CHARLES LE CFIAUVE A VIENNE
la ville elle-même, Charles n'eut pas besoin d'un assaut'; il se borna à recourir à des « moyens ingénieux », évidemment ceux employés dans toutes les guerres de ce temps, c'est-àdire des promesses de bénéfices et d' « honneurs »'. Berthe vit qu'il n'y avait plus qu'à capituler; elle prévint Girard et celuici vint lui-même discuter les conditions du traité et rendre la place au roi, qui y entra le 24 décembre'. Après avoir exigé du comte Girard des otages pour garantir la remise des forteresses des environs, Charles lui fournit trois bateaux sur lesquels il s'embarqua avec son épouse^ pour gagner les domaines de l'empereur Louis II où une tradition très vraisemblable leur faisait terminer leurs jours'. Charles, ayant ainsi achevé de se mettre en possession de son nouveau royaume, et rappelé dans le nord par la rébellion de son fils Carloman, ne tarda pas à reprendre le chemin de la Bourgogne, laissant le gouvernement du pays conquis à son beau-frère et favori, le comte Boson^
fhaire vivait encore, l'indiction et l'an de la succession en Lorraine à 869. Mais le 24 novembre 869, Charles était à Gondreville (flisl. deFr., t. VllI, p. 621, cf. Ann. Berlin., a. 869, p. 107). Il semble qu'il n'y ait pas lieu de tenir compte de Fan du règne en France, qui est évidemment inadmissible, peut-être restitué postérieurement dans ce diplôme qui n'est connu que jiar des éditions. Il faut admettre, en outre, une erreur dans le chiffre de l'indiction et, chose plus grave, dans le compte des années du règne en Lorraine. Mais il semble bien difficile de faire autrement. En outre, l'expression « Actum Vienna », au lieu de « prope Viennam » ou (juelque autre formule analogue, est un peu surprenante. L'acte n'est, d'ailleurs, pas suspect. Conservons-lui donc la date du 2'i novembre 870, tout en faisant remarquer ([u'elle est très incertaine, et que s'il y a eu des erreurs dans les dates d'années, il peut y en avoir eu aussi dans la date de jour.
1. M. Longnon et M. Meyer admettent comme nous qu'il n'y eut })as de combat. M. MuEnLUVCiiEK, Deutsche Gesch. iiiilcr den KaroUnQern, p. 5'i8, croit à tort à une lutte sérieuse.
2. Ann. Berlin., toc. cil.: « ingeniose cogitans». Le Chron.S. Maxrnlii Piclavensis (Ckronif/ue.'i des églises d'Anjou, p. 369) dit assez exactement : « A. DCCCL.XX. fuit Vienna Carolo data. >>