RESSOURCES ET PRODUCTIONS DU ROYAUME DE SIAM
AU POl.^T OK TUE DE l'eXPORTATION
Le royaume de Siam offre une remarquable variété de produits supérieurs en qualité. Il mérite donc que l'on consacre à chacun des articles de son commerce d'exportation une mention spéciale, dans l'intérêt même des négociants français.
Café. — Grain bien régulier et petit, belle qualité, arôme délicieux.
i. — Le coton forme, avec les diverses productions énumérées plus bas, une des bases du. commerce de celte contrée. Il se récolte en grande abondance, et les produits qu'il donne sont exploités sur une vaste échelle à Bangkok et dans Tintérieur du pays. 11 sert à fabriquer ces magnifiques tissus appelés langontis^ que l'on a pu admirer à TExposition universelle. 11 n'est pas encore connu en Europe, mais tout porte à croire que la récompense honorable qu'il a obtenue cette année, le fera sûrement apprécier par plusieurs de nos grands manufacturiers. A l'aide des métiers perfectionnés que Ton possède dans Touest de la France, on ne peut douter de la finesse et de la solidité des produits que donnera sa fabrication.
Cornes de buffle. — En grande abondance; du poids moyen de 5 kilogrammes ; de 5 à 8 ticaux le picul.
Cornes de eerf. — Abondantes et de poids très*difTérenls ; on peut les obtenir pour 5 à 7 ticaux le picul.
Cnrcnma. — Qualité aussi bonne que celle de Tlnde (Bengale), quoique d'exploitation nouvelle ; il peut être obtenu pour le prix de 4à 6 ticaux le picul.
Tabae. — Esl Irès- abondant, le sol se prête beaucoup à sa culture, et il a fixé à TExposilion universelle Pattcntion toule particulière du jury international qui a accordé à ce produit une médaille d or; il sera facile de tifer un parti avantageux de cette production du Siam.
Divers. — Rcsleut cncorc à mentionner tous les articles qui ne donnent lieu qu*à des transactions très-restreinles, mais dont le commerce est susceptible d'un accroissement considérable. De ce nombre sont :
Vétaiiij généralement combiné avec des substances hétérogènes ; VivoirCy Vécaille de tortue^ la cire de Cambodge^ le benjoin j le bois d'aigUy la soie végétale^ le coton et le chanvre.
Pour qui a vu ce beau pays et a parcouru ses vastes plaines, où la nature a prodigué ses faveurs, il n'y a pas à douter que les rapports maintenant établis entre le Siam et la France ne développent encore les richesses de celle partie de l'extrême Orient.
Constmctions mariumes. — L^art des constructions navales est certainement celui dans lequel excellent le plus les Siamois. Ce n'est pas sans étonnement que Ton voit dans le pays de beaux navires de 800 à 1,000 tonneaux entièrement construits par des ouvriers indigènes, sous la direction d'un charpentier de leur nation. Ces constructeurs copient avec une incroyable fidélité les formes du bà-
liment qu'on leur indique, et les navires qui sortent de leurs ateliers ne le cèdent guère à ceux fabriqués en Europe.
Kawigatfon et Yapciar. — Terminons, en disant que la navigation à vapeur a aussi fait de grands progrès à Siam . Il y a peu d'années, aucun navire de ce genre n'existait sur IcMé-Nam, et en ce moment on en voit un grand nombre, tous construits à Bangkok. Le Roi et les grands mandarins en possèdent chacun plusieurs pour leur usage particulier. Beaucoup d*autres sont sur les chantiers. Les machines venaient, il y a quelques années encore, des États-Unis ; mais le Roi a affranchi son royaume de ce monopole industriel et s'est alors adressé à la France; les meilleures machines dont se servent aujourd'hui les bâtiments à vapeur siamois, sortent des ateliers de M. Mazeline, l'éminent constructeur du Havre.
RicheMca miaéraies (picrrcs précicuscs, mines d'or, de cuivre).
Les rubis et les saphirs viennent de Chantaboun.
Les parties supérieures du Mé-Nam produisent beaucoup d'agates, de grenats, d'améthystes, d'opales, de cornalines, etc. Leur recherche n'est soumise à aucune restriction.
Le diamant n'a pas encore été trouvé à Siam. La grande quantité qu'en possèdent le Roi et les grands mandarins est apportée directement de Bornéo, de Java et surtout d'Europe.
Néanmoins, le Souverain Siamois qui fait grand cas des artistes lapidaires d'Europe et surtout de France, a voulu avoir à Paris son bijoutier ordinaire^ il a en conséquence choisi M. Joseph Halphen, que lui signalaient non-seulement sa réputation, mais encore tes œuvres d*arts envoyées par lui à la cour de Siam, pour le nommer son bijoutier Royal, et il lui a conféré, le 14 mars 1864, le titre de Khoon Ratnanuchitre.
11 y a des mines d*or dans différents districts ; celles de Battambong, près du grand lac de Cambodge, ont attiré Fattention depuis quelques années.
Les mines de Bang-Taphan, au pied des montagnes appelées les
Trois-Cenls-Pics, sont aussi Ibrl renommées , lor s'y trouve par petites pépites ayant à peu prés la forme de menu gravier.
Le fer existe dans plusieurs provinces de Siam, et les Chinois surtout l'exploitent avantageusement ; aussi a-l-on formé des usines considérables qui ont à leur télé de riches propriétaires.
Le cuivre est très-abondant, et certains minerais ont offert 30 p. 100 de métal pur; beaucoup d'échantillons sont argentifères; mais les mines ne sonl pas encore exploitées.
Les districts de Suphan et de PakPhrek produisent beaucoup de plomb, et les montagnes de Rapri abondent en antimoine.
La quantité d'espèces métalliques qui existe dans le pays doit
être prodigieuse; les temples et les palais du Roi renferment des trésors inestimables.
Les ouvriers qui travaillent l'or sont nombreux ; le Roi et les grands en entretiennent toujours quelques-uns attachés à leur service. Dans quelques occasions, six cents sont employés au palais.
Le genre de travail particulier à Siam consiste en coupes et en boites d'argent incrustées d'or ; ces ouvrages sont très-délicats.
Presque tous les ustensiles de ménage sont en cuivre, que les Siamois savent bien travailler. Les riches se servent de ces mêmes ustensiles maisémaillés, genre d'industrie dans lequel les indigènes excellent; les produits les plus remarquables sont certainement ces belles écharpes en soie, délicatement brodées d'or, que portent les grands, et qui coûtent jusqu'à 500 francs la pièce.
On fait aussi beaucoup de poteries communes.