‹ Le royaume de Siam (volume 3)Chapitre 12 sur 26 · TOTAL · texte numérisé non relu

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On remarquera que le pavillon français n'a couvert en 1864 que 6 navires jaugeant 5,064 tonneaux venant de Singapore, Hong-kong, Bordeaux, Amoy et Saigon, mais depuis trois ans les rapports commerciaux de la France avec le royaume de Siam ont pris un rapide essor, et nos possessions françaises en Gochinchine sont appelées à développer encore le mouvement de noire navigation dans ces parages ; depuis longtemps déjà des relations de cabotage sont établies entre Bangkok et Saigon.

Nous allons donner ici la nomenclature des. produits naturels les plus importants du royaume de Siam, et qui servent de base à ralimentalion de ses rapports commerciaux avec l'Europe et la France.

Bols. — Le magnifique bois de teck et d'autres essences, propres aux constructions navales, existent en quantités immenses dans les forêts deSiam.

Ces bois sont d'un prix si peu élevé, qu'ils peuvent supporter des frais considérables de transport.

L'exploitation des bois de teck de Siam et du Laos formaient une sorte de monopole au profit du prince décédé Kromalouang, frère du Roi, président des cinq négociateurs du traité de 1856 avec la France. Sur la demande que lui en fit M. C. de Montigny, négociateur du traité, ce prince s'empressa de promettre aide et protection aux ingénieurs et agents du gouvernement français, chargés par le gouvernement de l'Empereur de faire abattre, débiter et transporter ces bois.

Mentionnons encore un bois rouge d'une telle dureté, qu'on peut l'employer au lieu et place du fer ou du cuivre, pour cheviller les doublages des navires; ce bois est fort en usage à Siam.

Il existe encore à Siam une foule d'autres bois durs, propres à la fabrication des poulies, etc., ainsi qu'aux travaux d'ébénisteric.

Cafés.— La culture du café tend chaque jour à augmenter d'importance; et les échantillons de cette fève, envoyés à TExposilion universelle, y ont été très-appréciés.

1. — Les cornes de buffle et de cerf sont et ont toujours été très-recherchôes. C'est un article d'importation qui intéresse vivement la France.

^ — Les peaux de buffles, d'éléphants, de pangolins, de raies, de rhinocéros, de vaches, etc., etc., sont abondantes.

>. — On trouve à Siam le cardamome, la noix vomique, la noix d'areck, le curcuma, le chanvre, les haricots blancs et jaunes, le sel, le suif de buffle, la cire, etc.

Presque tous ces produits arrivent au marché de Bangkok pendant les premiers mois de l'année. C'est donc depuis février jusqu^en juillet la saison active ; c'est à ce moment qu'il y a le plus de concurrence parmi les acheteurs, à cause de la présence des commerçants, que les navires et les jonques amènent régulièrement chaque année. Néanmoins, quoique en quantité moindre, on trouve encore pendant les autres mois de l'année toute espèce de produits.

Indépendamment des productions que nous venons d'^numérer, le royaume de Siam abonde en fruits, qui sont infiniment supérieurs à ceux du Bengale, de Bombay, de la péninsule Malaise, et même de Ccylan, de Java et d'autres contrées tropicales de l'Inde. Bangkok, capitale du Siam, est, à proprement parler, situé au milieu d'une vaste forêt d'arbres fruitiers ; aussi avec le riz, les fruits forment-ils la principale nourriture des Siamois. Les plus exquis sont l'ananas, la mangue, le mangoustan, le durion, l'orange et le letchi.

Étala. — Le minerai d'étain a été exploité parles Siamois depuis les temps les plus reculés, et fournit un étain pur. Les giles les plus riches sont au sud de la province de Merguy. Tout l'élain qui vient à Bangkok représente les tributs que certains vassaux du roi de Siam sont obligés de payer chaque année. Cet étain est de bonne qualité.

\. — Siam est très-riche en gommes ; on trouve, en première ligne, le benjoin qu'on apporte de l'intérieur mêlé aux écorces de l'arbre sur lequel on le recueille. Il faut ensuite le nettoyer ot le trier. Cette opération nécessite de grands frais, et il n'y a guère

que les gens riches, ayant beaucoup d^esclaves, qui puissent accomplir ce travail sans augmenter le prix de la marchandise.

iToir«. — L'ivoire de Siam est très-recherché pour sa qualité et sa solidité. Il est supérieur à celui de l'Inde.

«oBdoie-giitte. — Supérieure; s'obtient au prix de 30 à 40 tieaux le picul.

fionime laque ea bAtou. — D*un rougo foncé, qualité couraute et en grande abondance ; 4 à 9 ticaux le picul.

ladifl^o. — Pousse vigoureuse.

Ptoanx de baffle. — Grandes quantités. De 4 à 6 ticaux le picul.

Peaax de eerf. — Très-facilc à trouver ; de 3 à 5 ticaux le picul.

• Poivre. — Un des plus beaux qui soient connus, d'un grain bien nourri, régulier, et d'un arôme parfait : on le cultive particulièrement dans la riche province de Chant aboun.

;. — La récolte du riz se fait en décembre; elle esttrès-abondanle jusqu'en mars. On peut, en tout temps, faire des cargaisons de ce grain, qui se divise en trois qualités : ri% paille j riz blanc, riz cargo.

Le riz paillej entièrement recouvert de son enveloppe, s'achète ordinairement sur pied ou à livrer ; il s'exporte peu et promet de beaux bénéfices à ceux qui les premiers ont introduit des machines à décortiquer.

Le nz blanCj totalement dépouillé de son enveloppe, d*un grain sec, moyen, et d'un goût agréable, est très-estimé en Chine, dans la Malaisie, ainsi que dans les vastes archipels des Soloo et desMoluques.

Pendant la disette de Chine, la grande exportation de cet article en

a élevé le prix de 20 à 50 ticaux le coyan de 20 piculs' ; mais ce prix fléchit, pour les années ordinaires, entre 25 et 40 ticaux.

Riz cargo. Celui-ci, composé d^un mélange de riz paille et de riz blanc, est apprécié selon le degré de ce mélange.

I. — Qualité aussi bonne que celle de Tlnde ; récolte en novembre. L'exportation ayant ouvert un débouché à cette graine » qui antérieurement ne servait qu'à la consommation locale, explique l'élévation des prix de 30 à 70 ticaux le coyan de 18 piculs; mais on est généralement d'avis que les bénéfices réalisés par les in* digènes sur le sésame, joints à une culture facile, encourageraient les Siamois, et que la production, qui a été jusqu'ici de 900 à 1 ,000 coyans, en serait bientôt notablement augmentée.

), — La fabrication de cette denrée, qui a lieu de fin décembre à juillet, varie entre 80,000 et 1 00,000 piculs. Susceptible d'accroissement et de perfectionnement, dans l'état actuel elle produit trois qualités distinctes : le $ucre blanCy le sucre gris et le sucre rouge.

Sucre blanc. Qualité supérieure ; se cote de 2 à 3 ticaux plus cher que le gris.

Sucre gris. Celui-ci, très-sec et formé de petits cristaux, peut se comparer pour les nuances aux n*" de 12 à 15 et 16 de Java. Il vaut de 5 à 6 ticaux le picul. Cette qualité, qui serait appréciée sur nos marchés, où elle serait souvent assimilée au sucre blanc, fournit à elle seule de 40,000 à 60,000 piculs.

Sucre rouge^ presque aussi abondant que le gris, s'obtient avec une différence de 50 p. 100. Il est spécialement destiné h Timporlation en Chine. Il pourrait aussi servir à alimenter nos usines.

La mélasse s'emploie pour les constructions, en la mêlant avec la chaux, à laquelle elle donne beaucoup* de consistance.

* le coyan ou cbar de rii eontient 20 piculs, et le picul équivaut à ttt kilos i/2.

TciBtMv. — Les bois de leiniure sont nombreux i Sain : nous citerons en première ligne le bois de sapan, dont les montagnes de rintérieur sont généralement couTertes. Ce bois, foncé en couleur, est précieux pour Texportation, il assure toiqours un fret aux armateurs qui s'en servent pour garantir leurs autres marchandises. Le bois de sapan peut valoir de 1 à 3 Ucaux le picul.

Résumons ici la nomenclature des produits principaux de Siam, formant la base de sa prospérité et de son bien-être :

Le riz doit occuper le premier rang, car il est la nourriture principale des indigènes ;

Le sucre, dont la production s'accroit de jour en jour ;

Le bois de teck, dont Texportation tend à augmenter sans cesse;

Les bois d^aigle, la gutta-percha, le cardamome, la gomme, les bambous et le curcuma sont les principaux produits végétaux de Siam ;

Le coton et le tabac sont d'une excellente qualité*

K. — Si des produits végétaux on passe aux minéraux, on reconnaît qu^à Siam les pierres précieuses abondent dans certaines localités.

\ — Le poivre noir est cultivé à Siam dans les mêmes conditions que celui de la côte de Malabar et de la cèle occidentale du golfe de Siam. Sa culture est exclusivement entre les mains des Chinois. Celte épice se récolte à la fin de février et arrive ordinairement en mars et avril. La plus grande récolte se fait généralement àChantaboun,où Ton estime la production annuelle à 30,000 piculs. A celte époque de l'année, les jonques chinoises achèvent leurs car* gaisons pour partir fin avril ou vers le milieu de mai. En juillet, il y a encore une seconde récolte, mais elle ne dépasse pas 2,500 à 3,000 piculs. La qualité esl, du reste, supérieure. Dans un même

lot, on trou ve quelquefois des poivres légers, demi-lourds et lourds ; mais les Siamois ne font aucune différence et môlent toutes les qualités.

i. — La principale ressource, pour le commerce de Siam, est le riz; sa qualité est (rés-appréciée en Chine, où on le paye volontiers 10 à 15 piastres, par coj/an, plus cher que le riz d'Akyab.

). — Après le riz, vient le sucre.

Le sucre est toujours en ballots d'un poids uniforme de 1 picul par ballot. La récolte se fait en février et arrive à Bangkok par bateaux de 200 à 400 piculs jusque vers la fin de juin. Plusieurs cargaisons de sucre de Siam ont été expédiées en France.

La canne à sucre est connue à Siam depuis un temps immémorial; mais sa culture pour la fabrication n'y a été introduite qu'au commencement de notre siècle par les colons chinois. Les plantations les plus considérables sont situées sur le Mé-Nam ; on emploie des Siamois pour la culture, mais les Chinois seuls s'occupent de la fabrication.

I. — Le bois de sapan produit une couleur d'un jaune rouge dont on fait grand cas en Chine et au Japon. Ce bois, dont l'emploi en Europe et dans Tlnde anglaise est d'une date récente, fait la principale richesse des forêts de Siam. Leur exploitation coûte peu et alimente une exportation considérable. Les plus grandes forêts de sapan sont situées sur la côte occidentale du golfe de Siam. Tous les navires emportent une certaine quantité de ce bois, avec lequel ils font un excellent fardage. Le sapan de Siam est de très-bonne qualité, et l'on peut s'en procurer de grandes quantités dans toutes les saisons. Les bateaux contiennent ordinairement des morceaux assortis par leurs dimensions. Siam expédie une quantité prodigieuse de sapan en Europe, à Singapore et en Chine.

i. — On cultive, dans le haut de la rivière, le sésame noir, qui est aussi estimé que celui de Bombay; mais la production est encore limitée. Il est probable que la culture de cette graine, qui produit facilement deux récoltes par an et n'exige aucun soin ni aucun frais, va s'étendre rapidement.

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