‹ Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933?)Chapitre 82 sur 482 · La \'oire, aill. de droite de iWube · texte numérisé non relu

La \'oire, aill. de droite de iWube

la ville actuelle de Saint-Dizier'. Mais un récent travail a montré que cette donation devait en réalité dater de l'épofiuc de Çharlemaj^'Hc et être le fait d'un lîuson plus ancien, mort comte palatin de Charles le Chauve avant le 24 janvier 858, date à laquelle ce prince confirma la donation précédente''. L'absence de documents ne permet pas desavoir avec certitude s'il existait entre ce Boson et le fils de Bivin un rapport de parenté, bien que la similitude de noms accompagnant la possession de bénéfices dans la même région constitue un argument en faveur de cette hypothèse \ On a d'ailleurs d'autres preuves des rapports existant entre le futur roi de Provence et les pagi du diocèse de Troyes. C'est ainsi que Boson était de bonne heure en relations avec Eudes, comte de Troyes, et remplit les fonctions d'exécuteur testamentaire de ce dernier ^ C'est à sa requête également que Charles le Chauve, le 29 mars 877, donnait au monastère de Moutierla-Celle au diocèse de Troyes la forêt dite Drosilonk'^ . Deux ans plus tard enfin, à la veille de se faire couronner roi, le comte de Vienne donnait au monastère de Montieramey la

1. Cartulairo île Montiérender, éd. Lai.ore, p. 135. L'acte est mentionné dans une charte du comte Herbert II {CavluL de MoiUiéreinler, ibid., etd'ARBOis, op. cit., p. 454).

2. A. DE Barthélémy, Note skv Irais pe?'so)inages du nom de Boson meiilioitni's en Chainparjne aux IX'', X^ siècles, dans Cinnjitrs rendus de IWciid. des inscr. et belles-lettres, 1896, p. 201 203.

3. Cartul. de Moniierdmeij, p. 132. n" .\, inexactement daté par La- LORE de 856. On ne peut essayer de combattre rargumentation de M. A. de Barthélémy en supposant dans la date de ce dernier acte une erreur de copie, X'VIII au lieu de X.XXVIll, par exemple, ce qui permettrait d'attribuer le précédent à Boson, comte de Vienne, car dans la confirmation de Charles le Chauve le donateur dit e.st « quondam », et Boson survécut à son beau-frère. — Les deux actes sont mentionnes par la C/ironi/juc d'Aii3R[ de Trgis-Fontaines, a. 873 (Mon. Gerni.. SS., t. XXlll, p. 71): « Boso cornes dédit ecclesie Dervensi Sanctuni « Desiderium, quod Karolus Calvus rex Krancorum conlirmavit. »

4. La i)arenté ne serait pas très rapprochée, en tout cas, car Boson est le nom de l'aïeul maternel du comte de \'ionne, et l'on peut diflicilement identifier ce personnage avec le comte palatin de (,'harles le Chauve. Mais ce dernier pouvait être cousin du père de la femme de Biviii.

5. E. Maihlle, Les pérégrinations du corps de saint Martin. ]). jiist. n" I, dans /y/6, /u-. Chartes, t. XXX. p. 425. Cf. infra. p. 63.

6. Cartid. de Moutier-la-Celle, éd. LAi.oitr, p. IM. Selon Maiui.i.on (Acta. Sanct. ord. S. Ben., saec. IV. p. 2'i'i), le catalogue des abbés de ce monastère publié par Cww^yw J*7-om/tli(arinm Trica-^sinuin, fol. 86 V", aurait mentionné en 851 comme abbé un Bo-fo, uuiis en réalité le texte porte Bodo.

villa (le Lanty en Lassois'. D'autre part nous savons encore qu'en 872, après la mort de Tévêque Erpuin de Senlis, Boson voulut intervenir d'une manière quelconque dans l'élection de son successeur Hadebert, et il fallut que l'archevêque de Reims intervint pour rappeler au comte que la désignation aux évêchés vacants ne rentrait pas dans ses attributions ". Il avait en outre des vassaux dans ces régions, car en 876, Jean VIIl'^ se plaignait des empiétements de l'un de ceux-ci, Arembert, qui usurpait au détriment du souverain Pontife la villa de Vendœuvre'*, possession du Saint-Siège depuis le temps de Louis le Pieux ^ Lui-même possédait, au diocèse de Reims, un bénéfice mentionné par Hincmar dans une lettre

1. DuGHESNE, Ilisl. de la maison de Veri/y, pr. , p. 12 ; A. Giry, Etudes Carolingicnucs, dans les Etudes... Monod, p. 129. — Un Boson ligure encore, ie 25 octobre 877, parmi les témoins d'une charte du comte Eudes II (n'AiîBOis, op. cit., p. 466), mais il est peu probable, en l'absence de tout titre, qu'il s'agisse du nôtre.

2. Yhonok\{\^,Hist. Rem. EcrI., I. III, c. 26; Mon. Genn.,SS.. t. XIII, p. 545 ; Beg. Schrœr.'<, n° 336 : « Bosoni illustri comiti de agenda electione « Silvanectensis episcopi, ostendens quod non sit sui ministerii specia- « lem quamcumque designarc personam. » Mais M. Schr(jI':rs {Ilinkumr, p. 580, n. 124) a contesté qu'il s'agît de Boson, fils de Bivin. La lettre, en effet, qui suit immédiatement dans l'œuvre de Flodoard, celle que nous venons de citer, est différente dans son adresse, qui est ainsi conçue : « Bosoni viro inclito « ; or, dans cette seconde lettre, il s'agit certainement du comte de Provence. M. Schrœrs croit pouvoir conclure de cette différence qu'il s'agit de deux personnages distincts, d'autant plus que les lettres adressées par Hincmar à un même correspondant se suivent en général, dans les analyses de Flodoard, en ordre clironologi(pie, on ne peut supposer la seconde antérieure à la première et à l'époque à latpielle Boson reçut le titre de comte. Mais l'omission du titre de comte ne prouve pas nécessairement que le personnage n'y eut pas droit. D'autre part, en même temps que la Provence, Bo>on avait reçu des titres pompeux, qui ont pu entraîner une modification dans le protocole des lettres adressées par l'archevêque de Reims à « l'archiministre du sacré palais ». Ce titre de « vir inclitus » était peutêtre môme quelque chose d'officiel, car Hincmar écrit à Ermcngarde « uxori Bosonis viri incliti » une lettre qui se rapporte à la même période (Floi)o.\ri), op. cit., 1. III, c. 27, p. 550). L'identité du Boson champenois et du Boson provençal est, en outre, confirmée par la lettre de Jean VIII que nous citons plus bas.

3. Jaffé, n" 3285, Mionk, t. CXXVI, col. 880-881 : « Xunc autem, « sicut audivimus, villam nostram Vendoaram al)squ(> nostra consensu « et voluntate occupatis et uni vestro vassallo nomine Aremberto, in « beneficium dedistis. » Jean VI II s'adresse aussi aux conites Hugues et Rodolphe jiour obtenir la restitution de Venda'uvre (Jaffé, n" 3284 ; MicNE, iliiil., col. 880.

'i. \'cnd(L'uvre-sur-Bars(', Aube, ari'. Bar sur-.\id)e, cb. 1. de canton 5. .\nn. Bn'tin.. a. 8G5. ]). 78.

POSSESSIONS liK IIOSON (51

au roi, oi qui faisait peut-être partie des /lo/iorrs cljiiné en 809 par Charles le Chauve au frère de sa concubine'.

A une date indéterminée il avait également reçu de son beau-frèrela iv7/rt de Molay en Tonnerrois-, enlevée à Conrad, comte d'Auxerre, lors de la disgrâce de celui-ci en 8(54- 865, et alors confisquée par Charles le Chauve ^ Mais il ne devait pas la conserver longtemps, car dès 878 ou 879* il avait fait don de ce domaine au monastère de Saint-Germain d'Auxerre, auquel il avait jadis appartenu'', peut-être en partie dans l'intention de se concilier l'alliance du puissant abhé laïque de Saint-Germain, Hugues l'Abbé, qui se trouvait à ce moment

1. Lettre d'IIincuiar à Charles le (,'liauve, Ilisi. de Fr.,\. ^'Il,p. 531 : « Sed et Hoso in nostradioecesi beneficium unurn habet. » Cf. i)".\nrînis DE JuBAiNViLLE, Op. Cit., p. 64, — Cette lettre, en raison des allusions qui y sont faites à Ilincmar de Laon, semble peu postérieure à 870, ce qui ne rend pas invraisemblable notre hypothèse sur l'époque à laquelle Boson aurait reçu ses biens.

Page 1