‹ Le royaume de Siam (volume 3)Chapitre 13 sur 26 · AU POINT DB TDB DE L'EXPORTATION · texte numérisé non relu

AU POINT DB TDB DE L'EXPORTATION

Le royaume de Siam offre une remarquable variété de produits supérieurs en qualité. Il mérite donc que Ton consacre à chacun des articles de son commerce d'exportation une mention spéciale, dans Tintérêt même des négociants français,

Café. — Grain bien régulier et petit, belle qualité, arôme délicieux.

I. — Le coton forme, avec les diverses productions énumérées plus bas, une des bases du commerce de cette contrée. Il se récolte en grande abondance, et les produits qu'il donne sont exploités sur une vaste échelle à Bangkok et dans Fintérieur du pays. 11 serf à fabriquer ces magnifiques tissus appelés langotUis, que Ton a pu admirer à TExposition universelle. Il n'est pas encore connu en Europe, mais tout porte à croire que la récompense honorable qu'il a obtenue cette année, le fera sûrement apprécier par plusieurs de nos grands manufacturiers. A l'aide dos métiers perfectionnés que Ton possède dans Touest de la France, on ne peut douter de la finesse et de la solidité des produits que donnera sa fabrication.

4e hmimm. — En grande abondance; du poids moyen de 5 kilogrammes ; de 5 à 8 ticaux le picul.

Cftemtm ée eerf. — Abondantes et de poids très-difTérents ; on peut les obtenir pour 5 à 7 ticaux le picul.

cwcmui. — Qualité aussi bonne que celle de IMnde (Bengale), quoique d'exploitation nouvelle ; il peut être obtenu pour le prix de 4à 6 ticaux le picul.

Tabac. — Ëst très- abondant, le sol se prête beaucoup a sa culture, et il a fixé à TExposition universelle l'attention toule particu- ' lière du jury international qui a accordé à ce produit une médaille d'or; il sera facile de tirer un parti avantageux de cette production du Siam.

Divers. — Restent encore à mentionner tous les articles qui ne donnent lieu qu'a des transactions très-resireintes, mais dont le commerce est susceptible d'un accroissement considérable. De ce nombre sont :

Vétaitij généralement combiné avec des substances hétérogènes ; Viooive, Vécaille de tortue, la cire de Cambodge^ le betijoiny le bois d'aigle, la soie végétale^ le coton et l6 chanvre.

Pour qui a vu ce beau pays et a parcouru ses vastes plaines, où la nature a prodigué ses faveurs, il n'y a pas à douter que les rapports maintenant établis entre le Siam et la France ne développent encore les richesses de cette partie de l'extrême Orient.

i. — L*art des constructions navales est certainement celui dans lequel excellent le plus les Siamois. Ce n'est pas sans étonnement que Ton voit dans le pays de beaux navires de 8UU à 1,000 tonneaux entièrement construits par des ouvriers indigèneSf sous la direction d'un charpentier de leur nation. Ces constructeurs copient avec une incroyable iidélité les formes du bâ-

timent qu'on leur indique, et les navires qui sortent de leurs ateliers ne le cèdent guère à ceux fabriqués en Europe.

Navigatâon A vapeur. — Terminons, en disant que la navigation à vapeur a aussi fait de grands progrès à Siam. Il y a peu d'années, aucun navire de ce genre n'existait sur leMé-Nam, et en ce moment on en voit un grand nombre, tous construits à Bangkok. Le Roi et les grands mandarins en possèdent chacun plusieurs pour leur usage particulier. Beaucoup d'autres sont sur les chantiers. Les machines venaient, il y a quelques années encore, des Etats-Unis ; mais le Roi a affranchi son royaume de ce monopole industriel et s'est alors adressé à la France; les meilleures machines dont se servent aujourd'hui les bâtiments à vapeur siamois, sortent des ateliers de M. Mazeline, l'éminent constructeur du Havre.

RieheMM minérales (picrres précieuscs, mines d'or, de cuivre).

Les rubis et les saphirs viennent de Chantaboun.

Les parties supérieures du Mé-Nam produisent beaucoup d'agates, de grenats, d'améthystes, d'opales, de cornalines, etc. Leur recherche n'est soumise à aucune restriction.

Le diamant n'a pas encore été trouvé à Siam. La grande quantité qu'en possèdent le Roi et les grands mandarins est apporlée directement de Bornéo, de Java et surtout d'Europe.

Néanmoins, le Souverain Siamois qui fait grand cas des artistes lapidaires d'Europe et surtout de France, a voulu avoir à Paris son bijoutier ordinaire^ il a en conséquence choisi M. Joseph Halphen, que lui signalaient non-seulement sa réputation, mais encore les œuvres d'arts envoyées par lui à la cour de Siam, pour le nommer son bijoutier Royal, et il lui a conféré, le 14 mars 1864, le titre de Khoon Ratnanuchitre.

11 y a des mines d'or dans différents districts ; celles de Battani'^ bong, près du grand lac de Cambodge, ont attiré l'attention depuis quelques années.

Les mines de Bang^Taphan^ au pied des montagnes appelées les

Trois-Cents-Pics, sont aussi fort renommées , Ter s'y trouve par petites pépites ayant à peu prés la forme de menu gravier.

Le fer existe dans plusieurs provinces de Siam, et les Cliinois surtout l'exploitent avantageusement ; aussi a-t-on formé des usines considérables qui ont à leur tête de riches propriétaires.

Le cuivre est trés-abondant, et certains minerais ont offert 50 p. 100 de métal pur; beaucoup d'échantillons sont argentifères; mais les mines ne sont pas encore exploitées.

Les districts de Suphan et de PakPhrek produisent beaucoup de plomb, et les montagnes de Rapri abondent en antimoine.

La quantité d'espèces métalliques qui existe dans le pays doit

être prodigieuse ; les temples et les palais du Roi renferment des trésors inestimables.

Les ouvriers qui travaillent l'or sont nombreux ; le Roi et les grands en entretiennent toujours quelques-uns attachés à leur service. Dans quelques occasions, six cents sont employés au palais.

Le genre de travail particulier à Sium consiste en coupes et en boites d'argent incrustées d or ; ces ouvrages sont très-délicats.

Presque tous les ustensiles de ménage sont en cuivre, que les Siamois savent bien travailler. Les riches se servent de ces mêmes ustensiles mais émaillés, genre d'industrie dans lequel les indigènes excellent ; les produits les plus remarquables sont certainement ces belles écharpes en soie, délicatement brodées d'or, que portent les grands, et qui coûtent jusqu'à 500 francs la pièce.

On fait aussi beaucoup de poteries communes.

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