‹ Le royaume du CambodgeChapitre 33 sur 37 · CAMBODGIEN · texte numérisé non relu

CAMBODGIEN

SIAMOIS

MALAIS

CHAM

mftphcy pram m»y

ji sip hoc

duo pulo annam

dua plu nam

mophey pram pil

ji sip chet

duo pulo tujo

dua plu tuju

mophey pram boy

ji sip pet

duo pulo dolppan

dua plu dopan

Dophey pram baoo

ji sip cao

duo pulo sambila

dua plu samlan

sansop

sam sip

tigo pulo

clau plu

sansop muy

sam sip bet

tigo pulo salu

clau plu sa

sansop pir

sam sip san

tigo pulo duo

clau plu dua

sansop bey

sam sip sam

tigo pulo tigo

clau plu clau

se sop

si sip

ampat pulo

pac plu

ha sop

ha sip

limo pulo

lemu plu

hoc sop

lioc sip

annam pulo

nam plu

chet sop

chet sip

tujo pulo

tuju plu

pet sop

pet sip

dolopan pulo

dopan plu

eau sop

cao sip

sam bilan pulo

samban plu

moroi

rai

so ratos

harotu

moroi pir

rai san

so ratos duo

harotu dua

moroi bey

rai sam

so ratos tigo

harotu clau

moroi buon

rai si

so ratos ampat

harotu pac

moroi pram

rai ha

so ratos limo

harotu lemu

pir roi

san rai

duo ratos

dua rotu

buon roi

si rai

ampat ratos

pac rotu

mo pon

phan mung

soribu

soroban

pir pon

san phan

duo ribu

dua roban

mo mon

mun nung

so lacto

halac sa

mo sen

sén nung

so cati

mo léan

lan nung

La différence des langues parlées par les Cambodgiens, les Siamois, les Malais et les Chams, ainsi que la variété des caractères qui servent à les écrire, sont des indices, joints à beaucoup d'autres, qui tendent à prouver que ces peuples ne sont pas de même race.

Les langues vulgaires des Cambodgiens et des Siamois sont absolument différentes ; et si Ton rencontre dans le langage relevé et politique des mots qui sont identiques, c'est qu'ils ont été puisés à la même source, c'est-à-dire dans le pâli et aussi un peu sans doute dans le sanscrit.

Les deux alphabets cambodgien et siamois ne sont pas non plus semblables, mais ils ont une commune origine et quelques-uns des caractères, tels que : ca^ kha, ba, phoc, ro^ sakhOj saba^ et o sont très approximativement de même forme. Les deux langues s'écrivent de gauche à droite. Quant aux chiffres ils sont semblables et la numéra-

m\ lit IlOYAIlMli liU CAMUODGE

liiiM t^bl (^f^alHnlHlll (li'^riiiiali^ Loh HiiiïroH ot le système de numération

(Inivoiil (Niro iiulionn, uu hioii urnhoM, ni, comme on le prétend, ceux-ci

ou btiiil loa imoHloum, Lom i^liilIVoH uruhos ont des formes différentes,

\mU lo ài^vw (^bl \\\ mAino ol ti'omploio oxaolomout de la même manière.

Los lauguoh |mrlôo« \u\v lo8 .Malais ol los (Hiams sont aussi différentes :

UH rouiuH|UorH )umrluu( dosoxprossionsi^pou pr^s analogues, mais nous

ruppi^loiu quo losi MuIuih t^l los iUuuns dont nous parlons sont ceux qui

Unl^iti^ut lo CHuduulgo^ e'ost-iVdiiv loin los uns ol les autres de leur

puN^ d'oi'ijjiuo ol quo l'iilt^ntité do.< eiti^jauces rt^ligieuses, ainsi que des

iulovO^ls oi^nuuuuaà, K\\\i ivunis. Ajoutons que te^ Chams et les Malais ne

*o nuM'ioMt J;A4^vo qu'avw des^ tVuuueîii de Tune ou de Tautre de ces deux

ViU*iv»x vi do VHki^ exoeplious pi^^j^. et que par suite leur km^ge a bien

pu :ii^ kvs^euUr de celte \ie eu cvuuttiuu lou^teuij>s prolonj^ée. tepen-

vlaut. m^j^iv cola, lov^i t)hatus et le:^ >l<dais qui u\>ut pas appris les

doux Uu^uoH iK^ s.e compivnuent pa^s^ et $*.>ut loirés. dams leurs r^latiuns^.

d'omplovor lo catalXHJ^iou qu'ils parlent tous. U faudrait se tnwsporter

daii:* IcUKtou Vliampa pour olutlier ce peuple intéressant, oii il vit n*uni

daud dois^ villages rapprv>cheîs Je la chaîne qui <épai*e rAnnam. de la

CoctiiiK'hine Trani^^iuse. Nous a>ioiis «.'spéré pouvoir obtenir ([uelqnesreusei^iicmoiits sur ces aricieus Ciiiuns tMi uous cidi'e<s;uit î un miswon-

uaiïo chivlii.u et iiiiiauiilr, ti\e atpiiis luajitt'mpsJausla «"onin^e ni îis hai>îk'iii. Puîii oUf^ii^t'c ..^ jirne i ji«»us uiier lans aoi?- •«"«•len-îi* -i, uuiL> 'h)Urx olioiis m i'vi âi; l iiiiuruieiliaiie l un 'U* nos OMiisiiis-, 'e»*"*MU Ciilholit(uc ';i àuiii ;ii •vMiiriic».» ii oîîiil [las \nr\\ .•[oiicui**^* ie a arfUeui»' •iuiii 'i ^ ij;»!. V^ji^'s MiuiN ivMii !ai>5<* or»ni>» iitMuiaui sx :m»i< lu i >. •jvcujKiiî ii [a nirsiioii, le N.iiui Uoaunc <<• Itotiia uiiu i i**w.- iirf*

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dans la manière d'écrire les nombres intermédiaires entre cent et mille, entre mille et dix mille... Ils écrivent d'abord les centaines, les mille, les dix mille, avec Tunité suivie de doux, trois ou quatre zéros, et à la suite, ils placent les nombres intermédiaires. Ainsi, chez eux, 120 s'écrit 10020, 150 s'écrit 10050, 1030 s'écrit 100030.

Les historiographes chinois, en parlant des barbares du sud, disent que la contrée habitée par les Chavas (Malais) était, de 618 à 939 de notre ère, bornée à Test par le Chon-lap-terrestre (Cambodge septentrional), au sud par la mer et au nord par le pays de Nam-chieu, formé de dix-huit petits Étals. Ce pays des Chavas correspondait donc aux contrées connues aujourd'hui sous les noms de Siam, la presqu'île de Malacca et peut-être la Birmanie et le Pégou.

Selon Touvrage annamite intitulé] Vien-vo-quan-quoc-loi-benh-tho, les Chavas occupaient une grande étendue do côtes et l'on y cite la Birmanie et le Siam. Suivant ce document ancien, les Chavas étaient réunis en petits États divisés entre eux qui furent finalement absorbés par des gouvernements mieux organisés établis dans le sud, c'est-àdire dans la partie méridionale de la presqu'île malaye et dans les grandes îles de Bornéo, de Sumatra et surtout de Java, qui avait ressenti de bonne heure les heureux effets de l'influence de la civilisation indoue.

Les Siamois et les Birmans profitèrent de ces divisions pour pousser vers la mer et les îles cette race de pillards et ils prirent leur place sur le httoral. Néanmoins toute cette cote conserve encore de nos jours un très grand nombre d'individus provenant de cette race de Chavas, qui se sont plus ou moins mélangés avec la race envahissante. 11 serait peutêtre plus facile de trouver aujourd'hui des Malais purs dans les îles de la Sonde que sur le continent.

Selon les mêmes annales, les Chavas avaient pour voisins les Chams, qui étaient établis au nord par rapport à eux, sur les côtes de la mer de Chine. En effet, nous avons vu dans les annales khmers que les Chams, que nous trouvons sous le nom de Chêm-thanh dans l'histoire de l'Annam, avaient, environ cinq siècles avant l'ère chrétienne, pris possession du delta du Mëcong et de toute la contrée dont les Khmers firent plus lard leur immense empire. Les Chams étaient établis depuis bien plus longtemps sur la côte un peu plus au nord, puisque nous lisons dans l'histoire ancienne de l'empire d'Annam que vers l'année 2800 avant J.-C. le royaume annamite, appelé alors Van-lang, était borné

à Test par la mer de Chine et au sud par le Chêm-thanh (Ciampa). Parmi les subdivisions territoriales de cet Étal, nous remarquons Ha-noi, qui est une des subdivisions actuelles du Tong-king et tous les autres districts de cette partie de Tempire d'Annam. Le premier royaume annamite était présumablement limité au Tong-king et ne s'étendait pas au-dessous du vingtième degré de latitude sud, où se trouve la préfecture de Son-tay mentionnée dans les subdivisions du royaume primitif. Vers la même époque, trois siècles avant J.-C, le royaume des Chams, adjacent à celui dont nous venons de parler, était donc compris entre le Tong-king et le royaume actuel de Siam, occupé alors, comme nous l'avons vu, parles Cliavas.

Les annales khmers rapportent que peu de temps après leur arrivée en Indo-Chine, les Khmers forcèrent les Chams à quitter la partie basse de la vallée du Mëcong et à s'élever vers le Laos, où ils s'établirent pour reprendre plus tardroffensive. Ils se fixèrent à Bassac, qui a retenu leur nom et que l'on appelle depuis Cham-bassac. Là ils pouvaient se mettre en communication avec leur propre pays, situé à l'est de la chaîne de montagnes qui sépare la haute Cochinchine de la vallée du Mëcong. Nous savons d'ailleurs que M. de Lagrée trouva à Bassac le souvenir encore vivace d'une occupation ciampoise.

Dès 345 avant J.-C. les annales annamites font mention de l'empiétement de TAnnam sur leCiampa. Cet envahissement se continua, avec des phases diverses de succès et de revers, jusqu'à la complète annexion du Ciampa à l'empire d'Anuam, qui eut lieu au commencement de notre siècle, sous l'empereur Gia-long.

Suivant toute apparence, ainsi que nous Tavons dit, les Chams reçurent des Indous, par l'intermédiaire des Malais, avec lesquels ils furent de tout temps en rapport, les deux religions qu'ils embrassèrent successivement, c'est-à-dire le brahmanisme et Tislamisme. Nous savons qu'ils donnèrent aussi quelquefois l'hospitalité à des prédicateurs venus directement de l'Inde. C'est sans doute par la même voie que leur vint la connaissance et le goût des arts, car on leur attribue Tédification de plusieurs monuments au Cambodge et au Laos.

M. le consul de France de Qui-nhon nous écrivait, à propos des ruines qui se trouvonl sur le territoire de l'Annam: « Ces ruines ont une grande analogie avec celles qui restent des anciens Khmers ; aussi les appelons-nous ici les ynonmnents cambodgiens. Les Annamites attribuent la construction de ces monuments à un peuple qu'ils appellent les

Hois et qui habitait anciennement le pays. Les Annamites prétendent que c'étaient des monuments funéraires renfermant les cendres de grands personnages. Los Ilois avaient coutume de brûler leurs morts et ils déposaient les cendres dans une cavité voûtée pratiquée au bas de ces monuments et dont ils muraient ensuite la porte. Cette porte en ogive est indiquée sur le croquis.

« La hauteur de ces monuments au-dessus du sol est, à mon appréciation, de huit à dix mètres. Ils sont généralement placés au sommet d'un mamelon isolé, ou à l'entrée dune vallée, et on les rencontre principalement dans les provinces de Quang-ngai, Quang-nam, Binhdinh, Phu-yen et Rhanh-hoa. Chose singulière, il n'y en a pas au Binhthuan, seule province où la race se soit conservée. Il n'y en a pas non plus dans la province de Hué, ni dans les provinces situées plus au nord. »

Marco Polo, qui visita le Ciampa vers le xii" siècle, parle de ces ruines avec éloge : « Elles attestent, dit-il, une civilisation avancée et un État puissant. »

Le monument de Qui-nhon, dont nous avons le croquis, est tellement ressemblant aux Prea-satsdes Khmers que nous nous sommes demandé si ceux-ci, qui, selon les annales chinoises, s'emparèrent du Ciampa en 960 de notre ère, et qu'ils s'annexèrent sous le nom de Chêm-lap, n'élevèrent pas eux-mêmes ces tours pour y enfermer les cendres de leurs chefs, ou pour perpétuer le souvenir de quelques événements remarquables.

Qu'est-ce donc que ces Hois auxquels les Cochinchinois attribuent la construction des monuments dont nous venons de parler? Plusieurs voyageurs asiatiques, qui avaient eu occasion de visiter l'empire d'Annam, nous avaient assuré qu'il s'agissait des Chams, appelés Hois parles Annamites. Depuis, d'autres renseignements, que nous croyons plus certains, nous autorisent à penser que ces Hois sont les derniers représentants d'une race qui a dû jouer un rôle important dans le sud de r Indo-Chine.

Voici ce que nous écrivait le consul de Qui-nhon à propos des Hois : « Il reste encore des Hois disséminés en petits groupes sur divers points de la province du Binh-thuan. Ils vivent aujourd'hui en paix avec les Annamites, mais ils ne se mêlent pas à eux et ils conservent leur langue, leur costume, leur rehgion propres. Us sont agriculteurs et ne se hvrent guère au commerce; ils ne ressemblent aucunement aux Chams :

ils ont le teint plus blanc que ceux-ci et même que les Annamites. Les Ilois se rapprochent 'des Rhmers par le \êlement. Enfin^ ces Hoîs ne sont ni buddliisles, ni mahométans, mais idolâtres et le principal objet de leur culte c'est un tronc d'arbre mort et de forme particulière. »

Un missionnaire français, qui a longtemps habité TAnnam, nous a donné sur les Ilois absolument les mêmes renseignements.

Le teint des Ilois ne dénote pas une origine tropicale et ils pourraient bien provenir des côtes de la Chine, d'où ils furent expulsés, et refoulés vers le sud, parles Chinois d'abord et ensuite par les Annamites venus poslérieurement sur les bords de cette mer. Ceux-ci finirent par déposséder aussi les Chams et par leur ôter toute existence politique.

Nous serions embarrassé de dire d'où peuvent provenir les Ilois qui ont conservé jusqu'à nos jours, paraît-il, un teint si différent de celui des aborigènes du sud de l'Indo-Chine, et aux ancêlres desquels les Annamites eux-mêmes reconnaissent une supériorité de race et de civilisation, dont il reste encore dos vestiges irrécusables si les ruines du pays leur sont attribuées à bon droit. Nous dirons bientôt que nous pensons que c'est à cette dernière souche que la grande île de Haj'nam a puisé ses premiers habitants, comme les îles de la Sonde servirent de refuge aux Chavas ou 31uhiis, fixés d'abord sur la côte méridionale de la mer de Chine, du golfe de Siani, du détroit de Malacca et de l'océan Indien, d'où ils furent aussi chassés en grande partie par des peuplades venues du centre de TAsie.

Plusieurs célèbres voyageurs ont prétendu que les îles de l'archipel Indien, surtout celles qui constituent la portion occidentale de TOcéanie, connue sous le nom de Malaisie, avaient été peuplées au début par des migrations venues de l'Asie et en particuher du golfe de Siam. Cette version est probable, et ce sont les Chavas ou Malais qui fournirent cette population aventurière dont il est ici question.

D'après les renseignements qui nous ont été donnés sur les habitants des montagnes qui forment la partie centrale de l'île de Haïnam, nous présumons qu'ils sont de race ciampoise et plus vraisemblablement de race hoi. Le httoral et les points fertiles et cultivables de l'île, sont peuplés de Chinois établis là depuis la plus haute antiquité. La population dont nous nous occupons a été reléguée par eux dans les montagnes^ où elle vit aujourd'hui insoumise et refusant obstinément de se mêler aux conquérants, imitant en cela l'exemple de leurs parents

du continent qui n'ont jamais voulu se plier sous le joug des Annamites qu'ils ont, au contraire, combattus jusqu'à l'expatriation et l'anéantissement presque complet des races cliam et lioi.

Les Chinois désignent ces habitants sous le nom de Lois et nous remarquons d'abord la ressemblance de nom avec celui des Ilois. Etant donné la différence des langues parlées par les Chinois et les Annamites, et surtout la différence des intonations, il est permis de supposer qu'il s'agit ici du même mot ou du même nom.

Un Chinois de Haïnam, fixé maintenant au Cambodge, et qui avait osé s'aventurer autrefois dans les montagnes de rUe pour y faire un petit commerce avec les Lois, dont il finit par comprendre la langue, nous en a fait le portrait dans lequel nous avons cru reconnaître les Hois. Suivant lui, les Lois ne ressemblent point aux Chinois de Tlle ; ils ont le teint plus blanc que ceux-ci et sont presque blancs et légèrement bronzés; ils ont généralement de la barbe, tandis que les fils du ciel n'en ont presque jamais ; ils sont plus robustes et plus forts que ceux-ci et on les voit manier facilement des arcs que les Chinois ne peuvent pas bander. Les Lois portent les cheveux longs, relevés et noués sur le sommet de la tête, semblablement à la mode brahmane indoue. Les garçons en font quelquefois plusieurs tresses qu'ils laissent tomber sur le cou et les épaules. Les jeunes filles réunissent leur belle chevelure en deux fortes tresses, dont elles font deux grands nœuds qu'elles appliquent avec symétrie une de chaque côté du crâne. Les femmes Lois portent des pagnes tombants et courts ne descendant pas au dessous du genou, et une sorte de veston à manches couvrant à peine la taille. En fait de bijoux, elles n'ont guère que des pendants en argent, en cuivre ou en bois façonné et quelquefois garni de tilets d argent. Les hommes se vêtissent d'une sorte de caleçon court et d'un veston étroit et à manches. Le plus souvent, ils ont le buste nu.

Le voyageur chinois qui nous a donné ces détails n'a point remarqué que les Lois eussent des croyances religieuses ; son opinion est qu'ils n'en pratiquent point, au moins ostensiblement. Les Lois sont cultivateurs, mais ils ne produisent guère que ce qui est indispensable pour leur consommation. Leurs principales cultures sont : le riz, les haricots, les patates, le tabac et les pistaches. En fait de fruits, ils n'ont guère que ceux qui viennent seuls dans les forêts. Us font venir de l'arec et du bétel pour leur usage et qu'ils mâchent comme tous les Asiatiques.

ûl2 LE ROYAUME DU CAMBODGE

Ces Lois se sont plus particulièrement fixés dans le sud-ouest de Tile de Ilaïnam ; ils élèvent leurs cases sur des pieux et ils les construisent en bois ou en bambous sauvages. Les cloisons sont en pailles nattées et les tofts sont recouverts en chaume. Leurs habitations sont isolées et Ton ne voit pas chez eux de grandes agglomérations. Il ne faut point chercher là une organisation politique et administrative quelconques. Les Lois n*ont jamais voulu reconnaître Tautorité chinoise, et ils obéissent à péllie à. des chefs pris dans leur race, qu'ils nomment eux-mêmes ou qu'ils subissent, lorsque ce sont les plus vigoureux, en môme temps que les plus habiles, qui prennent le dessus. Ils ne paient aucun impôt et il leur arrive de prélever de force des tributs sur les troupeaux des paysans chinois, ce qui donne souvent lieu à des conflits et quelquefois à des expéditions dirigées contre ces sauvages par les autorités chinoises.

Pourtant, les Loisjpassent pour être hospitaliers; ils accueillent bien les marchands chinois qui vont leur apporter des étoffes, du fer, do sel, des mèches pour a}luiner la pipe, des pierres à feu et des outils. Ils n'ont'point de monnaie et ils paient en peaux de bœufs et de buffles, en cire et en végétaux consommables. Ils n'ont pas d'armes à feu et ils se sei*vent seulement pour la guerre et la chasse de lances, de sabres, d'arcs et de bâtons. Ils n'ont point de chevaux, mais ils élèvent beaucoup de porcs, des oies, des canards et des poules. Ils ont aussi des buffles et des bœufs pour le labour et les charrois. Les masses d'eau stagnante qui se forment dans les vallées renferment, paraît-il, des poissons en abondance. Le gibier ne manque pas non plus, surtout le sanglier, le chevreuil, le lièvre, la poule sauvage, la perdrix, la poule d'eau.

Les forêts fourniraient des bois de valeur, mais elles sont trop éloignées de la mer pour qu'on puisse les exploiter fructueusement ; de plus^ les routes manquent, ou sont mauvaises dans cette contrée.

Les' Lois n'écrivent pas leur langue et ils n'ont pas, non plus, des caractères spéciaux pour représenter les nombres ; ils comptent de mémoire, ou en pratiquant des entailles sur un morceau de bois, ou bien encore en faisant des nœuds à une corde.

Voici une série de mots lois que nous donnons sans en garantir l'exactitude, car le Chinois qui nous les a dictés nous a paru se S(nivenir faiblement aujourd'hui de celle langue, qu'il avait été forcé de parler dans son jeune temps, c'est-à-dire il y a quarante ans.

fha.n<;ais.

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