COMBUSTIBLES
Anthracite^ houille. — A IIo-Boung, non loin de la frontière méridionale de la Chine, point où nous avons signalé des exploitations de sel gemme, les eaux mères sont concentrées dans des bassins sur des foyers chauffes à Tanthracite. Le Yun-nan, si riche enminerais de toutessortes, renferme aussi d'importantes mines de houille.
Le Se-Tchouen est un vaste bassin houiller qui s'étend sur les bords du Yang-tsé-Kiang.
Peut-être des recherches feraient- elles trouver de la houille exploitable dans le Laos, où des affleurements ont été déjà signalés.
Lignites. — Beaucoup de gîtes de combustibles minéraux sont de véritables lignites, par exemple celui de Tîle Phu-Quoc.
Tourbe. — D'après Mgr Pallegoix, il y a des tourbières dans le bassin inférieur du Mënam et M. Joubert en signale dans les vallées basses duSé-Tchouen, en Chine.
Ambre. — Résine fossile très répandue en Indo-Chine et venant probablement de la Chine. C'est une résine végétale provenant des arbres qui ont formé les lignites ; elle se trouve conséquemment dans les mêmes gisements que ces combustibles. On eu rencontre dans le Kuag-tong et dans le Sé-Tchouen, eu Chine*
L'eau (lu Mécong, u Phnom-Penh, est louche et légèrement jaunâtre^ d'un goût fade et d'une température variant peu avec celle de Tatmosphère qui s'y élève souvent jusqu'à 35** et 36* à l'ombre *.
Son degré hydrotimétrique ne dépasse pas 5,5, et elle laisse un résidu par litre de 101 milligrammes, dans lequel la matière organique figure pour 22 milligrammes. Fort peu aérée, et presque dépourvue de gaz acide carbonique^ on ne trouve d'appréciable, dans le résidu, que les phosphates et la soude; les autres substances minérales ci-dessous énumérées ne s'y trouvent qu'à l'état de traces :
Chlore Ogr.016
Carbonates, sulfates, azotates, phosphates, chaux, soude, potasse, magnésie, fer, alumine et silice 0 063
Matières organiques de nature végétale^ donnant naissance à du sulfure d'hydrogène pouvant se doser jusqu'à 0 gr. 008 par litre 0 022
Total . . . . Ogr. 101
L'eau puisée dans le Mécong*, à un mille marin de la ville environ, présente la même composition, sauf les matières organiques qui fournissent à peine du sulfure d'hydrogène et surtout les phosphates qu'on ne découvre qu*à Télat de traces infinitésimales.
Cotte eau est supérieure à celle du grand lac Tonli-Sap, qui doit, sans doute, les phosphates qu'elle contient aux détritus considérables des poissons qu'on y pêche et qu'on y sale au moins quatre mois de l'année. U est donc prudent, pendant tout le temps que dure la pèche, d'aller prendre l'eau potable dans la grande branche du Mécong, au dessus des quatre bras.
Les matières organiques qui sont la principale cause de la mauvaise
«Nous devons celle noie sur l'hydrologie de Phnom-Penh. à l'obligeance el à Familié de M. Lapeyr^re, pharmacien de •'* classe de lu marine.
* L*eau donl il s* agil ici avait êlè pui5ét> dans le Mëcon:^. au dessus des qualre bras de Phnom-Penh) landis que la prv'mi«>!e» donl nous avons donne t'analyse, provenaîl du bras qui va au lac vl avaii ^lê puisée au débarcadère' do ThvMel du Prvlecloral.
qualité des eaux qui nous occupent, paraissent, au microscope, toutes du règne végétal et sous Taspecl de filaments blanchâtres, identiques à ceux que nous avons trouvés près de l'embouchure du Mécong, à Travinh.
Ces filaments sont des conferves sulfuraires unies ou cloisonnées et remplies de granulations jaunâtres qui se répandent dans Teau par la fermentation, gonflent considérablement, se gélatinisent et rendent Teau blanchâtre, visqueuse et repoussante à l'odorat comme au goût.
La composition des eaux de pluie diffère peu de celle du fleuve, en raison des subtances organiques qu'elles empruntent en tombant, soit aux surfaces des toits, soit à l'atmosphère même.
(juant aux eaux des puits, elles sont plus claires et plus limpides que l'eau du fleuve, mais elles en diffèrent tellement peu au point de vue chimique que nous croyons plutôt à des fissures souterraines produisant les sources dans toute la Basse-Cochinchine et une partie du Cambodge, qu'à une filtration régulière des eaux de pluie à travers les couches du sol. La limpidité de ces eaux ne serait donc due qu'au repos, une fois arrivées sur la couche imperméable souterraine.
De ces faits nous pourrions conclure, en présence des conditions exigées parles chimistes et les physiologistes pour une eau potable, que celles du Cambodge, à Phnom-Penh, ne le sont pas.
Mais comme elles sont les seules à ahmenter la ville et ses environs, il convient de les améliorer par deux opérations indispensables : l'alunage, à la méthode de tous les Indo-Chinois d'ailleurs, et la filtration, mettant de côté l'ébullition de l'eau, proposée par certaines personnes, comme étant un contre sens en matière d'hygiène.
La filtration seule ^ opérée de nos jours avec les appareils Marcaire et Bourgoise^ ne répondrait pas à une épuration suffisante ; et cela pour deux motifs : le premier, parce que ces sortes de filtres deviennent très difficiles à nettoyer dès qu'ils sont obstrués par les matières étrangères, ce qui fait qu'on ne procède pas à ce nettoyage toutes les fois qu'il est nécessaire ; le second, parce que les matières organiques de toute eau bourbeuse ne sont pas enlevées par la filtration.
Wurtz et Armand Gautier l'affirment dans leurs travaux et l'on a trouvé, en effet, dans les eaux filtrées de la Cochinchine et du Cambodge la même quantité de matières organiques que dans celles qui ne l'étaient pas .
11 est donc nécessaire de joindre l'alunageàla filtration qui, elle, n'a
13i LE ROYAUME DU CAMBODGE
pour but que d'enlever à l'eau les matières visibles à Tœil nuqu'elle tient en suspension.
En effet, Talunage enlève les matières organiques et argileuses autant qu'il est possible de le faire, sans pour cela ajouter à Feau un médicament pouvant devenir nuisible par un usage prolongé, en raison de la petite quantité d'alun qui reste dissoute.
On a constaté qu'une eau alunée à 10 ou 15 centig. d'alun par litre d'eau, ne contenait, après le dépôt formé, que trois ou cinq milligrammes d'alun.
L'opinion de M. Garnault, pliai:macien de l'"* classe de la marine, est la même : « Nous avons reconnu, dit-il, en dosant Facide sulfurique avant et après que Feau alunée contenait à peine trois milligrammes d'alun par litre. Ce serait donc au plus douze milligrammes d'alunq u'une personne absorberait par jour. Nous ne pensons pas qu'une si faible dose puisse avoir la moindre influence sur Féconomie. »
«Quant aux effets de Falun sur Feau trouble, ajoute M. Garnault, nous les avons directement constatés dans plusieurs expériences et nous pouvons affirmer qu'ils sont réels. 11 parait se former entre Falu*mine et les matières organiques des composés insolubles, ou sortes de laques qui se précipitent et entraînent les matières en suspension. »
Ainsi, pour rendre potables les eaux boueuses du Cambodge, comme du reste les eaux pluviales ou de puits, il y a deux opérations consécutives à faire :
1° L'alunage à la méthode des Indo-Chinois ;
2^ La filtration avec un appareil d'un nettoyage facile^
C'est à Somrong-Sen, sur les bords du Stung-Chinit, un des affluents du bras du lac Tonli-Sap, que se trouve le gisement de coquilles dont nous avons déjà parlé. C'est de ce gisement qu'ont été retirés les objets préhistoriques que nous avons nous-mêmes recueillis sur place, que nous avons ensuite offerts au musée de Toulouse et qui ont, enfin, constitué les éléments d'un travail fort intéressant sur F âge de la pierre polie et (lu bronze au Cambodge, dû à la plume exercée de M. le docteur Noulet, le vénérable et savant directeur de ce musée \
1 Vâgc de la pierre polie et du bronze nu Cambodge^ d'après les découvertes de M. Moura, par le docteur Noulet. {Toulouse^ Edouard Privât, imprimeur-libraire,)
,-Ai \ '
LE ROYAl"MZ DU C\MBODGE 135
Noas regreitODs de ne pouvoir donner ici qu'une analyse do Tétude de M. Noulet, à laquelle nous joignons les dessins des principaux objets rapportés par nous du Cambodge.
Les crues excessives du tleuve et des rivières du Cambodge et leurs débordements périodiques, suffisent à expliquer la formation des lits alternatifs de vase et de coquilles du dépôt de Somrong-Sen. 11 est de même aisé de comprendre Ténorme quantité de coquilles qui a pu y être accumulée par la suite des temps, en se rappelant avec quelle étonnante rapidité se multiplient, même dans nos eaux douces d'Europe* moins favorisées par le climat, les mollusques congénères de ceux de rindo-Chine.
Ces mêmes inondations, annuellement répétées, font comprendre, sans que nous ayons besoin d'insister, le transport dans les dépôts qui leur sont dus des objets portant des marques non équivoques du travail de rhomme, épaves qu'en sortant de leur lit^ les cours d'eau ont rencontré sur leur passage à travers des lieux habités, le plus souvent établis sur leurs rives et qu'ils ont pu déplacer jusqu'à des distances considérables. Ces objets de l'industrie humaine sont extrêmement rares à Somrong-Sen, et ceux dont le musée de Toulouse a hérité ont été réunis un à un par les fabricants de chaux, qui les conservaient comme des rehques dans leur habitation depuis bien des années.
Ces objets consistent en : i"* Objets de pierre; H* Objets en coquilles marines; 3* objets en cuivre et en bronze ; 4* Poteries.