‹ Le rythme de la vieChapitre 23 sur 85 · REVE · texte numérisé non relu

REVE

Post teiiebras, spero lucem.

Inscription du château de Vitré, en Bretagne.

Pourquoi n'irions-nous pas ensemble, au grand chemin Où tâtonnent les pas de la foule incertaine ? Tout nous serait commun, le plaisir et la peine. Et novis irions sans hâte, en nous tenant la main.

Nous ferions route ainsi, par le mont et la plaine Marchant d'un pas égal vers l'horizon lointain. Contents de notre lot, rendant grâce au Destin De nous avoir unis dans la mêlée humaine.

Avec toi. je ne crains ni travaux ni douleurs ;

J'errais, par des sentiers que nul rayon ne dore,

Le cœur plein de regrets, les yeux baignés de pleurs;

Mais te voici : soudain l'orient se colore.

De pourpre et d'ambre, aux feux d'une joyeuse aurore,

Et les âpres sommets se pavoisent de fleurs.

Comme au bruit d'une étrange et charmante nouvelle. J'ai tremblé ce matin en saluant ce jour.

Venise s'endormait sur ses lagunes molles ;

Un ciel d'hiver pesait sur le Dôme assombri ;

Et novembre imposait au Lido défleuri

Un brouillard de légende où passaient des gondoles.

L'Adriatique avait éteint les girandoles Dont se pare, en été, son azur orfèvri ; Tout était morne et froid, de Ravenne à Bari, Et des ports calabrais aux rades l'omagnoles.

Mais, dans la brume éparse où les flots et les vents Avalent enseveli leurs allégresses mortes. J'ai cru voir un éveil de rayons triomphants ;

Un soleil printanier fit flamboyer les portes

Où saint Marc, nimbé d'or, accueille ses enfants,

Et l'heure au timbi-e clair chanta vos dix-neuf ans.

[nveni unam preeiosam margaritam (jurnn inthno corde coUcgi...

HENRI n A L n R F. T .

Maintenant, c'est Paris et sa morne cohue; La face des maisons s'éplore ; la pâleur De décembre s'attriste aux squares sans couleur, Et des gens ennuyés se hâtent dans la rue.

La plainte des tramways traîne une aigre clameur; Le long du trottoir sombre où la foule se rue ; Le gaz combat la brume incessamment accrue ; C'est la saison funèbre où la lumière meurt.

AUTRE AxNNlVKRSAIRE

Mais qu'importe ? Je t'aime. Et notre amour fidèle, En écoulant chanter l'heure au timbre d'argent, Croit entendre, après tant de jours, le même chant !

Heureux qui peut garder, quand tout tremble et chancelle. Des sentiments anciens dans une ànic nouvelle, Et son cœur inmiuable en un décor changeant !

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