‹ Le rythme du chant dit grégorien d'après la notation neumatiqueChapitre 6 sur 48 · P - X / IP / X · texte numérisé non relu

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Podatus. Clivis.

IP Ces deux groupes, Podatus et Clivîs, étant reconnus et admis seuls fondamentaux, nous verrons comment toutes les combinaisons r3'thmiques dérivées sont notées avec certitude et classées clairement telles qu'elles se présentent sur ces tableaux.

En effet, un mouvement mélodique ne peut se produire que de deux façons : montant ou descendant, Podatus ou Clivis

A) en montant d'un degré vers un autre, peu importe l'intervalle, c'est le Podatus ; et, par analogie, son dérivé direct est le signe indiquant une suite de notes ascendantes 3, 4, 5, conjointes ou disjointes, c'est le groupe Scandicus:

Ex.

podatus scnnd'ciis

Une mélodie ne pouvant se composer uniquement de groupes ascendants — podatus, scandicus — (ou de groupes descendants — clivis, climacus — par. 5. ci-dessous) sans être dure à l'audition, emploie obligatoirement des groupes composés des deux mouvements simultanés ascendants et descendants : ce groupe nouveau, dérivé indirect du signe-racine, devient, dans la famille du podatus, le Torculus et forme le mouvement mélodique suivant:

podatttB. add. Éléments Tt^renlas

Ex. 6.

racine

groupe total rëgalier

etc.

Le même dessin mélodique de 4, 5, 6 notes découle tout naturellement de celui-ci, la notation se transformant selon le dessin mélodique à représenter :

Ex. 7.

Les groupes dits resupinus dérivent à leur tour de ceux-ci, mais pour ne pas compliquer cet exposé, restons-en là pour le moment.

B) Avec le groupe descendant «clivis-racioe» on constate les mouvements et dessins mélodiques inverses.

En descendant d'un degré vers un autre, peu importe l'intervalle, c'est la Clivis ; et, par analogie, son dérivé direct est le signe qui indique une suite de notes descendantes 3, 4, 5, conjointes ou disjointes, signe dit «Climacus».

Ex. 8.

cllv'n

cltmacus

Le mouvement simultané descendant et ascendant est représenté par le signe Porrectus, dérivé indirect de la Clîvîs (comme le Torculus Test du Podatus), et ce dessin se présente ainsi :

Ex. 9.

cl vis. add. Éléments Porreettia

racine

groupe total régulier

Ce môme dessin mélodique composé de quatre notes est peu usité :

Ex. 10.

des autres, il n'y a pas trace, à notre connaissance tout au moins, et nous les croyons innotables neumatiqueraent en groupes compacts dans le système sangallien.

Cette base générale admise, toutes autres combinaisons sont possibles à peu d'exceptions près.

Il est aisé de prouver à l'aide d'un autre argument que seuls le podatus et la clîvis sont fondamentaux.

En effet, admettons pour un moment que, outre ces deux groupes, nous reconnaissions comme également fondamentaux le torculus et le porrectus, nous leur donnerions comme dérivés indirects les derniers groupes de chaque tableau (dont nous n'avons pas parlé afin d'éviter une confusion de classement dans l'esprit du lecteur), c'est-à-dire les mêmes groupes nominaux ^resupinusi^^ (voy. les tableaux V et IX). Or, que sont, strictement, le torculus et le porrectus, sinon: le podatus resupinus et la clivis resupina.

N'est-il pas rationnel, devant ce fait, de reconnaître seuls fondamentaux, les deux groupes, podatus et clivis, tels que nous les avons fixés? et ce, d'autant plus qu'ils sont véritablement à la base de la notation, puisquils ne sont assimilables à aucun autre groupe.

Ils sont bien, paraît-il, la racine de tous les autres, donc seuls fondamentaux ; tout groupe commençant par un mouvement mélodique :

ascendant est dérivé de Podatus, racine; descendant » » » Clivis, racine.

Nous devons écarter de suite une objection possible.

On dira que les manuscrits neumatiques contiennent des signes d'écriture appartenant à plusieurs écoles graphiques et conséquemment qu'il ne faut pas attacher d'importance à chaque figure neumatique en particulier.

^ On appelle groupe resupinus, celui dans lequel la ou les notes ajoutées au groupe» racine rompent le mouvement mélodique du greupe-racine, en opérant un mouvement inverse au dernier mouvement mélodique dudit groupe.

Nous croyons que cette objection n'a aucune valeur. Le fait, par les notateurs d'une époque quelconque, d'avoir employé tous les signes connus prouve, au contraire, que chacun de ces signes a une valeur propre 4 parfaitement respectée; il suffit pour s'en convaincre de savoir lire un

manuscrit et de ne pas s*arrêter seulement sur le signe douteux. Prenez une phrase neumée, analysez-la, vous verrez qu'il est impossible de changer une des figures neumatiques employées en la remplaçant par une autre représentant le même dessin mélodique, par exemple le podatus rythme P substitué à celui du rythme IP et ainsi de tous les autres.

Cette supposition d'emploi irréfléchi de signes appartenant à un autre système de notation, ne résiste pas à l'examen.

Il ne viendra à l'idée d'aucun copiste d'employer indifféremment et selon sa fantaisie les lettres dites anglaises, gothiques, rondes, bâtardes etc.. dans le corps des mots ; notre système d'écriture usuelle peut comprendre des figures de lettres plus anciennement en usage les unes que les autres, mais le fait de leur emploi en bloc dans un manuscrit, prouve leur sens précis dans le système d'écriture adopté, aucune figure ne faisant double emploi. De même en écriture neumatique, sangallienne ou autre, chaque figure a un sens précis et nous n'avons constaté aucun double emploi.

Maintenant que tout est fixé, étudions chaque signe dans toutes ses modifications de nuances et de rythme comme dans toutes ses transformations en groupes dérivés, modifiés eux-mêmes neumatiquement selon la nuance et le rythme, sentis par le compositeur, ou simplement traditionnels à l'exécution, à l'époque où les manuscrits ont été transcrits pour la diffusion dans le monde catholique occidental, des mélodies de la liturgie romaine.

Nous diviserons notre exposé des signes en quatre sections :

i"" Éléments fondamentaux isolés.

2° Podatus et dérivés.

y Clivis et dérivés.

4'' Signes d'ornement.

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