I - ni - mi — Cl rae - I
Rythme IIF.
La note finale du groupe est liquescente. Dans la théorie ancienne, on nomme ce signe « céphalicus ». On sait sur quelles syllabes ces signes liquescents sont employés. L'exemple suivant est caractéristique à ce sujet; on a vu le même avec d'autres signes, ex. 58.
Ex. 148.
Grad. u Univers!»
St. Gall p. 1.
Grad. p. 2.
non con - fun - dcn - lur
i Même observation que pour le Torculuz de même rythme. Voy. page 4^, note de Texemplc 57.
On le trouve, comme pour le podatus, employé pour traduire des syllabes sèches, telles que :
Ex. 149.
et la — a
Off. uTal sont Call».
8t. Gall p. 12.
Grad. p. Sft.
Rythmes IV^ et V> : Néant.
Rythme VP.
Nuance diminuendo mf
uy
fiolesmes doit ce dernier groupe
T ^^ gj ?
di - es — — su — per — nie
su - per — —
AU. «DIes sanetlficatiun.
St. Gall p. 12.
Grad. p. 84.
iDt. «ReenrrexÎH.
Grad. p. 81K.
Nous donnons le membre de phrase suivant, complet :
Ex. 151.
• iLf l^:rl!fr S"-i[g
Off. (iBenedixIsUn.
St. Gall p. 4.
Grad. p. 0.
Cap-ti - vi- ta - lem Ja — cob
I® Parce qu'il est évidemment de rythme ternaire et parfaitement équilibré ainsi;
2® Parce que l'Edition Bénédictine a changé le rythme neumatique, et Féquilibre est rompu :
Neames soas>entenda8 i.
Ex
Cap-ti- vi-ta- lein
Ja-cob — — — — — —
' Représentation des neumes en noiaiion de Solesmes,
Rythme VIP.
Nuance crescendo p — =C mf ou i.
Rythme VIII"
Nuance ritenuto-J-sostentUo.
Brlbma ttnmlre.
Krlhme bloiSra,
rrrr
Com. «Conrnndulur». 1 Int. .iJubUiUi», 81. 0(11 p. lit. 81. 0*11 p. 94.
Onid. p. |B3]. GiKd. p. tW.
Rythme X°.
Groupes à syncope médiane (ou rythme assimilé).
Ond. i.Qul BsJei^i. 1 Griid. nPrope «t». 1 OIT. "Ad ta DomlBï'i SU Uill p, \. Si. GiU p. 4. 6t. QUI p. t.
ar.d. p. 8. I Or»d. p, «. - -
b) CLIMACUS dérivé direct de Clivia-raoine (v. Tab. VIII°).
Le clixnacus est le mouvement mélodique inverse du scandicus, c'est-à-dire trois ou plusieurs notes descendantes conjointes ou disjointes.
La forme la plus usuelle est le mouvement conjoint
le mouvement disjoint procédant par tierces, ou par intervalles variables :
quarte est rare.
puis,
— le saut de
Rythmes P et IP.
Nous les réunissons parce que nous avons un exemple caractéristique des différentes nuances de ces deux ryth^nes successifs :
Ry. lo Ry. Ho
Ry. lo
creiic. ru.
EX. 156. | ^-J7>-7 7f^
est
dim.
Off. «Tui sunt cœli».
St. Qall p. IX.
Qrnd. p. 36.
— ter --
ra
A quel indice reconnaître cette variation d'expression dans l'Édition Bénédictine? et comment nier la volonté du notateur? Le clixnacus suivant est rallentendo Rythme IP.
Ex. 167.
Grad. uEccesacerdO')».
St Oall p. IG.
Gnd. p. 44.
ma — —
gnus
Dans l'Édition Bénédictine, les deux derniers groupes sont recoupés :
Neumes tous-ent.
EX. 168. ^^;^ /^ -g3=g
St. Gall
note liqaeaoeiito supprimés.
Trop de fois, malgré nous, de pareils changements ont été signalés jusqu'ici. Le lecteur comprendra toutefois que tous les renvois étant faits à cette édition bénédictine fautive *, nous sommes tenu d'en montrer les erreurs, pour ne pas être accusé nous-même de traduction fantaisiste. Aussi n'est-on pas peu surpris en constatant, d'une part, ces changements constants apportés au rythme primitif (et ce, sans raison valable), de lire, d'autre part, dans les écrits des défenseurs de la restauration bénédictine, que ses livres nous remettent sous les yeux le véritable chant de Saint-Grégoire *.
Rythme IIP.
La note finale est liquescente.
8t. Qall p. 9.
Ex. 150
por - tas
Neames 6o*J8-ent.
qao Soleames ---— traduit p. 86. — ^—
Off. uTollito portas n. ^^^I^
nrerr-
por — tas
Nous considérons ce groupe comme un cllmacus à liquescence finale, par pure condescendance pour l'Édition Bénédictine et pour respecter les notes qu'elle donne, mais pour nous ce climacus prétendu est une simple clivis à redoublement de note finale, nuance diminuendo :
i Ce quMl est juste de reconnaître, c^est que 9eule elle donne le nombre exact des notes exprimées par les neumes, ou peu s*en faut. A ce titre on lui doit des égards.
' C*est du moins Taffirmation de M. le chanoine Cartaud.
Ex. 160.
por - tas
L'échappée inférieure liquescente « sol » des bénédictins nous paraît même très mauvaise artistiquement sur une syllabe aussi rugueuse de prononciation que «r-/a5». La liquescence unissonnante, que nous croyons la vraie forme de l'émission vocale antique, est infiniment plus douce.
Les deux groupes suivants sont de véritables climacus liquescents :
Ex. 161.
ten — tationero
Ail. uBeatos ylri>.
St. Oall p. 130
Gr«d, p. [42].
sa! - vum
Ali. «Domine Deu».
St. Gall p. ive.
Qrad' p. 466.
(Le mot <^Salvum> de l'ex. B est remplacé par ^Sanasiii^ dans le texte actuel.)
Faisons une simple observation sur ces deux exemples. Dans l'Édition Bénédictine VA est traduit par le climacus simple, le B par un climacus simple également, mais de cinq notes avec le ré inférieur ? Ce fait nouveau montre le peu de logique apporté à la transcription primitive. Pour être logique en effet, il faudrait: ou i° que le groupe ex. iSg fût traduit par un climacus simple, pour ne pas donner tort à la notation de l'ex. i6i, A et B, ou, 2* que ces deux derniers groupes A. B. fussent traduits:
Ex. 161 *«
pour donner raison, ou une apparence de raison, à la notation de l'ex. iSç. La chose est plus simple, en vérité, on n'a pas dû regarder les neumes, et la seule tradition mnémotechnique locale a fait trancher la question dans un sens ou dans l'autre, sans coordination.
Rythme VII*.
Nuance crescendo, note initiale «t piano » redoublée:
Ex. 162.
pronuntiavi
Off. u Renedlotas es ».
St. Gall p. S2.
Qrad. p. 72.
no
— s Ira
Off. « Anima nostra »>.
St. Gall p. 15.
Qrad. p. 4i.
den — tibus (descendcntibus)
Grikd. uSah'Uxn fae popalam».
8t Oall p. 44.
Grad. p. 106.
Il ne faut pas croire que ces groupes sont inadmissibles, parce qu'ils sont trop chargés de notes ! Il n'en est rien. Les pièces contenant ces sortes de groupes sont écrites tout entières en neumes compliqués, et l'allure générale en est plutôt lente * ; la quantité de notes atténue cette lenteur, et la lenteur du mouvement atténue la rapidité de ces successions de notes, comme en musique moderne nous voyons les mouvements « adagio » des pièces classiques écrits en doubles et triples croches. C'est un trompe-l'œil pour les amateurs, mais les musiciens de métier ne s'y trompent pas, et la recoupe de ces temps chargés de notes, en deux ou trois temps moins chargés, plus clairs, moins noirs, — disoils le mot, — détruirait l'homogénéité de Toeuvre. C'est le même procédé qui est employé en mélodie neumée. L'auteur aurait-il écrit :
Ex. 168.
qu'aucune de ces versions € possibles i^ ne pourrait remplacer le legato fondu du groupe authentique (ex. 162^), quand bien même le même mouvement chronométrique serait observé rigoureusement à l'exécution d'une quelconque de ces versions. Il y aura toujours petite rescission rythmique entre chaque groupe; c'est un fait inconscient, mécanique, du cerveau humain, d'être impressionné par la forme matérielle de l'objet étudié.
* On verra dans la deuxième partie ce quMl en est au juste.
Rjrthme VIXX^
Abrégeons ce qui peut l'être sans péril pour la clarté de notre exposé .
Les rythmes classés sous cette rubrique sont identiquement les mêmes que ceux du R. VIP. La différence réside dans la nuance: p et crescendo dans le R. VIP, sosienuto ritenuto w/ ou /dans le R. VHP.
Ces groupes, très employés, sont d'un grand secours pour éclairer le traducteur sur le rythme binaire ou ternaire, lento ou moderato de la pièce à traduire. Ils sont très clairs et ne nécessitent pas d'exemples spéciaux.
Rythme IX^.
Ceux-ci sont composés d'éléments variables indiquant des notes /, w/, /, coulées ou retenues, soit au début, soit au milieu, soit à la fin des groupes.
Les combinaisons en sont à l'infini. Nous n'avons porté au tableau général que ceux dont l'emploi est le plus fréquent.
Le principe général qui les régit graphiquement est simple: toute substitution de trait (') au point ( . ) indique une note un peu infléchie , les autres coulées sans nuances spéciales,
La première note (supérieure) est toujours soutenue. On remarquera deux modes d'écriture dans ces sortes de climacus: le premier /s , le second ^ , pourquoi?
Fixons d'abord que ces deux modes d'écriture sont employés généralement dans les vocalises ! on sait que les vocalises sont des phrases mélodiques de musique pure; or^ cette différence dans le signe indique une nuance d'exécution, tout à fait précise selon nous.
^) Lorsque le climacus est écrit en signes détachés /-: A. etc., la note de tête est souvent le point culminant d'une montée legato précédente (ou fait partie du legato précédent si le mouvement est descendant).
Ex. 104
Tandis que l'autre mode d'écriture a , tout en indiquant souvent le môme point culminant, est généralement détaché du legato précédent, pour indiquer Tappuî sur les deux notes de tête de ce groupe:
Ex. 165.
fl
Où trouver ces minuties d'exécution qui sont l'essence de la mélodie cependant? nos éditions usuelles ont tout saccagé, tout recoupé, après avoir impitoyablement repoussé toute nuance graphique. C'est une amère dérision que nous les présenter comme le chant primitif authentique \\
Voici quelques exemples de climacus R. IX^
Ex. 166.
Domine
Grad. «Dominai Vltam meam».
St. Qall p. 48.
Orad. p. 114.
Ex. 167.
et
ve
le texte primitif portant 8 lyUabes une forte ve — n
allarg.
Rdpons « eollegenint ■ 8t. Gall p. «4.
Grad. p. 151.
ni - cnt
Ex
mi-nus
Grad. «Hco Dlea»
vemet Bonodietna».
St. Gall p. %U Grad. p. 2 il.
Ex. 169.
Spi - ri
(um
Off. (( Elegenint n.
8t. Gall p. IS.
Grad. p. 38.
me — um
* Voy. Ex. iSg, p. 78, un exemple similaire.
Remarquons :
a) Dans Tex. i66, le second climacus indiquant par sa forme qu'il appartient au legafo précédent, et le départ de Tinflexion est reporté à sa deuxième note (c'est encore notre procédé d'écriture de la musique pour violon ; il y a legato avec inflexion, sans lever l'archet!).
b) Dans Tex, 167, les groupes 3 et 4 indiquant le crescendo et legato d'expression à cheval sur ces deux groupes. Si ce n'était pas la nuance voulue, il y aurait une quelconque de cinq ou six écritures différentes pos- , sibles. Ces groupes à éléments de nuances variables sont une des grandes ressources de la notation neumatique pour obtenir la fusion complète des différents groupes composant un même membre de phrase. Transcrivons ce passage sans neumes, ni annotations, en moderne:
Ex. 170.
et ve
m - ont
c) Dans l'ex. 168, les 2 traits substitués aux points dans le climacus de cinq notes indiquent évidemment qu'il ne faut pas presser ce groupe, mais, au contraire, le descendre un poco ritenuio pour obtenir le legato fondu de toute la vocalise. Le mot Dominus l'exige. Supprimez les deux traits, rétablissez les deux points, toute la vocalise s'élancera au but d'une façon indécente.
d) Ex. 169, une des plus ravissantes vocalises brèves que nous connaissions dans la liturgie neumée! Que devient-elle dans l'exécution prônée comme traditionnelle?...
Rythme X°.
Syncope médiane ou rythme assimilé :
Ex. 171.
rss rit.
f rit.
"in
Do — minum Âpostoli Steph...,
(début de la Vocal.)
Grad. uVidernnt».
St. Gall p. n.
QrtML p. 34.
Off. «Elegerant».
St. Gall p. 13.
Orad. p. 37.
ostende....
Grad. «Domine Deus virtutum ».
Si — tio
Int. «Gaudete».
St. Gall p. S.
Grait. p. 7.
— — Stephanum
Int. («Dom OlanuireaM. | Off. uElegtnint».
St. GaU p. 84. 8t. Gall p. 13.
Grad. p. 317. | Grad. p. 37.
Comment, en présence d'un tel luxe de combinaisons représentant toutes le même dessin mélodique, nier le sens certain attaché neumatiquement à chacune d'elles, et ne voir dans les neumes qu'une « ébauche de notation » /
Le rythme A est ternaire;
Le rythme B est binaire composé 2X3. C, D, E, F sont binaires;
C) est tout entier ra//° marcato;
D) est infléchi sur la syncope, le « la » est en quelque sorte Tappogiature lourde supérieure du groupe;
E) au contraire est ritenuto sur la dernière note ;
F) est comme Z), sauf la finale coulée liquescente.
Comment enfin, peut-on soutenir que l'introduction de nuances graphiques sur la ligne notée est incompatible avec le genre de la mélodie antique? Avec le genre que l'on prétend lui imposer ^ oui certes, elles seraient mauvaises, mais avec la mélodie neumée traduite en notation moderne elles sont indispensables f à moins que Ton n'arrive à chanter de mémoire sur les neumes, ce qui paraît irréalisable.
c) PORRECTUS dérivé indirect de la oli-via'raoine (V. Tab. IX^).
Le Porrectus, qui complète la série des transformations simples du signe-racine « clivis », est l'inverse du Torculus, en tant que mouvement mélodique.
Ses modifications de nuance et de rythme sont très peu nombreuses, comme on a pu le constater déîà pour la clivis-racine et son dérivé direct le « climacus )»•
Cette simplicité de combinaisons nous commande, pour éviter les redites, fastidieuses maintenant, de traiter les deux classes Porrectus et Porrectus resupinus simultanément
d) PORRECTUS RESUPINUS
C'est le mouvement mélodique du porrectus simple avec une ou plusieurs notes post-adjointes en mouvement mélodique inverse de la marche du dernier intervalle du signe simple.
Traitons-les tous deux dans les mêmes exemples, on les reconnaîtra aisément.
Rythme V".
Ex. 172
tliro - no
lut. «« In Ezoelso tbrono ».
8t. Oali p 19.
Grad. p. 64.
conrun - dentur
Int. uAd te levaTi».
St. Oall p. 1.
Orad« p. 1.
Do - mine
Qrad. « Ab occuUls nie!a»>.
8t. OaU p. 49.
Orad. p. 117.
inti*oi — bit
Off. uTolUtetu
Qrad. p. 26.
Rythme n«.
Retenu « tm poco ».
nt
Ex. 173.
^^ ^f#?ghg=J^
Je - ju - ni — —
Grad. «Ego aatemi dammUiln
St. Gall p. 68.
Orad. p. 172.
Ex. 174. -,
Off. uLœtenturi).
St. Gail p. 10.
Qrad. p. 29.
quoniam — —
Int. <«Ego elamavi»!.
St. Gall p. 48.
Qitid. p. 116.
SU - per ^ —
Qrad. uEzaltabo ta Domine»».
St. GalL. p. 60.
Qrad. p. lift.
— me
Fu\.y-
Rythme IIP.
La forme graphique de ce dessin mélodique étant plus difficile à combiner, on sent un certain tâtonnement dans les différents modes d'écriture employés :
rit.
Ex. 175.
soiten.
mms e — jus protector —
AIL « JablUte Deo ».
St. Gall p. 19.
Qrad. p. 66.
Corn, tt Exnltayit ».
St. aall p. 8.
Grad. p. 20.
Int. uEoee oculi».
St. Gall p. 88.
Qrad. p. 466.
om — nés
Qrad. «Omnes do
Saba)n St. Gall p. 18.
Grad. p. 61.
cor - do
Grad. uToIlile».
St. Gall p. 4.
Grad. p. 10.
A bien regarder ces neumes, on peut leur trouver un sens précis, mais ils sont si rares dans les manuscrits que Tabsence de preuves réitérées, d'un sens réellement précis, engage à la circonspection.
Les suivants, par contre, sont fréquents.
et glo -
Off. iiLtetamlni»
St. Gall p. «S.
Grad. p. 890.
AI — — — lo — luia
Com. t(Surrezlt».
St. Gall. p. 78.
Grad. p. SSl.
Rythme VIP.
Nuance crescendo, note initiale redoublée par apostrophe signe de la
nuance ^ piano i^.
Ex. 177
AU. u Excita Domino ».
Qrad. p. 8.
ve — (vocal.) — ni
Les autres formes de porrectus sont rares. On ne les rencontre d'ailleurs que très passagèrement ; elles dénotent, par ce fait, un emploi momentané pour un but passager. Elles ne feraient que compliquer notre nomenclature déjà longue.
U ne nous reste plus à voir que trois groupes d'ornements très usités et dont le sens réel n'a été entrevu par aucun des théoriciens actuels.