hésiter, immédiatement après la mort de Lothaire, la souveraineté impériale, et nulle armée italienne ne vint le secourir dans sa lutte contre Charles le Chauve, bien que Louis II lui-même paraisse s'être considéré comme le légitime souverain du Lyonnais et du Viennoise
là une concession générale, « se . rattachant très probablement aux efforts que fit l'empereur Louis II pour exercer quelque pouvoir eflectif sur l'ancien empiredeCharlemagne »(?. Viollet, ///s/, f/es inslituiions politiques de la France, t. I, p. 415). D'autres, au contraire, comme M. Imbart de la Tour (Les élections épisropales dans réf/lise de France, p. 215), ont, avec raison, jugé une telle opinion peu vraisemblable. NooRUEN {Ilinkmar, p. 250) admet même (pie Hugues de Flavigny n'a fait que recueillir des traditions inexactes et conclut contre l'autlienticité des deux lettres. Parisot {op. cil.,]). ;J5i) n'(>st pas loin de le suivre dans cette voie. Le P. Lapôtre (Le pape. Jean VIII, p- 222) admet sans discussion l'authenticité, mais semble, sans le dire expressément, en restreindre la portée au royaume de Provence. — C'est cette dernière opinion qui nous paraît le plus vraisemblable. Il ne faut pas oublier, en effet, que ces lettres ne sont connues que par l'intermédiaire de Hugues de Flavigny, lequel vivait à une époque où les mots Gallia, et surtout Gallia Cisajpina, s'employaient pour désigner la Provence, ou plus exactement le royaume Rodolphien (cL infra, Append. I). 11 ne faut pas, semble-t-il, dans le texte en question, leur donner une extension plus grande, soit (jue Hugues de Flavigny y ait introduit ces termes, soit peut-être que le pape Hadrien ait employé l'expression de Gallia Cisalpina (qu'on trouve, on se le rappelle, dans une lettre d'Hincmar à Girard) et que l'épithète Cisalpina ait disparu dans l'analyse du C/ironicon Virdunense. Autrement, on ne s'expliquerait guère que le souverain pontife ait nommé en première ligne le comte Girard, qui n'était pas dans la Gaule lato sensu un très puissant personnage, et le comte Hotfrid, inconnu d'ailleurs, — ni même qu'il se soit adressé à des comtes plutôt qu'au roi Charles le Chauve en personne. On s'explique, au contraire, qu'il en ait été ainsi si la lettre s'adressait aux principaux comtes gouvernant au moins une partie du royaume de Lothaire II après la mort de celuici. Aucune source ne fait allusion à un acte général de ce genre, qu'Hincmar, par exemple, eût certainement mentionné et contre lequel il eût énergiquement protesté. Nous croyons donc qu'il ne faut a1tribuer à ces lettres qu'une portée restreinte. Hadrien 11 veut empêcher que les deux oncles du feu roi — ou Girard lui-même, ainsi (jue le prouve la suite de la lettre — n'agissent au détriment des droits de l'empereur Louis II, dans un royaume qui devait être réservé à celui-ci. 1. .M. LoNGNON, op. cit., p. 261 et d'après lui M. P. Meyer ((^/rfl/-/ de Houssillon, Introd., p. v) admettent que Girard cherchait à se rendre indépendant à la fois de (Charles le Chauve et de Louis. M. Longnon invoque à l'appui de cette opinion deux actes, dont l'un semble très probant, puis(|ue Girard lui-même y figure, et qui sont datés de « l'an 1 après la mort de Lothaire^ », au lieu de l'êti-e d'après les années de l'empereur Louis, comnu! ils l'auraient été si celuicn avait été reconnu dans le pays où les actes ont été rédigés. Mais il faut remarquer (|ue ces deux actes (Charles deCluny. n"" l'i et 15) sont d'une é|)o<pu' antérieure au traité de .Meersen et à la (in des négociations entre les souverains, c'est-à-dire