‹ Le rythme de la vieChapitre 12 sur 85 · A UN PEINTRE · texte numérisé non relu

A UN PEINTRE

Peintre, je ne veux pas que brocart ni basin Déguise aux yeux mortels le corps de ma maîtresse J'ai dénoué pour toi l'or de sa longue tresse, Malgré son confesseur, — un cordelier très saint!

Je veux que d'un beau trait ton scrupuleux dessin Cambre ses reins nerveux de Diane chasseresse ; Peins les bras d'un pinceau voluptueux ; caresse La courbe de la hanche et la rondeur du sein.

A UN P E I N T li R

Vois! Le pli dédaigneux de sa lèvre farouche, Son col souple, ses doigts sans jjagues, ses genoux Méritent la douceur d'une légère touche.

Tu graveras, sous le tableau, sur un cartouche, Une épigramme en grec, faisant savoir à tous Que Sinope est ma mie. Et gare à qui la touche !

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