‹ Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933?)Chapitre 93 sur 482 · DUEMMLKR, Ostfr. RtHch., t. III. p · texte numérisé non relu

DUEMMLKR, Ostfr. RtHch., t. III. p

3. Un texte parfois cité à ce propos (cf. Duem.mler, ibid.. n. 1) ne parait pas de nature à jeter une grande lumière sur la question. C'est une lettre du pape .lean VIII, adressée au comte Boson et relative à un certain évoque Ogier [Audgarius] (.Iaité, n" 3002). Une autre lettre, en relation avec celle-ci, nous apprend que cet Ogier dépendait du métropolitain d'Embrun, Bertmond (Jai fk, n^ 3001). On pourrait donc croire que la lettre fut adressée à Boson lorsque celui-ci gouvernait la l'rovence, après la mort de Louis II, et, s"il est possible de dater la lettre, cbercber à en tirer des conséquences relativement à l'époque à laquelle Boson reçut la Provence. Mais Ewald {Ncuea Arrhiv., t. V, p. 319), en publiant la CoJJcrlio firilrmiiica, qui renferme ces deux textes (.loli-VIIl, n"'- .xxxix et xl, A'enex Arcli., t. V, p. 311) a remarqué que les lettres pontificales s'y suivaient, autant que nous pouvons en juger, en ordre à peu près chronologique. Or, le document que nous venons de citer en précède un autre, qui est certainement du mois de février 875 (/6. Joh. vni, n" XLV, .Iaffé, n» 3007). Il est donc lui-même antérieur à cette date et a forliori à celle à laquelle Boson ])ouvait exercer quelque autorité sur le diocèse d'I'^mbrun. 11 y a donc plus de vraiseml)lance à admettre que la lettre en question est adressée à un autre comte de même nom, sujet de Louis II, peut-être au mari d'Engeltrude, dont nous avons ))récisément encore une mention en 874 (cf. infra, .[ppriidice III. p. 307). (juant à révêtpie Ogier. nous n'avons pu, noi! plus (pi'Ewald, l'identifier, mais on sait combien les listes épiscopales sont incomi)lêtes pour ce pays et pour cette éi)0(iue.

'%. ("est riiypotliese de Doi'.N.NUiES, Deutxchc Slanlsr/'f/U. t. I, p. 13G. Mais il admettait aussi, en s'appuyant sur le texte de Réginon, que B(json avait été créé roi d'.\rles ])ar Cbarles le Cbauve, ce qui est inadmissibles, comme l'a déjà recomni Di;EMMi.i-n, Osl/'r. Reir/i., t. III, p. 78, n. I. De même (jue iiéginon a confondu les deux expéditions de Cbarles, de même il a confondu la couronne ducale aloi's reçue par Boson, avec

[S7fi| liosoN, un; iriTAi.ii-; ,;.,

mieux admettre que Boson rerut au début de roccupation par Charles des Etats de Louis II le gouvernement de la région qui joignait son comté de Vienne aux nouveaux territoires dont le roi projetait la conquête'.

Charles en effet dans le courant du mois de février 876 quittait Rome et revenait vers la Gaule. Mais, avant de franchir les Alpes, il lui fallait confier le gouvernement de sa nouvelle conquête à un homme capable do la lui conserver. Boson était tout désigné pour remplir ce rôle. Dans l'assemblée générale des Italiens soumis à Charles, tenue à Pavie durant ce même mois de février, il rerr.l, avec le cercle d'or qui était l'insigne de sa dignité nouvelle-, le titre de duc, oublié en Italie depuis le temps do la domination lombarde''. L'empereur lui concédait en outre le droit de choisir ceux qui devraient l'assister dans ces fonctions''. Et c'est en cette qualité de duc que Doson souscrit les actes de l'assemblée ^ A côté de

celle que ce dernier portn plus lard. De la chroiii(iue de Héginon, cette erreur a j)assé niédiatenient ou iumiédiatemeut dans un certain nombre de chroniqueurs du moyen âge. comme SRiEUEirr ue Ge.nuii.oux (Mon. Genn., SS.. t. VI, p. o42); IAnnai.iste Saxon (iOid., p. 58'i); Gri de Bazoches, AuBHi DE TitoisFoNTAiNES (Mou. Gcvm., SS., t. XXlll, p. 71). — Boson n'a jamais que le titre de duc dans tous les diplômes de Charles qui le mentionnent, jusques et y compris le dernier, du 12 août 877 {lliat. de Fr., t. \'lll, p. 672), et Uiinni.^es a dû forcer le sens d'un des passages de la Respimsio Bosoiiia, de 879, pour y ti-ouver un semblant d'argument en faveur de sa théorie. — L'évidence delà confusion commise par Réginon rend également inutile l'explication trop subtile de GiNoiNS (Bo.sonidcs. p. 4'i): « Boson domina comme un roi. ul rcQuli [il « oublie de dire à quel auteur il em])runte sa citation] des deux côtés des « Alpes )>, ou celle de Vaiun (/> rin/luence des (jucsduns de race .■iu»s les Karolintjiens, Paris, 1838, ]i. 13, n. 1) que Boson fut créé roi .sous condition d'hommage au nouvel empire de Charles. Quant à 'l'ERUEitAssE {llisl. de Boson. p. 56 sq(i.), son opinion est bien hésitante.

1. 11 est inexact, remarquons-le en passant, que la Provence ait été précédemment gouvernée par le marquis Adalbert, au nom de l'empereur Louis, ainsi que le prétend Ginoins {liosonidea. p. 43). Il s'agit uniquement, dans la lettre de.lean Vlll (.Iakfé, n" 32.ï'i) citée par l'historien suisse, de biens personnels possédés en Provence par le célèbre mar(|uis de 'i'oscane et sa femme Rotlinde.

2. Ann. Berlin., a. 876, p. 128 : « corona ducali ornato. » — Nous savons par la CJironique de Nfinles (éd. Meiu-ET, p. 36) analysant en ce passage une lettre du })ape Léon 1\'. (pTini « rirculi(m tntreuin » était l'insigne habituel des ducs dans l'Iùnpire franc.

3. 11 avait été, sous la domination fi-ampie, remplacé par celui de comte (DuEMMLEH, Ostfr. Reicli., t. 111. p. 14).

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