‹ Le royaume des DeuxSiciles mémoireChapitre 15 sur 23 · X.XXIX · texte numérisé non relu

X.XXIX

Lettre de Poério, détenu à Monte-Sarchio.

(Extrait.)

« Très-chère tante,

« J'ai reçu votre lettre do 1” de ce mois, qui m'a été on ne peut plus agréable. Je suis bien aise d’apprendre que votre précieuse santé va toujours i!e mieux en mieux, et je puis vous assurer qu’ié en est de même de moi. Aujourd'hui, nous avons eu une magnifique journée de printemps, et j’ai eu la consolation de me promener <i volonté. Je pense avec plaisir que mon excellent C. sera de retour à Catanzaro dans le courant du mois ; en attendant, je vous prie de le saluer et de lui souhaiter cordialement, en mon nom, une heureuse fête de Pâques. Je vous ai écrit par la poste de m’envoyer par le courrier de Pâques, des fruits, des PETITS POIS, des artichauts et du beurre, comme de coutume.

« Je suis bien fâché de savoir que ma bonne C. a une de scs nièces malade, etc. »

n Votre affectionné neveu,

Carlo Poério.

Monte-Sarchio, 8 avril tS.S*.

lettre d'un détenu de ta prison de San Francesco, à Naples. a Monsieur le directeur,

« Je vous écris arec mon sang, n’ayant pas d’autre moyen pour le

faire, et je tous prie d’élever la voix de votre autorité pour mettre on terme aux iniquités dont nous autres, pauvres détenus, sommes l'objet.

« Je ne m’étends pas davantage, parce que le doigt qite j'ai percé pour en tirer du sang me fait mal. »

De la prison de San Francesco, 1S février I86i.

Vers la Gn de l’année 1862, le Diritto publiait une lettre de M. B. Castiglia, conseiller à la Cour de cassation de l’alerme, au commandeur Vigliani, procureur général près la Cour de cassation de Turin, au sujet de l’abolition de la peine de mort, que l’on discutait en Italie. Cette lettre contient les lignes suivantes, expression d’un fait historique :

a Un ministre de Ferdinand II, on ministre comme il faudrait en souhaiter plusieurs i l’Italie, M. Mcolas Parisio, ordonna, dès l’année 1851, avec le consentement du roi, que les condamnations .l mort ne s’exécutassent plus, sans en faire préalablement rapport an roi, qui, depuis ce jour, LES A TOl’JODBS COMMUÉES. Cela a fait que la peine de mort, excepté deux ou trois cas réclamés par la fureur populaire, n’a existé que dans le Code, et de fait elle a etc abolie ; ce qui n’a pas contribué è augmenter le nombre des crimes ; an contraire, ils n'ont jamais été moins nombreux que de 1831 à 18G7.... »

B. Castiglia.

XUI

Un ministre italien au prince Lequile,’ surintendant de la maison royale à Maptes.

(Extrait).

'< Le voyage de Sa Majesté II Naples est cette fuis de la plus grande importance. C’est de l’enthousiasme qu’il nous faut a tout PRtx. Nous ne doutons pas le moins du monde de l'amour des Napolitains pour notre glorieux monarque ; mais malheurcusemeut on a souvent accusé

d'indifféreoce vos compatriotes. L'iadifrérence dans cette circonstance serait nn grand danger pour nous.

■ Personne mieux que vous, mon prince, ne peut être employé dans celle occasion, pour nous venir en aide. Le questeur de Naples, qui se mettra en rapport avec vous, a déjà reçu des avances pour la somme de CINQ CENT MILLE FRANCS dont VOUS disposerez en toute liberté. Il nous faut de l'enthousiasme, et nous l’aurons, je l'espère, grâce à vous, etc. » Turin, avril 1862.

Le Progrès de Lyon, journal ilalianissime, publiait, le 1" août 1861, les lettres suivantes trouvées i Naples dans le portefeuille d’un haut fonctionnaire piémontais qui venait de donner sa démission :

Lettres adressées par 31. B. 31. au chef du dicastère de...

« Cher Monsieur,

21 juin.

« Je croyais, selon vos promesses, que, après avoir reçu les 2U ducats que vous me demandiez, mon Gis aurait été délivré de la prison, itlais, puisque déjà cinquante jours se sont écoulés et que je mu vois forcé de revenir à la charge, je vous prie instamment d'obtenir qu’on lui fasse un procès, attendu, que, fort de son innocence, j'espère bientôt le revoir chez moi. Oites-moi clairement si vous êtes dans rintemion de m’obhger, et dans ce cas, lors même qu'il y aurait encore à faire d'autres sacrifices, je les ferais, pourvu que je sois assuré.

« Veuillez, en attendant, agréer ces deux paires d'éperons. •

Autre lettre adressée au chef du dicastère de...

• Merci du bien que vous avez fait à ma maison; j'espère vous en récompenser par l'intermédiaire de mon Gis, qui est sorti de prison ce malin. Je vous remets les 30 ducats qui, joints au 20 que vous avez

reçus, forment les 50 que vous exigiez. Veuez un jour quelconque avec la famille dans notre maison fermière. >

Votre serrante,

Billet adresse au même.

• Ponr la soirée du 30 jnin, au café de Angelis où reste la susdite. — Ne pas manquer, parce que c’est une affaire lucrative. »

XLvr

En avril 1861, iti, Natoli, ministre des travaux publics, prononça devant le Parlement on discours, dont voici un fragment :

« Parmi les travaux qui ont été entrepris, il y a fe chemin de fer qui doit faire communiquer la mer Méditerranée et la mer Ionienne, à travers l’Apennin et les Calabres. Jusqu’à présent, il a été dépensé pour cette œuvre la somme de 1,700,000 livres; en 1861, elle absorbera 600,000 livres et pour l’achever, il faudra encore 5,500,000 livres; en tout, elle coûtera 7,800,000 livres. Depuis plusieurs mois, cinq mille ouvriers environ travaillent sur cette ligne. »

Quelques jours après, le journal napolitain la Settimana publiait la lettre suivante, qui n’a reçu aucun démenti :

< Dans le n° 37 de votre estimable journal, vous faites an ministre des travaux publics beaucoup de questions au sujet d'un cAemin de fer entre la .Méditcrrannéc et la mer Ionienne, ponr lequel le ministre parlait à la Chambre de millions dépensés, de millions à dépenser et de quelques milliers d’ouvriers qui y travaillent depuis plusieurs mois... Ponr lever tous vos doutes, quelques paroles suffisent. Le chemin en constructiou entre la Méditerranée et la mer Ionienne, c’est-à-dire de Sapri à Tarente, n’est pas un chemin de fer, mais une simple route carrossable, à laquelle on travaille depuis plusieurs années, pour le compte de l’Etat, par le système des fermes. Vous trouverez étonnante cette explication, mais elle est exacte, comme vous pouvez facilement vous en assurer; vous reconnaîtrez ainsi à quelles sources autheniiqms

le ministère a puisé ses informations concernant l’état des Toies de commnnication dans l’ancien royaume des Ueux-Skilcs. n Agréez, etc.

Naples, 22 avril.

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