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LE TRAITÉ DE BALE A LA CONVENTION NATIONALE

(Ch. XIV, p. 499.)

Séance du 2i germinal.

Rewbell, au nom du Comité de Salut public : Représentants, du peuple vous êtes à la veille de recueillir les fruits de vos. principes; des puissances qui paraissaient avoir juré la perte d'une République gouvernée par des tyrans et tourmentée par des factieux, sont empressées de vous demander la paix depuis que vous avez prouvé à l'univers que la justice et l'humanité seront l3s seuls guides qui dirigeront tous vos pas pour opérer le bonheur du peuple. Votre Comité do Salut public a suivi vos intentions pour des paix partielles ; il offire à votre ratification celle qu'il vient de conclure avec le roi de Prusse. (Des applaudissements réitérés retentissent de toutes les parties de la salle.]

Nous n'avons pas oublié un instant que si les vœux du peuple français étaient pour la paix, ce ne pouvait être que pour une paix glorieuse qui ne pût ni compromettre la dignité ni blesser les intérêts de la République. Il fallait aussi lier par son propre intérêt, au maintien de la paix» un gouvernement qui reprenait des sentiments d'amitié qu'il n'aurait jamais dû rompre.

Toute autre paix n'aurait été ni solide ni durable ; ce n'aurait été qu'un simulacre de paix. Vous jugerez dans votre sagesse, à la lecture du traité, si votre Comité de Salut public a atteint le but.

Quoique vous ne vous soyez pas encore prononcés sur les limites du territoire de la République, votre comité a cru devoir traiter dans le sens qui lui a paru avoir obtenu jusqu'à présent Tassentiment de la Nation ; mais Tobjet principal auquel il s*est attaché a été de rétablir des relations commerciales qui nous deviennent si nécessaires et de les étendre en éloignant, autant qu'il a dépendu de lui, le théâtre de la guerre du nord de l'Allemagne.

La proposition en avait été faite par le roi de Prusse.

Il acquérait par là uoe grande considération parmi les Etats de l'Empire dont il devenait le bienfaiteur; et nous avons cru qu'il était bon qu'une puissance qui redevenait notre amie jouît dans l'Empire germanique d'une prépondérance qui peut devenir très-utile à la République. Nous nous y sommes prêtés d'autant plus volontiers que toutes les relations prouvent que la nation prussienne n'a laissé échapper aucune occasion dans tout le cours de cette guerre de nous donner des témoignages d'affection et d'estime qu'un intérêt mal entendu n'avait pu parvenir à altérer.

Il ne faut pas vous dissimuler que votre Comité de Salut public a essuyé tous les obslactes que l'éloignement des lieux de la conférence et les formes diplomatiques devaient naturellement faire naître ; mais secondé par le zèle infatigable de votre ambassadeur en Suisse, il les a tous vaincus, et il ne s'est servi d'autres armes que de cette franchise et de cette loyauté républicaine qui doit finir par porter la conviction dans tous les cœurs.

Celte paix, citoyens représentants, n'est pas la seule qui soit la matière des méditations de votre Comité de Salut public. Continuez de déployer toute l'énergie de la sagesse et vous parviendrez à déjouer les complots de tous les malveillants. Les émissaires de nos cruels ennemis ne sont que trop instruits des vœux de plusieurs autres gouvernements pour la paix, de là toutes ces agitations.

Peuple français, reste inaccessible à toutes les insinuations perfides des brigands qui brûlent de déchirer le sein de leur patrie; sois convaincu que c'est celui des peuples de la terre qui saura souffrir avec le plus de constance qui sortira victorieux de cette lutte terrible dans laquelle nous sommes engagés. Songe aux malheurs éternels que causerait un seul mouvement d'impatience; prends l'attitude fière et imposante qui convient à l'homme libre ; montre-toi calme et ferme ; compte sur le courage de tes représentants et tu assureras ton bonheur et celui de la postérité la plus reculée.

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