‹ Le royaume socialiste: choses vuesChapitre 32 sur 41 · BAUDIN, FOR EVER · texte numérisé non relu

BAUDIN, FOR EVER

« M. Baudin neveu est devenu député de la Folie-Méri< court, circonscription qui, paraît il, se trouvait humiliée d'être représentée par un modeste ouvrier chapelier.

« Gela vous incite à examiner brièvement les deux hommes.

« Baudin neveu entra dans la vie politique le jour où Paris républicain, voulant protester contre le réveil du césarisme, s'en fut manifester sur la tombe de son oncle. Or, dès ce moment, Baudin neveu songea à exploiter la mémoire de l'héroïque représentant du peuple :

« — Dites-donc, me glissa-t-il à l'oreille, on me propose comme candidat. Dois-je accepter ?

« Etonné, je lui fis observer combien serait inconvenante cette attitude d'un tout jeune homme, qui n'avait à son acquis que « d'être le neveu d'un homme mort pour la République ».

« Depuis le jeune homme a fait son chemin !... et Folie- Méricourt s'en peut enorgueillir.

« Quant au citoyen Faberot, il fut de ceux qui, le fusil au poing, défendirent la République chaque fois qu'elle fut

en danger. Son éloquence naturelle ne s'ingénia jamais à a broder » des compliments en l'honneur d'un pendeur d'hommes libres ; elle ne lui servit qu'à grouper ses frères de travail soit corporativement, soit politiquement, et cinquante années — un demi-siècle ! — de travail et d'honnêteté valent certainement, pour les plus exigeants, la seine de finasseries dont se compose tout le bagage de Baudin neveu, qui, m'assure-t-on met le comble à l'orgueil de la Folie-Méricourt.

« J'ai assez combattu, pour arracher ce quartier aux mains des politiciens qui l'émasculaient, pour savoir que le vent de réaction et de faux amour-propre qui l'a rejeté dans le camp bourgeois — aussi bien que la circonscription voisine — ne tardera pas à s'apaiser,

« Le règne de Baudin neveu sera éphémère.

« J. Allemane ».

Or, le citoyen J. Allemane, assuré que le règne du « jeune » Baudin n'est pas actuellement éphémère, n'hésite pas, en socialiste pratiquant et pratique, à profiter de l'influence ministérielle pour arracher à son profit cette circonscription.

Quant au vieux Faberol, il consacrera son

« Mais, de grâce, qu'il soit inlen « embrigadés, à ces démocrates de pa « parler socialisme*, de venir prônei « socialiste...

« Le socialisme de qui ?... de M. M l'habitué des réceptions de M. Léon Bo de M. Baudin, l'élut du patronat ?...

socialiste avec qui ?... Avec M. Mille); missaîre du radicalisme venu au s< pour l'arrêter dans sa marche en c

détourner de son but de haut idéal, le noyer dans on ne sait quelle bouillabaisse radicofumisto-nationaliste ? . . . Avec M* Pierre Baudia, à. qui rien n'a coulé ni coûtera pour décrocher la timbale?...

« Non ! mais nous voyez-vous faire l'unité socialiste avec ces farceurs-là ! »

M Allemane est, depuis dimanche, rallié à l'unité selon Jaurès.

5 octobre 1900.

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