FAMILLR MATERNELLE DE BOSON
inconnu ', mais nous savons qu'elle était sœur de la femme deLothaire II, la reine Theutberge^ et du duc Hubert, fille par conséquent comme eux d'un certain comte Boson '*. Les textes qui fournissent le nom de ce dernier ne font connaître ni le lieu dans lequel ses bénéfices étaient situés, ni son pays- d'origine. Celui-ci doit peut-être être cherché dans l'ancienne Austrasie, où l'on rencontre également la famille de Bivin, et où l'on trouve, dès le vu'' et le vin' siècle, divers exemples du nom de Boson''. Quant à ce comte, que nous appellerons Boson l'Ancien, il est très probablement" le même qu'un comte italien de ce nom qui, en 826, reçut de l'empereur Louis le Pieux
faudrait pouvoir le vérifier par ailleurs. Or, c'est ce qui n'a pas lieu. Le Catalogue épiscopal de Vienne n'indique nulle parenté de l'archevêque Bernoin avec les souverains du pays. Il n'en est pas fait mention davantage dans les actes du concile de Valence et dans les diplômes de Louis de Provence. Le fait est d'autant plus à noter que le prélat joua un rôle important lors de l'élection de Louis, et qu'il parait, ainsi que nous le dirons plus loin, avoir durant la jeunesse de ce prince, exercé une sorte de régence en même temps que la reine Ermengarde. D'autre part, nous suivons, assez régulièrement, dans cette famille de Boson, la transmission des noms et celui de Bernoin ne s'y rencontre à aucun degré. 11 y a peut-être eu, de la part de Hugues de Flavigny, confusion entre ce que les actes de Valence disent de Richard, oncle du jeune Louis, et ce qu'ils disent de Bernoin; la parenté ainsi indiquée entre Boson et Bernoin, si elle n'est pas a priori inadmissible, reste donc cependant fort incertaine.
1. Elle figure sous le nom d'Alda dans le fantaisiste roman de iîouis {La royale couronne (T Arles, p. 127), et c'est de là, sans doute, que ce renseignement a passé dans le dictionnaire du comte de Vii.le- NEUVK (Slatisii(/ue des Bouches-du-lihône, t. 11, p. 113), lequel ne cite point ses sources. M. Parisot (pp. cil., p. 88) suppose que cette femme se nommait l{icliilde. ce qui est une hypothèse assez séduisante, mais il ne faut pas oublier que ce nom peut avoir été transmis à la fille de Bivin par une ascendante d'un degré plus éloigné.
2. lliNCMAi! {Ann. Berlin., a. 869, p. 107) dit que Tlieutberge était la tante maternelle « matertera », de Boson.
3. Lettres de Benoit III et de Nicolas! (Jaffé, n"^ 26G9 et 2721).
4. Un comte et duc du pays de Metz, nommé Boson, est mcntit)nné au temps de Dagobcrt I, par la Vita S. Sercni {IJisl. de l'r.. t. V, p. 482). Ln autre Boson souscrit un diplôme de Charles Martel, maire du Palais, en faveur de l'église de Maestricht {llisl. de Fr., t. IV, ]). 6'.»9). Cn troisième porte en 770 le litre de comte, et donne à l'abbaye de Corze, dont Bivin sera plus tard abbé, la villa de Uuiiicy au territoire de Wavre (Cartul. de dorze, n" 19).
5. C'est l'avis de Due.mmi.em, Oslfr. Heich, t. II, p. 5; de M. Pakisot, op. cit., p. 83. — Papu.n. //isi. de Provence, t. II, p. 128, et Duciiesne, I/ist. de Bourf/0(/ne, t. 1, p. 128, avaient déjà reconnu le nom du père de 'riioutberge, et en font un comte boui'guignon, mais sans citer leurs autorités.
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des biens sis à TJiello dans le comté de Vercoil ', Il est, la mémo année, chargé d'une enquête relative à la restitution, à l'église deGradOjde biens dont le patriarche Fortunat avait indûment disposé en faveur de son neveu". En 827, il siège comme ?nissKs dans un plaid tenu à Turin, et juge un procès intéressant les moines de l'abbaye de la Novalaise'*. C'est lui aussi (jui paraît figurer, quinzième, dans une liste de personnages a3ant prêté, sans doute vers 828 pu 821), un serment de fidélité''. Il était certainement mort avant 855, date à laquelle Theutberge avait passé sous la tutelle de son frère Hubert". Il laissait très probablement, outre ces deux enfants et la femme de Bivin, un autre fils, nommé Boson comme son père, et dont les infortunes conjugales préoccupèrent pendant une dizaine d'années les papes et les conciles''.
Boson, fils de Bivin, se trouvait donc, du coté maternel, apparenté à une famille importante, et neveu par alliance du roi Lothaire II. On a parfois ' attribué à cette parenté une influence sui' les débuts de la carrière du futur roi de Provence, mais cette influence nous semble assez douteuse en raison de l'hostilité qui devait exister entre les parents de la reine Theutberge et leur souverain le roi Lothaire II. Nous n'avons pas à nous occuper ici des luttes de ce dernier contre son épouse légitime, mais il est nécessaire de dire quelques mots du duc Hubert, le plus connu des deux fils de Boson l'Ancien.
Celui-ci fut un assez singulier personnage, un de ces princes rebelles comme il y en eut quelques-uns an ix" siècle,
1. Diplôme de Louis le Pieux et Lothaire du 10 juillet S'iG (I^oeiimer- MuEHLB., n° 805. Cf. ibid., u" 802).