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L'ANARCHIE

omplicité gouvernementale.

>oir.

;entue d'heure en heure, lue en sont réduits à faire le lu gaz dans une ville de trsonne n'ose plus sortir la i lurent dans les rues marlacle, s'il n'était écœurant risible.

lent mutuellement sur la t le poids de leurs canoës chercher sa bourse ou du )n vide ses poches, il en ois deux. Cela n'émeut perver est devenu, 'par suite i objet de première néces-

les ceNt-joùrs De montgeac-les-miNes lit

site. On l'appelle un « petit cract&x ». Entre temps, à la nuit noire, les attentats se répètent. La gendarmerie, qui fait quelques patrouilles, ne peut être partout à la fois.

Nous avons eu ce matin le spectacle d'un enterrement socialiste, avec drap rouge, drapeaux rouges, insignes rouges, costumes rouges, trognes rouges, tout en rouge.

Cette situation se complique d'une quantité de délits municipaux sur lesquels Bouveri, le maire socialiste, ferme les yeux. Bien loin de calmer les grévistes, il leur tient ce langage :

— Yous avez raison, camarades ! Mourir de faim en travaillant ou mourir de faim sanstravailler ? Cette dernière manière est la meilleure !

Ce maire est étonnant : il vient de faire voter des centimes additionnels avec effet rétroactif sur F exercice écoulé de Cannée 1900.

Contre les conscrits.

La jeunesse socialiste a tenu une réunion, très ardente, dans le but d'amener à elle les conscrits qui désirent tirer au sort.

LES CENT jOKHS DE MONTCEAU-LES-K1NES 113

1 Ces excitations se produisent impunément,

' grâce à la complaisance, on pourrait presque dire à la complicité gouvernementale.

Le capitaine Michelin avait ici les gendarmes sous ses ordres. Le commandement était donc en bonnes mains. Les journaux socialistes ont simplement rappelé que le capitaine « avait opéré » lors des derniers troubles de Clialon. Le lendemain, il était remplacé. Aussi les feuilles écartâtes de la région exultent et tressent des lauriers au ministère Waldeck pour son exécution du sabrettr Michelin !

Une pareille soumission gouvernementale aux ordres des révoltés n'est-elle pas de nature a troubler la population honnête qui ne sépare pas le principe d'autorité du principe du gouvernement ?

Les « Jaunes ».

Et dire que, pour un gouvernement soucieux de rendre à la France son activité productrice, il y aurait à faire de si belle et si salutaire beso-

™.k*pp

e où tant d'hommes couraifsel désespérés, tiez eus, dans leur bureau s « rouges » appellent des

^-chaussée dut subir, au rnière, un terrible assaut, eut brisées. Le patron les bandes de papier-toile. On

as choses en l'état, dit-il ;

peut arriver!

je suis reçu par les mem-

>mmes à la figure franche,

ix yeux clairs.

entrée, attire les regards,

VA1L LlBBRTÉ.

une arrière dérision dans i Guerre, la Paresse et la

dit l'un de ces braves, est i subissons la grève. Nous

en connaissons les causes. Les revendications des grévistes sont peu sérieuses.

— Mais, ajoute un autre avec rudesse, mais qu'est-ce qu'ils veulent donc ? que demande l'ou vrier ? Du travail et du salaire ! Il y a de tout ça, ici ! Un pays si riche, monsieur I un pays de cocagne !Et dire que les industries voisines demandent du charbon en Angleterre, quand il y en a tant chez nous ! Mais qu'est-ce qu'ils veulent donc ?

— Ce qu'ils veulent? je vais te le dire, reprend un troisième Ils veulent le chambardement.

Et les voilà qui me content par le menu ces longs mois pleins d'angoisses, de luttes sournoises, d'attaques continuelles au coin des rues, les haines sourdes de maisou à maison, de boutique à boutique, toute celte existence de sauvages qu'on ne voit guère que dans les placers du pays de l'or... puis la situation actuelle, les craintes quotidiennes, l'épouvante d'un avenir dont on prévoit les douleurs ; le pays ruiué, la liberté morte,

UNE BONNE JOURNÉE Les conscrits n'écoutent pas les socialistes.

Los socialistes, les partisans de rantimilitarisme avaient fait une telle propagande, multipliant les réunions, les démarches, les manifestations locales, qu'il y avait lieu de redouter que la peur et la faiblesse éloignassent du tirage au sort les 303 conscrits des cantons de Monlceau et de Saint- Vallier.

Or, les anarchistes n'ont pas été les triomphateurs du jour, au contraire !

A midi et demi, alors que trois ou quatre mille personnes grouillent autour de l'hôtel de ville, flanqué de baraques et d'éventaires où se débiteut des insignes tricolores, les membres de la Jeunesse socialiste se réunissent. Ils sont très peu nombreux. Mais comme il faut bien qu'ils affirment leur existence, le citoyen Florimonl pousse sa petite tirade anarchiste. On connaît la chanson. Elle se résume en ces trois mots ;

« Ne tirez pas! » Le citoyen FlorimonL est un

LES CENT-JOURS DE MOÎfTCK.ltT-LES- MINES 119

dée celle légende : Armée prolétarienne, classe

Un soldai, engagé volontaire, qui vient tirer obtient un joli succès. C'est fini. Les groupes de lïOQScrils enrubannés des pieds à la tète, — en est si près de Saint-Etienne ! — regagnent leurs communes respectives. La musique marche en tète ; des tambours-majors improvisés jonglent adroitement avec de longues cannes. Les ras et les flas se succèdent, les clairons rvlhment des

' ml

marches guerrières, et les drapeaux, les larges drapeaux tricolores, emplissent la ruo do leurs joyeuses couleurs.

L'autre cortège.

Pendant que cette brave jeunesse accomplit le premier de ses devoirs civiques, que font les autres, les pseudo-syndiqués, les révoltés, les anarchistes, et autres inconscients ? Ils organisent une manifestation... Pour parcourir la ville? Mon l Ils fuient ce champ de bataille où ils viennent de subir une défaite carabinée. Formant une colonne de 2 à 3,000 manifestants, ils

s'en du cô guerr formi rentn que n dors ; pour qui fi doBI loin i

De

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Le

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Mont rang, être i

Saint

Si, dès aujourd'hui, le gouvernement comprend son devoir, tout peut rentrer dans J'ordre d'ici quinze jours.

Au cas contraire, de tristes événements Be préparent. Le syndicat de la grève n'a pas d'argent. Il ne reçoit guère plus que des dons en nature. Mais qu'est-ce qu'une couronne de pain et un panier de choux-raves pour des familles où il y a sept à huit bouches à 'nourrir chaque jour?

La misère va s'étendre à tous les environs.

Le chômage, dès demain, commencera dans les usines qui s'approvisionnaient de charbon à Blanzy.

Les socialistes, qui avaient prévu ce malheur, s'en réjouissent. Ils appellent ce chômage une grève, en espérant que ces malheureux viendront grossir leurs rangs.

Et ce sont eux qui disent que le patronat est un altameur !

SOjanv. 1901.

LES CENT-JOUHS DE SfOUTCEAtï-LES-JUXES 123

midable armée ouvrière qui réclame brutalement ses droits.

Les orateurs qui persistent à pérorer en public n'ont guère plus d'un millier de pauvres diables pour écouter leur phraséologie creuse. Ce public, diminué des badauds qui trouvent là de quoi charmer leurs loisirs, se limite a trois ou quatre cenls personnes au plus. Et sur en nombre, il y eu a bien les trois quarts qui suivent les haut-parleurs sans savoir pourquoi. Il reste donc autour des meneurs un état-major d'une centaine de gars décidés à tout.

Nous ne ferons pas l'injure aux mineurs de les assimiler à ce déchet de la populace, à ces chevaliers de la trique venus on ne sait d'où et qui partiront certainement de Montceau le jour où le travail reprendra.

Nous avons pu constater que ceux qui prenaient la tèle du mouvement gréviste n'appartenaient pas au vrai monde ouvrier.

Ils sortaient généralement du monde des prisons.

On s'explique aisément qu'un pauvre diable,

pourvu d'un fort casier judiciaire, ne rêve que le chambardement. Les vrais coupables sont ceux qui le laissent impunément se livrer à cette , avec le concours d'une bienlé".

gic de la grève, appliquée à es, pourrait , dans ce sens, ■■ singulières constatations, is-nous obligé du les faire, en 'enirs, le jour où l'incurie goiia laissé lomber ce pays, à demi rreurs d'une guerre civile.

être réduits à voler, bon nomnt trouvé pjus commode de ne 'ournisseurs.

rès chaque paiement de quins, qui se fournissent toujours oulanger, l'épicier cl le marinaient à ces petits négociants

nrftïïh,','

LES CÉNT-JOURS DE MONTCEÀt -LES -MINES 125

un léger acompte. Celte fois, les ouvrier», prétextant la grève, n'ont rien voulu donner. Les fournisseurs souffrent donc cruellement de cet étal de choses. Il y en a, dans le nombre, qui n'ont pas encore élé payés du crédit fait à leurs clients lors de la première grève... Il y a un an de cela !

Mais certains de ces clients ont des manières si farouches, que le créancier prend peur et reste coi.

Voici un fait que j'ai vu de mes yeux :

Dans un débit, pas très loin de l'hôtel de ville entrent cinq jeunes gens. Ils demandent deux litres. Le patron les sert. Us en redemandent un troisième.

La tournée finie, le chef de celle escouade dit au patron d'un air dégagé.

— Nous n'avons pas d'argent, vous savez, c'est la grève !

Et ils sortirent.

— Vous les connaissez? dïs-je au patron.

— Non !

— Alors ?

les CENT-JOiRB du monti:eai:-les-)iim:s 1Ï7

Salembier touchent chaque semaine quelques francs.

A Monlceau, dix mille ouvriers souffrent pour la gloire socialiste. C'est à peine si la Petite République accorde à ces victimes quelques lignes de publicité.

A Calais, les grévistes vivent dans une ville riche où les ressources sont nombreuses.

A Monlceau, les malheureux tombés dans le chômage crèvent la faim en plein hiver.

— Vive l'Unité socialiste! écrit chaque jour M. Jaurès.

S fév, 1901.

Les brigandages continuent. — La soupe n'est pas

Forts de l'impunité dont ils jouissent, les « chauffeurs » de Monlceau se livrent à toutes sortes d'exactions. Us se sont présentés, avanthier, à la ferme de Gourdon, tenue parM. Pichon, en prétextant une demande de secours.

LES CENT-JOL'RS DE HONTCEAt-LËS-MISES 129

On lui laisse le temps de s'enfuir. Mais l'adjoint Goujon, socialiste farouche, qui connaissait l'homme pour ne pas être de ses amis, a fait fouiller l'immeuble où il se cachait. Protestation du propriétaire. L'adjoint passe outre. L'hommo est arrêté.

Celle nuil de dimanche à lundi fut d'ailleurs fertile en incidents significatifs. Au puits Jules- Chagol, les chauffeurs préposés aux pompes d'épuisement sont assaillis par une douzaine de grévistes. Un des chauffeurs prévient le poste militaire. Les soldats, que les journaux églanlinards disent tout acquis à la « sainte » cause, se mettent activement à la poursuite des agresseurs, mais ils ne réussissent pas à les atteindre. Un peu plus lard, au puits Sainte-Marie, un groupe de grévistes arrache les rails du Decauville de la mine.

Au même moment, auprès des compresseurs, deux ouvriers qui apportent du secours à un de leur camarade souffrant sont arrêtés par une bande d'une vingtaine d'individus. Ils crient « A la garde! » La troupe arrive et commence,

î SOCIALISEE

■lasse qui n'aboutît pas.

visible, tout doucement ;es » incidenls graves »

de Clialon pour justifier

literie Juillet, de Clialon, er matin.

>uvemenl, les socialistes r en nombre à Perrecyde débaucher lesouvriers ion industrielle.

brille pas par une éloe que les orateurs habiart au plus pressé, eurt de faim ici, s'est-il >us qui m'écoutez, hàlezical des pommes de terre, ,e besoin s'en fait sentir.

tement aux allâmes qu'il alheureux grévistes n'ont

rfr---

LES CENT JOURS DE MONTCEAl'-LES- MINES 133

L'infortuné Martin était un « jaune ». 11 élail coupable d'avoir défendu sa vie contre une bande de « rouges ». Du coup, M. Estable est sorti de son obscurité. On l'ignorait ; il s'est fait connaître. Accompagné de M. Goujon, l'adjoint socialiste qui prend chaque jour la tète des manifestations grévistes, d'un agent, sans gendarmes, flanqué de cette force policière recruléc par lui, M. Estable est allé faire une visite domiciliaire dans la maison où s'était réfugié Martin. Le malheureux « jaune » était dans les combles.

— Descendez, lui dit le commissaire Estable.

— Mais, si je descends, c'est ma mort! On veut me tuer.

— Non ! proteste le magistrat.

Et, pendant ce dialogue, une cinquantaine de « rouges » tiraient des coups de revolver dans les fenêtres de la. maison ; une balle est tombée sur un lit.

Martin descend, enfin ! Estable l'attend, les « rouges » aussi. Il n'avait pas fait un pas

LE ttOYiUMK SOCi.ii.lStH

:e l'assomme à

e aux fureurs son prisonnier i. Il faut croire pas été discret, in-pace que les rdures et des

pilai, avec un 9. Il est consiocureur de la ■gé comme tel.

n, ce qu'il en ;aisser assassine que la lolér la nuit dans

îe, si le préfet ndarmes pour •ouilles rouges l'ayant pas été fendre ; et ce

LES CeST-JOUflS DE MOMTCBAC-LeSIIIWS 138

drame, avant-coureur d'autres tragédies, n'aurait pas eu lieu.

Que signifie alors ce communiqué officiel paru le lendemain du départ du capitaine Michelin :

Le commandant Azaîs est installé à Montceau-les- Mines, où il est chargé de la direction des forces de police.

Vainement on objectera l'impuissance de la police municipale. Cette impuissance est si bien connue en haut lieu que, toutes les fois que M. Waldeck-Jtousseau se déplace, il emmène sa police particulière. M. Hennion se substitue alors au commissaire de police en fonctions.

À Monlceau-les-Mines, M. le commandant Azaïs est substitué au fonctionnaire qui dirige la police municipale. Il a près de cinq cents gendarmes pour faire exécuter ses décisions et respecter la loi.

Et M. Estable peut livrer impunément une proie aux « rouges » qui veulent du sang.

Celte inertie dans le commandement nous

ss. Nous les avions pré-

ne pouvait partir sans

grévistes, leur a promis

retour à Paris, une

! l'intérieur.

r a donné l'assurance

'au leur enverrait quel-

nb?

Curieuse vision de

ents. C'est désormais loses à Montceau -les-

Lé assommé. Le logis i à sac.

s partie des « libertés »

lé ne fait rien pour les

Parlons-en de la liberté telle Monlceau-les-Minea ! Mais il pa méfaits sont des romans et des que cette malheureuse ville qui, majorité deses habitants, est un possède pourtant un coin pai siaque.

Cette oasisquenonsnc soupçi découverte par le citoyen Antid Le députe des Bouches-du-J compte de sa chevauchée à Mon « I.a grève, a-l-il déclaré d « socialiste parlementaire, a et « Compagnie. Elle la désirait \ « la majorité républicaine qui,e h les réactionnaires de la mairi «i Hauts employés des mines, « commissaires, officiers festoiei « un hôtel dont les attaches ave> « sont connues. »

Voici la vérité : Les repas n' festins. Les convives, officier aimeraient beaucoup mieux êtr

sous le nez un balai sali de boue. M. Antide Boyer, venu là entre deux trains, a vu tout le contraire.

Et c'est à lui que M. Waldeck- Rousseau demande des renseignements !

7 féo. 1901.

Bouveri résiste.

M. Maxence Roldes, qui se hiémtise dans le rôle de prédicateur de la triste croisade de Montceau, a prononcé hier une parole prophétique.

Son auditoire habituel était réuni sur la place de la Grève.

— Les envoyés du gouvernement, a-t-il dit peuvent venir vous prêcher, le calme ; ça n'empêchera pas la révolution sociale d'entrer à grands pas...

Ces paroles ne surprendront personne. Tout le monde sait que M. Maxence Roldes est un fauteur de révolution.

Mais MM- Waldeck-Rousseau et Millerand,

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Rousseau, pour se faire valoir auprès de la population honnête et éprise de paix, a donc intimé Tordre — par télégraphe — à son préfet de redoubler de surveillance.

— Nous ne voulons plus de manifestations !

disait en substance la dépêche officielle.

Je vois d'ici la stupéfaction de M. le préfet. Depuis dix-sept jours, à sa barbe, les manifestations succédaient aux manifestations, les agressions aux agressions. Ces divers délits avaient fait boule de neige. Et voilà que, tout à coup, le ministre lui signifie d'arrêter tout ça! Il faul se rendre compte de l'effet produit par celte dépêche, avoir vu le bon préfet ne quittant pas l'hôtel, toujours chaussé de pantoufles douillettes, toujours coiffé d'une calotte grecque, pâlc ? attristé, silencieux, errant comme une ombre dans les longs couloirs. Un véritable personnage d'Ibsen !

Que faire de l'ordre ministériel ? Il n'y avait qu'à le faire exécuter ! C'était facile avec les forces de police réunies sous le commandement de M. le commandant de gendarmerie Azaïs.

Ékf-i ? •

LES CE.YT-JOVRS DE Mo^TCEAL' LES-MI.NES 113

commande de revolvers avail été faite dans cette ville. Cette commande devait être livrée à Montceau-les-Mines.

Il y a donc deB gens qui n'ont pas de revolvers dans cette triste cité ?

H fia. 1901.

La réponse de M. Waldeck-Rougacac

Le minisire de l'intérieur vient d'aviser le citoyen Antide Boyer, député socialiste de Marseille, qu'il répondrait à sa demande d'interpellation après une enquête faite à Montccau s«r les agissements des militaires et des fonctionnaires.

On sait qu'employés et soldats de la République ont fermé les oreilles et les yeux sur les délits commis par des bandes armées. Les gens sérieux pourraient croire que l'inlerpellateur demande au ministre compte de cet oubli des lois. C'est tout le contraire ! M. Waldeck-Rousseau va faire vérifier les assertions du député socialiste. Or, on sait qu'elles se réduisent à ces

LES COT-JOtRS Î>E MOftTCEAU-LES-MINES 145

« Camarades !

« Le moment est venu de se venger de la « classe capitaliste et cléricale. Révoltons-nous !

« Dans toutes les révolutions le sang a été « versé, mais il vaut mieux mourir en combal- « tant que de vivre dans la servitude ! »

M. de Montbrun a écrit cette lettre :

12 février 190!. << Monsieur,

« Le Temps du dimanche 10 février publie, « sous la rubrique « Les grèves », un article « me concernant, contre lequel je crois devoir « protester.

« Il est parfaitement exact, ainsi que plu- « sieurs journaux l'ont annoncé, que, du 24 jan- « vier au 1 er février, ma propriété d'Ezcrots a « été envahie, à plusieurs reprises, par des « bandes de grévistes de Montceau-les-Mines en « armes qui ont chassé et répondu à la légitime « résistance de mes gardes par des injures et « des menaces de mort.

i,Es CEfrr-JOfaia l*2*of'TCEAr-tEs-iiWEs liï

de conciliation entre le syndical et la Compagnie.

Le cifoven Dejeante passe ses journées à inspecter les puits. El les constatations qui résultent de ses visites contredisent en tous points celles de son collègue socialiste Anlide Boyer.

Plus heureux que son collègue Boyer, le citoyen Dejeante aura vu la première distribution de soupes socialistes.

Comme prélude à ces agapes fraternelles, les grévistes ont organisa, dimanche dernier, un bal en plein air.

13 février 1901.

La prière aux bons citoyens.

Depuis l'agression dont a élé victime un porteur de dépêches, le citoyen maire Bouveri s'est dit qu'il y avait maldonne. Aussi a-t-il, depuis lors, délivré aux petits télégraphistes des saufconduits ainsi libellés :

« Prière à tous les bons citoyens de laisser

ut

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so]

mais parmi les syndicats limitrophes el ceux des autres départements.

Le syndicat des corporations ouvrières entend d'ailllcurs mettre en pratique celte vertu dont les socialistes parlent tout le temps et qu'ils n'appliquent jamais : la solidarité. Les « jaunes » se sont dît qu'avec l'argent des bons Français, il fallait secourir les bons Français, sans dislinclioiis d'aucune sorte.

■ — Il y a ici, me dit M. Burliii président du syndicat, des pères de famille qui ne sont pas syndiqués. Ils uc vont pas vers les ronges, parce que les socialistes ne donnent pas une cuillerée de soupe sans qu'on s'inscrive à leur syndical... Ils ne viennent pas vers nous... Mais c'est nous qui allons vers eux... Nous n'exigaons pas qu'ils grossissent noire légion : nous les invitons simplement à signer une demande pour la reprise du travail. Je dois même dire que le plus grand nombre d'entre eux nous ont donné spontanément leur signature. — Est-ce une raison parce qu'ils ne sont d'aucun syndicat pourqu'ils crèvent de faim?

Cela va susciter, c'est cerlain, la colère socia-

LES CENT-JOCRS DE ÏOfTCEÂU-I.ES-MISES 151

ouvriers mineurs de Fumay, de Montchanin, de Perrecy, de Masenay, etc., etc.

II en est venu de mineurs qui rappellent, tout en joignant leur obole a cette des chambre» syndicales, les luttes soutenues pour la liberté du travail et les luttes à soutenir.

D'autres racontent les chevauchées de militants socialistes :

<< Ah ! nous avons eu, nous aussi, ce fumiste « de... Il a tenu le travail arrêté pendant un « mois ici,.. Mais ce sinistre individu ne régnera « plus parmi nous... »

Elle est loule dans ces quelques mots, la pensée ouvrière, la pensée des laborieux qui veulent s'affranchir du joug socialiste...

Au début de ce mouvement de protection, les « jaunes » reçurent, on s'en souvient, un chèque de mille francs envoyé par un sénateur anonyme.

La cause des bons ouvriers n'exige pas que cet anonymat se prolonge plus longtemps.

Le sénateur qui fut, dans celte voie bien fr.in-

LES CEflT-JOURS DE H OYTC EAU-LES- M IN ES 153

Aménités.

— Les feuilles socialistes relèvent avec une indignation feinle le libellé de certaines souscriptions en faveur des « jaunes ».

J'ai relevé celui-ci sur une liste publiée parle compagnon Journoud, le barnum des duellistes Guesde-Lafargiic :

Pour achat de poudre insecticide afin de faire crever Schneider et ses jaunes 50

96 février 1901

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