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SAGESSE ANCIENNE

J'allais, un jour, par le sentier, A travers le val forestier, Songeant tristement à ma mie :

Le soleil était printanier ; Le val avait l'air d'un panier Parfumé d'ache et d'ancolie ; J'allais, sous la branche jolie Qui, flexible s'incline et plie

SAGKSSE ANCIENNE

Ainsi que le jonc du vannier ; Ma belle, tant douce et polie A le charme divin qui lie La bachelette au bachelier.

Ma blonde a des yeux attendris ; Les jjIus tristes maux sont guéris Par la candeur de son visage ; De mes peines j'aurai le prix Quand je verrai les seins fleuris Qu'elle emprisonne en son corsage.

Mais c'est une fille très sage ; Elle désapprouve l'usage Qui veut qu'on préfère aux maris Les gentils amants de passage...

Bref, je demande en mariage Celle par qui mon cœur est pris.

Melle-sur-Bûronnc, 20 mai 18..

LA NOËL DES PAUVRES GENS

AJesle, fidèles, lœli, triumphanles.

Hymne pour le jour de Noiil.

Noël ! Du haut du beffroi,

Dans le froid.

Voici l'horloge rustique.

Qui vient d'égrener sur nous

Douze coups Aussi joyeux qu'un cantique.

LA NOËL DES PAUVRES GENS

Noël ! Un grand manteau blanc

Sur le flanc De nos collines s'étale ; La neige a mis un linceul

Au tilleul De la douve féodale.

La garde, aux tours du castel,

Sous le gel A murmuré des prières.

Plus d'un visage meurtri

A souri Sous le masque des visières.

Noël ! chacun est content ;

Le battant De la cloche carillonné, C'est le plaisir du bon Dieu

Qu'en tout lieu La chrétienté réveillonne.

LA NOËL DES PAUVRES GEiNS

Noël ! Messire le Roy,

A l'étroit Dans sa chambre enluminée.

Pour bien traiter ses amis,

Les a mis Sous sa haute cheminée,

Au Louvre un brasier d'ormeau.

C'est très beau.

Quand on met beaucoup de bûches Là-bas, on donne aux meilleurs

Des seigneurs.

Le pain frais qui sort des huches.

L'évêque en son évêché

A cherché Sa plus idoine vaisselle.

Et dénoué pour manger

Du gibier Le fil de son escarcelle.

112 LA NOËL DES PAUVRES GENS

J'ai VU paître dans le pré

Du curé Une bête débonnaire Qui doit donner, ce malin,

Du boudin Aux hôtes du presbytère.

Pauvre diable en mon taudis,

Je me dis Qu'il ne faut point se morfondre J'ai du vin blanc, pas trop neuf,

Plus un œuf Que ma poule vient de pondre.

J'ai de l'ail et du pain bis ;

Ma brebis M'a donné quelques fromages ; Je vois l'Astre qui conduit

Dans la nuit Les bergers et les rois mages

La meunière et le meunier

Du fermier M'apporteront de la graisse.

Chers voisins, Noël ! Noël !

C'est l'appel De la cloche d'allégresse.

Nous ferons un bon repas ;

Pourquoi pas ?

Qu'importe une maigre chère?

Jésus est né ; le bon Dieu

En ce lieu Bénira notre misère.

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