‹ Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933?)Chapitre 80 sur 482 · Ann. Berlin., a. 870, p · texte numérisé non relu

Ann. Berlin., a. 870, p

3. C'est l'article ;U ; Boretujs-Kkause, t. H, p. 361 ; BornoEOis, Le Capitulaire de Kiersi/, p. 89 sqq.

4. Il n'en existe que le titre : « De honoribus Bosonis, iîernardi et « Widonis et aliorum illarum partiuin. » Sur les titres de ce f^enre, cf. BoiJi'.oEois, L\(ss('mhlêe de Quierzy-.'iur-Oi&e. dans les Eluder d'/iist. du Muijen Arje dédiées à Gabriel Monod, p. 146.

5. Il faut en passant mettre en garde contre une erreur dans la- ([uelle est tombé Gingins La Sarra et qui l'a conduit souvent à ('"mettre des conjectures tout à fait inacceptables. 11 prétend donner comme possédées « en coinmende » ])ar Boson, toutes les abbayes dont les moines obtiennent par son entremise des préceptes de Charles le Chauve ou de Louis le Bègue. Telles .sont les abbayes de Tournus, de Saint-Germain d'Auxerre, de Saint-Bénigne de Dijon, de Saint-Martin d'Autun. Mais on ne saurait, pour prendre un exemple, s'apjjuyeiexclusivement sur le faitciue Boson ti'j^nre comme (iiiilxtxrialor dni)^ un diplôme accordé par Charles le Chauve en 877 à l'abbaye de Sainl-I'.énigiie de Dijon (J/isl. de Fr., t. Vlll, p. 647) pour conclure avec Gingins

Au momoni où Boson remplit le rôle d'intermédiaire entre sa sœur et Charles le Chauve, ce dernier lui donna, selon Hincniar, « l'abbaje de Saint-Maurice et d'autres honneurs' ». En ral)sence de toute autre indication il est bien certain qu'il s'agit là de la célèbre abbave d'Agaune-. xMais nous com})renons mal les conditions dans lesquelles fut faite cette donation. Pour que Charles le Chauve, en effet, pût disposer de cette abbave, il eût fallu qu'il la possédât ou du moins qu'il pût prétendre à quelques droits sur elle. Or, depuis 850 le pays dans lequel elle se trouvait située avait été cédé à l'empereur Louis 11, et l'expédition au cours de laquelle les troupes impériales mirent à mort Hubert de Transjurane avait précisément pour but de reprendre au turbulent abbé les territoires dont il se maintenait de force en possession au préjudice de l'empereur ^ Ni l'abbaye d'Agaune, ni le diocèse de Sion ne figurent parmi les terres ayant appartenu à Lothaire II que Charles le Chauve et Louis le Germanique se partagèrent en 870. La seule hypothèse qui semble vraisemblable c'est que Charles donna au frère de Richilde des droits à faire valoir sur des domaines qui, situés dans le royaume de Louis II, pouvaient cependant faire partie des })ropriétés de Lothaire, — peul-èlre même une simple autorisation de soutenir ses prétentions sur

(Bosouidrs. p. il) qu'il avait reçu du roi cette abbaye de même que quelques autres. La faveur dont le comte jouissait auprès de son beau-frère, les hautes fonctions qu'il occupait à la cour, et qui pouvaient même peutêtre faire de lui dans certains cas un intermédiaire obligé (Hincmak, De online palatii, c. xix, éd. Prou, p- 50). sont un motif sullisant pour que bien des abbayes aient eu recours à sa protection, lorsqu'il s'agissait de solliciter les faveurs royales. — Ces diplômes ont cependant un autre intérêt que celui de montrer l'importance du rôle de Boson: ils fournissent un indice, une présomption, que le personnage avait des intérêts et des relations dans tel ou tel comté, et le montrent en rapports avec un certain nombre d'abbés riches et par suite influents, comme ceux de .Moutier-la-Celle, de Saint-Germain d'Auxerre et surtout celui de Tournus, Geilon. (\m plus tard devait obtenir de Boson l'un de ses premiers diplômes royaux.

1. Ann. Berlin., a. 869, p.* 108 : « Qua de re cidem Bosoni abbatiam « Sancti Mauricii cum aliis honoribus dédit. «

2. C'est d'ailleurs ce qui a été admis sans contestation par tous les historiens qui ont eu à mentionner cette concession.

3. Lothaire II lui-même, en 866, dispose en faveur de Theutberge de biens sis dans le pr'i/ns de Grenoble, dont il n'était pas souverain (BŒii.MEn-.MuEiii.B., n" 1274, cf. siiprn, p. î^'i). 11 avait aussi disposé on sa faveur de domaines confisqués sur Ihibert (///., n" 128i), mais nous ignorons si f|uclf|ues-uns d'entre eux ou même tous se trouvaient situés dans les états de l'euqicreur Louis II.

quelques-uns des bénéfices enlevés à Hubert pour être donnés à Conrad. Mais il est impossible de savoir si Boson put jamais faire reconnaître son autorité à Saint-Maurice, ou même jouir de domaines ayant jadis appartenu d'une manière quelconque au monastère ou à ses recteurs. Aucun texte ne permet d'admettre la possession effective par lui de l'abbave d'Agaune. non plus que d'aucune autre région de la Transjurane. Au contraire, en 872, l'impératrice Engilberge, femme de Louis II, fixe à deux reprises à Charles le Chauve l'abbaj-e de Saint- Maurice comme lieu de rendez-vous'. Si l'on rapproche de ce fait un contrat de prestaire, intervenu entre Engilberge et le comte-abbé Rodolphe, à une époque malheureusement indéterminée, mais sans doute voisine de celle-ci", il paraîtra assez vraisemblable d'admettre que les véritables maîtres de l'abbaye étaient l'empereur et Rodolphe, non Charles le Chauve et Boson. La concession faite en 869 à ce dernier ne parait donc avoir été qu'une simple reconnaissance de ses droits ou plutôt de ses prétentions, sans que d'ailleurs il parvint jamais à faire valoir celles- ci \

Il est mieux établi que Boson dut avoir dans la Champagne des domaines, et jouer dans ce pays un certain nMc. On lui a attribué^ la donation de l'abbaye de Montiérender^ de terres sises en Pertois sur la Voire '^ dans le voisinage de

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