‹ Le royaume socialiste: choses vuesChapitre 33 sur 41 · LES AVEUX DE JAURÈS · texte numérisé non relu

LES AVEUX DE JAURÈS

Je vais une fois encore -évoquer le sourire inquiet de Jordery-F Ajusteur dil Vieux-Ami, de Godard-le-Forgeron, de tous ces socios irréductibles qui vont enfin êlre convaincus.

Au cours de ces extraordinaires conversations qui eurent lieu au Fort-Chabrol de Monlceau entre ces rouges rougeoiant et moi, je ne leur cachais pas mafaçon de penser ni ma manière d'agir. Je

ne leur cachais pas qu'il existait de par le monde certain patron exploiteur.

Et comme ces socios ne demandaient qu'à savoir, je leur fis connaître que les principaux tambourinaires du parti socialiste étaient grassement payés, que Jean Jaurès touchait pour encourager le peuple à la souffrance la bagatelle de quinze cents francs par mois % que Gérault-Richard — un nom prédestiné! — touchait pareillement autant d'or, elc, etc.

J'ai laissé à entendre que les directeurs du mouvement socialiste étaient avant toute chose des esclaves du capital.

Jean Jaurès, esprit subtil, est de mon avis.

Voici ce qu'il écrit dans la Petite République du mardi 9 avril 1901. C'est tout frais :

« En tous cas, les journaux socialistes reste' « ront nécessairement une propriété privée, une « propriété industrielle ; et la propagande de «- notre parti aura une base capitaliste et mer- « cantile. »

Une base capitaliste... et... mercantile 1 Vous avez lu ? Mon pauvre Godard-le Forgeron e

vous Vieux-Ami qui rèvcz encore, communisme, révolutionnaire, internationaliste... Que sais-je ?

Capitaliste ? C'est-à-dire la hiérarchie des grades, des appointements, des situations, l'échelle humaine des intelligences, tout ce que le collectivisme des Jaurès, des Viviani, des Létang, des Rouanet, reproche aux classes de la société. Vous avez lu?

Une base mercantile ! Mercantile? Voilà pour vous, bons socios, un mot assez rare. Aidonsnous, si vous le voulez bien de quelques dictionnaires. Ils disent tous :

MERCANTILE : qui concerne le commerce, intéressé : esprit mercantile.

Voilà qui est net. Alors tous ces grands sentiments humanitaires, toute cette grandiloquence larmoyante, cette pitié pour les souffrants. C'est un négoce?

Le socialisme contemporain avec ses emportements, sa fièvre de révolte, ses vains désirs d'organisation, c'est un commerce?

C'est pour la réussite financière d'une entre-

PKIfiTS l'AB KVX-MÊMES

prise commerciale que depuis des jours, mois, des années, le peuple se serre le ve écoule la vieille chanson communiste arra sut- un air nouveau, c'est pour faire la for dcs.marchands de papier rouge que ce peup prive, vil d'espoir et se prépare à la gr bataille toujours promise, jamais engagée.

Alors, l'Idée, la fameuse idée socialiste devait par la toute puissance de sa nouve affranchir les peuples de la terre, n'est qti vulgaire denrée commerciale, sujette à f ficalion ?

Pouah ! la vilaine chose !

Lors d'une récente polémique le direcleu Petit Son intitulait son article de celle mat impérieuse : Jaurès parlez!

M. Jean Jaurès vient de répondre.

Il a, comme on dit, « débiné le truc ».

Ce qui prouve que le Iruc socialiste est la débine.

14 avril 1901.

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Au lecteur i

LE CONGRÈS DE L'UNITÉ SOCIALISTE

La salle rouge. Guesde contre Jaurès. ... 3 Les tricotteuses du parti socialiste. La scission

complète 13

L'Exode du P. 0. F 18

M. Millerand reçoit 19

L'Unité selon Jaurès 22

La pensée de Jules Guesde. 24

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