ÊS
I Extrait do roavmgo -^^ de M. r«bbë Teppe
p. 1&5 et 8uiT.
Neume*.
St. Gall p. 11.
Il est aisé de comparer^ les diverses traductions du même signe pour juger de Tincohérence du système.
b) SCANDICUS Dérivé direct du Podatua^racine (Voy. Tab. IIP).
Pour la notation des groupes composés de 3 ou plusieurs sons ascendants, les anciens neumatistes employaient deux figures (v. ex. 39).
Le groupe « Scandicus » est composé de 3, 4, 5 et même 6 notes, conjointes ou disjointes ascendantes.
Nous pouvons reconnaître dans le manuscrit n® 339 de S' Gall neuf sur dix des rythmes spécifiés possibles, au début de cette étude.
Le lecteur se reportera à la définition du caractère de chacun d'eux, page 24.
Toutes les formes rythmiques du « Scandicus » sont usuelles ; s'il s*en rencontre une peu usitée, elle sera donnée en même temps que le rythme avec lequel elle doit s'identifier.
Rythme P.
C'est pour ce rythme que les anciennes notations neumatiques nous montrent deux formes graphiques :
rè'
Ex. 89.
Orad. tiYidenmtn.
St. Oallp. 11. Orad. p. 34.
ter-ra — — —
Les deux notations se suivent sur la même syllabe et les notes exprimées sont les mêmes; on peut en conclure que le premier signe n'est qu'une forme atténuée cursivement de y, et qu'il indique le rythme d'exécution: première note détachée légèrement, les deux autres coulées; dans le deuxième signe, les trois notes au contraire seraient liées ensemble sans rescision rythmique médiane, mais sans être traînées néanmoins.
Nous trouvons les mêmes formes graphiques usitées dans la notation des mêmes mouvements mélodiques ascendants de 4 et 5 notes.
Ex. 40.
ve — niet faci-as —
Grtid. «EzSlon».
St. Qall p. 2.
Qrad. p. 4.
Ail. ic Exdta Domine t>.
St. Oall p. 4.
Orad. p. 8.
adju —
AU. Cl Qui ttmentw.
St. Qall p. 129.
Grad. p. 857.
ce — drus
(longue Vocaliae)
AU. « Jastns at Pal ma ».
St. Oall p. 1 0.
Grad. p. [47],
Nous faisons toujours renvoi au gradualis de Solesmes pour les notes exprimées par les neumes, ne voulant en aucune manière introduire une variante nouvelle sous prétexte de corrections admissibles * dans la mélodie. Par contre, on remarquera dans ces renvois combien les éditions actuelles respectent peu, par moments, la notation neumatique primitive en recoupant tous les groupes neumés d'après des principes qui, s'ils existent, nous échappent complètement. Pour nous, nous traduisons le monument antique en empruntant la « note » de l'Edition bénédictine qui concorde dans la majorité des cas avec celle de l'Édition de Reims et Cambrai^.
Rythme IP.
Tout le groupe est plus appuyé, un poco ritenuto ; le sens mélodique de la phrase le commande toujours.
* Dont nous parlerons plus tard.
* On sait que la version de Reims est la traduction du manuscrit bilingue de Montpellier.
Ex
pa -- riet
Oom. n ISeoo Vf r(fo h.
8t Gall p. 6.
Qrad. p. tS.
Off. «Tal snnti».
St. OjiII p. IX.
Gnd. p. 35.
commovebitur —
Qrad. uA4)uTahit».
St. Gall p. t7.
Grad. p. [65].
SCI
- - tis
Corn, u Dominas Jeiofl»!.
St. Gall p. 70.
Qrad. p. 180.
Rythme IIP.
La dernière note du groupe est liquescente ; c'est une sorte de labiale musicale dont l'emploi est rare avec le mouvement mélodique du Scandieu s; en voici néanmoins un exemple :
pno — cipciii
lut «SUtnlt».
St Gall p. SI.
Ed. Reima p. 87.
Grad. p. [8].
Il est curieux de remarquer que, pour les autres signes portés au tableau comme existant réellement dans la notation de S* Gall, la transcription bénédictine sous-entend un autre signe, ainsi : j^ sur le mot ^arami^ de l'oflF. € Stetit Angélus "^ (S' Gall p. no. Gradualis p. [78]), ce signe est traduit par un porrectus :
Ex. 43.
et l'Édition de Reims nous offre la même version mélodique?...
Toute cette classe de groupes ascendants avec note finale liquescente est assez confuse dans la transcription des manuscrits sangalliens.) Tantôt ils sont traduits par le Scandicus comme dans Tex. 42, tantôt par le € Torculus resupinus » (v. p. 79 et suiv.).
Le signe neumatique est le même dans les deux cas, et les manuscrits notés nous offrent l'une ou l'autre traduction.
A moins d'erreur bien évidente, il est sage d'accepter la version notée la plus ancienne.
Ces sortes de groupes sont rares dans les pièces conservées de nos jours dans le « gradualis ».
Leur emploi le plus fréquent se trouve dans les vefsets d'offertoire, aujourd'hui supprimés.
Ces versets sont très chargés de neumes compliqués, et les mélodies sous-entendues par ces neumes devaient être riches de rythmes peu usuels, mais non à dédaigner. Ce sont de véritables pièces de virtuosité vocale, qui sont perdues pour nous. Au point de vue scientifique, on ne peut que le regretter.
^s'xM-i-
lit -.
Rythme IV«>.
Les groupes scandicus avec quillsma médian sont extrêmement nombreux. L'ornement bref coulé* paraît avoir été très en faveur parmi les premiers compositeurs. Bien exécuté, il est souvent ravissant de délicatesse et atténue la dureté tonale de certains passages mélodiques. Le procédé à employer pour le bien rendre consiste à éiudier le groupe en supprimant d'abord cette note brève, et lorsque la voix est bien assise, lorsque les autres notes du groupe sont également bien posées dans la voix, on rétablit la note brève à sa place, en la coulant sans l'appuyer. Il ne faut pas oublier que le chant grégorien est de Fart vocal italien, dans sa plus grande pureté originelle.
Ex. 46.
ip^
videbitis —
OroJ. {(UodleSeloUs».
St. Gall p. tf.
Grad. p S4.
por - las Dorai — ne Ec —
ce
Chris — ti
Off. icTolIite>K St. OftU p. 9.
Grad. p. 2G.
AIL uVeni Domliie»! Off. u Confortainloi» Int. » Sacerdotea ». St. Gall p. 9. St. GnU p. 5. St Gall p. IB.
Grad. p. %t. \ Grad p. 11. | Grad. p. [S4].
On doit remarquer que les livres de Solesmes et de Reims suppriment la note inférieure de ce dernier groupe (ex. 46. E.) ; nous respectons ici leur notation sans chercher à l'expliquer. Le signe neumatique indique trois notes ritenuto avant la note brève ; il en manque donc une dans les livres actuels.
« Voy. p. 18.
t— • <■».■•»* ■ f J-.il W 'l i » '» • £• £,««*iMjMMM«M«M4H>.
Rythme IV<>W8.
D'un emploi assez rare. En voici un exemple (mal transcrit dans le gradualts de Solesmes, puisque, indépendamment du recoupage en deux groupes, le mouvement mélodique final de la liquescence ' est inverse de celui indiqué par le neume).
Traduction de St. Gall.
Ex. 47,
pp^^
su - per
me
(Neomes aocui-eut.;
iDt «RMurrexlra.
St. G«U p. 78. ~
Gradualis p. tt& •-» — ^^
su-per
Rythme V<>.
Groupes exécutés piano, très légèrement, « perdendosi » :
Ex. 48. -
Isra - cl
Traot«c Qui régit».
Ëinsiedeln p. 20.
Orad. p. 19.
psal-len - tes
Int . u In Exoolao ».
St. Qall p. 19.
Qrad. p. 54.
Tar - dai'e Mirabi — le Terra —
Ail. itVenl Domine »
Ôt G&Il P( 9.
Grad. p. 22.
Qrad. <* Benedlctus »
St. Gall p. li.
Grvd. p. 31.
Grad. («Vlndleao.
St. Gall p. 9«.
Grad. p. 480.
Rythme VP.
Groupes de même style que les précédents, mais les premières notes sont plus accentuées. Les finales redoublées, p, {Nuance diminuendo).
e-jus —
off. oJabllateM.
St. Gall p. 20.
Grad. p. 59.
or — boni sal — vuni
off. «Dans enlm».
St. Gall p. II.
Grad. p. 32.
Grad. ciSalvum
fac Servam n.
St. Gall p. 41.
^ Ne pas oublier que la note liqueacente compte rythmiquement dans le groupe; ici 3 notes. Tandis que le quilisma ne compte pas, à cause de sa brièveté.
* Le Manuscrit n» 121 d'Einsiedeln remplace les deux traits par deux points, ce qui est une question de goût momentané de la part du copiste, ou peut-être la notation selon un usage local. Ces petites différences n'infirment en rien notre théorie.
Rythme VHP.
Groupes de môme style, notes finales redoublées et largement soutenues.
Tf- i •» • .
Ex. 50.
Domi-nc
Qnid. it Univeni ».
8t. Oall p. 1.
Orad. p. S.
ve — m
AU. («Venl Domine n
St G «Il p. ».
Orad. p. SS.
Rjrthme IX'
Groupe composite, nuances variables:
Ex. 51.
ote.
ven
Off. (lAre MarUn.
Si. Otll p. 8, Qrad. p. 2S.
La nuance est bien évidente dans le premier groupe, puisque le groupe se répétant identique, cette nuance appuyée sur la première note n'existe plus dans le second groupe.
Les deux premières notes sont liées, la finale détachée dans cet autre groupe à rythme scindé, nuance
Ex. 52.
Ji bi-la —
Off. c« jab:Ute Deow.
8t Qall p. 20, Grad. p. 5)
(et nombreux Ititroïu)
La scission est inverse dans celui-ci de même style, la première note appuyée^ les deux finales liées :
MtiMf*à
irrita
Ex. 58.
Off. «Invcnl David»
8t Gall p. 16, Grad. p. [32].
In - ve — ni
Rythme X<».
Groupe avec répercussion de notes médianes, créant syncope intérieure;
ly
Int. uQnAflinodoN.
8t Gall p. 8S, Grad. p. t37.
. Gc —
(niU)
Ex. 55.
Jus- U — — Uam
Int. oDIlexIsti»
St. Gall p. S, Grad. p. [6B].
îr">>
c) TORCULUS Dérivé indirect du Fodatns^raoine. (Voy. Tab. IV*).
La raison qui doit faire considérer ces groupes comme dérivés du podatus-racine ayant été suffisamment expliquée au début, il est inutile de nous y arrêter plus longuement.
Signalons seulement le mode d'écriture des 'syncopes médianes * qui ne laisse place à aucun doute. En existerait-il, que les lettres romaniennes des manuscrits le lèveraient immédiatement.
* R. Xo. p. 5o.
Rythme P.
Ex. 56.
ma — ne
Int c(HodleSdAt!fl.i.
St. QaU p. 9.
Qrad. p. 14.
AU. uEzeltan.
St. aall p. 4.
Grad. p. 8.
Int (f Lnz falgeblti).
Ht. Gâll p. 10.
Gnd. p. SO.
AU. uExelUu.
8«. Q«ll p. 4.
Grad. p. 6.
Int. M Lux f olgeblt u.
St OaU p. 10.
Grad. p. 90.
Ces groupes sont les plus usuels ; Texécution en est legato mf, sans nuances particulières.
Rythme IP.
Mêmes groupes, nuance sosfenuio, toutes notes un fioco marcato ritenttto. Les groupes ainsi écrits donnent à la phrase une allure un peu déclamatoire en rapport avec le texte ainsi exprimé :
Ex. 57.
su-per
Int. (iLuxfuIgebltti
St. Gall p. 10.
Grad. p. SO.
SU
— pcr Jérusalem Do minus.
do
Grad. n Omncs de Saba n.
St. Gall p. 18 Grad. p. 62.
Int. «( Hodie S«I otis >i
St. Rail n. 0.
\, «noaieooiet St. Gall p. 9.
Grad. p. 24.
- Cit
Off. KDextera».
St. C}all p. 24.
Grad. p. 61.
.-rit-
.rit^:
iiioritur
■ r i '"T -t — H ^ '- — ^ ~.0JÊ. — iJ-J
confun — dar
Grad. (( Exilt acrmo »
St GaU p. 14.
Grad. p. 39.
Ail. tcin te Domine H
St. Gall p. 127.
Grad. p. 309.
AU. «Justin.
St. GaU. p. 132.
Grad. p. [26].
^ A la fin d*un membre de phrase ce signe conserve sa valeur rallentendo, même s'il est précédé de signes indiquant des nuances moyennes du rythme i* (voy. Tableaux}.
«HV
Rythme III^
Ceux-ci, avec note liquescente finale, sont d'un emploi naturellement restreint, puisqu'ils ne traduisent, généralement, que les syllabes diphtongues sonores an, tn, en, tim, etc. . .
Par contre, et de ce fait, on les trouve obligatoirement employés, tandis que pour tous autres ce n'est qu'une question de goût, ou d'inspiration mélodique.
if . S rx P f 7 /^.
ji 9
Ex. 58. """
Con - fun - dan - tur con - fun - den - tur
Comm. »Confandantur*i.
St Gâll p. lis Qrad. p. [5)].
Gnd. (cUnlrersi».
8t. Oall p. 1. Qrad. p. f .
Ces deux exemples sont curieux à étudier.
Il faut remarquer, dans l'ex. A, le torculus accentué dans sa première note, accentuation caractérisée par le trait inférieur. Cette accentuation correspond musicalement à l'appui de la voix dans l'émission de la syllable du texte, accentuée elle-même toniquement. On voit, dès ici, la grande cohésion du style grégorien, texte et musique se compénétrant intimement.
Dans l'ex. B, qui contient 4 liquescences, remarquons que les deux torculus sur les syllabes funden sont également à trait inférieur. L'intention de l'auteur est bien évidente: appuyer chaque première note du groupe pour obliger le chanteur à ne pas presser, sans quoi le groupe composé qui suit sur hir serait précipité et à contre-style. L'ensemble sera donc largement déclamé et la notation neumatique se révèle, comme toujours, l'admirable traductrice de la pensée du .compositeur. Remarquons enfin que ce dernier groupe composé est ternaire dans ses subdivisions et continue le rythme général qui le précède, ternaire également.
Tout est donc parfait dans ce membre de phrase.
aujiM M.m ' ■ jatPJ g i ' wsj j » ■
Rythme IV^
Groupes très fréquents.
L'emploi de ces rythmes à note brève médiane imprima à la phrase un cachet d'italianisme très prononcé. Cette note brève est la véritable appogiature expressive de l'Art italien des derniers siècles.
Les exemples à donner en sont innombrables; les principaux groupes usuels sont les suivants:
lofnto
Ex. 59
rit
les.
(ILUsi) marc. {}lfX.Hiào) rit.
S»cu-la —
Qrftd. « Liberastl ».
St. Oall p. 12fi.
QnUI. p. 359.
AU. ciOmnM gentea »
St. Oall p. It7.
Qrad. p. 811.
ip:
e — nuti'iet placu-it —
Int. (iDam elamarem ».
St. GaM p. 34.
Grad. p. 317.
Qrftd. «Ecoe Sacordos».
St. Oall p. 1(3.
Qrad. p. 44.
po — pulura
Grad. u Ta ob Deas»
St. Gall p. 8S.
Qrad. p. 70.
qui — -^ deducis
le —
De (vocalise) u — na tu —
ain
Qrad. nRodleSc'ottsnlInt. aDomelamaremtijGrftd. uA^Juvabit». 8t Qall p. 9. I St. Gall p. 34. St Gall p. 27.
Ora4. p. 25. | Grad. p. 317. | Qrad. p. [65j.
Int «Proteotonn St Gall p. 11».
Grad. p. 930.
Grad. uTlmobanti>.
St. Gall p. 24.
Grad. p. 60.
Rythme IV*» ^u
Groupes de rythme composite 3° et 4*», ou initiale, et finale liquescente.
Ils sont d'un emploi assez rare.
avec note brève médiane
Ex. 60.
rf-
con-£or - Ubus
lut. itDllexIsti».
st Gall p. 3.
Grad. p. [58j.
Ail. uRepleblmnr)!.
st. GaU p. 127.
Grad. Mëant.
ad - julor placuit
Intr.H Aodivit».
St. Gall p. 84.
Grad. p. 80.
Grad. H Ecce Sacerdo8 ».
St. Gall p. 16.
(voy. tx. 59 B 2}.
confun - dar
AU. uln Ton.
St. Gali p. 127.
Grad. p. 309.
Rythme W
Ce groupe revient fréquemment et représente, le plus souvent, les mêmes intervalles quelle que soit sa place dans l'œuvre où il se rencontre :
Ex. 61. mzz^ a^^
Tndt.uCommovUU»
St. Oall p SI.