‹ Le rythme de la vieChapitre 57 sur 85 · CHANSON DU SOIR · texte numérisé non relu

CHANSON DU SOIR

A Madeleine M.

L'horizon, ce soir, s'est décoloré Dans la fauve ardeur d'un blond crépuscule ; Le soleil décline, et le ciel doré.

Ainsi que le fond d'un tableau recule- Dans la fauve ardeur d'un blond crépuscule, La mer, elle aussi, teinte d'or vermeil, Ainsi que le fond d'un tableau recule, En voilant d'azur l'orbe du soleil.

CHANSON DU SOia

La mer, elle aussi, teinte d'or vermeil. Décor fastueux de cette agonie, En voilant d'azur l'orbe du soleil.

Veut glorifier la fête infinie ;

Décor fastueux de cette agonie,

L'Océan, nimbé de pâle carmin.

Veut glorifier la fête infinie

Que la nuit immense offre au genre humain.

L'Océan, nimbé de pâle carmin.

Déjà constellé des fleurs de lumière

Que la nuit immense offre au genre humain,

Semble un grand parvis, fait d'étrange pierre.

Déjà constellé des fleurs de lumière Éparses au ciel, — le golfe charmant Semble un grand parvis, fait d'étrange pierre, De saphir limpide et de diamant.

l88 CHANSON DU SOIR

Éparses au ciel, — le golfe charmant Etalé dans l'ombre où brillent des flammes De saphir limpide et de diamant — Les étoiles d'or font luire les lames.

Étalé dans l'ombre où brillent des flammes, L'Océan se pâme aux langueurs du soir ; Les étoiles d'or font luire les lames Que le remous brise au pied du musoir.

L'Océan se pâme aux langueurs du soir ; On entend pleurer les vagues mourantes Que le remous brise au pied du musoir En un va-et-Yient de clartés errantes.

On entend pleurer les vagues mourantes Autour de la digue, au delà du port ; En un va-et-vient de clartés errantes La mer, peu à peu, s'apaise et s'endort.

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