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Le royaume des DeuxSiciles mémoire

Dans la mémorable séance du congrès de Paris du 8 avril 1856, les plénipotentiaires français et piémontais présentèrent un véritable acte d’accusation contre la plupart des princes italiens. Le congrès ne parut même pas s’apercevoir de son incompétence, quand on lui demanda d’enregistrer dans ses protocoles un blâme contre des gouvernements qui n’y étaient point représentés, et qui ne pouvaient répondre.

Huit ans plus tard, le 8 avril 1864, le Sénat français repoussait, sans discussion, et par la question |>réalable, une pétition ayant pour but de solliciter l’empereur Napoléon de faire cesser les excès commis par le Piémont dans le royaume des Deux-Siciles.

Le rapprochement de ces tleux dates et de ces deux

faits serait de nature à décourager profondément ceux qui

ont foi dans la justice humaine, llcui-eusenient , les souverains, les hommes d’État et les peuples n’ont pas encore abdiqué définitivement leurs droits et leurs devoirs. € L’œuvre de l’inic[uité n’a jamais duré longtemps, et les usurpations ne sont pas éternelles, » disait le roi des Deux-Siciles du haut des rochers de Gaéte, sur lesquels il défendait non pas seulement son trône et l’indépendance de son peuple, mais aussi * la cause de tous les souve*rains et de tous les États indépendants. >

f]t dépendant voilà sept années que durent les usurpations et les iniquités. Sept années sont longues pour ceux qui souffrent, mais sept années ne sont rien dans l’histoire d’une nation. Il fallait du temps pour que l’épreuve fût complète, et pour que la vérité se fit jour. Mais le moment des solutions appixiche; l’Europe ne saurait, sans se faire compilée, souffrir que le désordre actuel de la Péninsule se perpétue; chaque souverain, chaque gouvernement a une part profiortionnelle de responsabilité dans les événements d’Italie, et cette responsabilité ne sera dégagée, devant Dieu et devant les hommes, que si on met fin à l’oppression, <|ue si on tend une main secourable à l’opprimé. Le grand cou]>able, qui a fait l’Italie telle que nous la voyons, c’est la révolution, et la révolution menace d’emporter ce qui reste en Europe de droits respectables et de libertés nationales.

Diqiti. ' '

L’histoire des excès commis par le Piémont dans la Péninsule; et surtout dans le royaume de Naples, a été écrite en détails, par fragments, jour par jour; mais on oublie vite. C’est pounjuoi nous avons groupé, dans ce recueil, les principaux faits et les documents les plus saisissants. Ces documents forment le dossier de la révolution italienne , dont nous demandons le jugement et la condamnation au tribunal suprême des Ëtats civilisés. Pour faciliter la comparaison entre le présent et le passé, nous avons cru devoir esquisser à grands traits la situation du pays, avant la perte de son indépendance et de sa dynastie nationale. Nous ne nous livi’ons ici ni à la fantaisie, ni à la déclamation ; nous mettons , aussi froidement que peut le faire un honnête homme , les pièces de conviction sous les yeux des juges; et les témoignages ([ue nous produisons sont d’autant plus décisifs, qu’ils sont empruntés pour la plupart aux fauteurs, aux artisans et au.x avocats de la l'évolution.

s septembre 1866, fêle nalioDalc et anniversaire de la fondation de l'indépendance des Deux-Siciies par Charles 111.

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