LITE
des électrocardiogrammes qui, réserves faites de la fréquence et de la durée, sont comparables à ceux de l'Homme.
Des trois dérivations standard, c’est généralement la'seconde qui donne les enregistrements les plus nets. Les oscillations principales PRT y sont positives et y présentent leur voltage maximum. Dans les enregistrements faits avec l’électrocardiographe de HELLIGE qui ne permet l'inscription que d’une seule dérivation à la fois, c’est celle-ci qui, le plus souvent, a été utilisée avec la dérivation œsophagienne. Mais, chaque fois que la chose a été possible, les tracés ont été enregistrés dans la chambre de FArADAY sur l’électrofluoroscope de Lran et Minor, permettant l'inscription simultanée de quatre dérivations.
L'idéal aurait été de recourir de façon constante à la dérivation semi-directe, œsophagienne, dont notre Maître a souligné l’intérêt dans l’étude du rythme nodal. Mais il ne nous a pas été toujours possible de l’utiliser, en particulier dans la salle d'opération aseptique, au cours de l’intervention. Aussi, nous n’avons usé de l’œsophagienne que lorsqu'il s’avérait que, malgré l’augmentation maxima. de la sensibilité de l’appareil, les oscillations, en particulier les ondes auriculaires demeuraient invisibles et risquaient d’être considérées comme isoélectriques ou absorbées dans le complexe ventriculaire, éventualité qui ne s’est jamais produite dans l’enregistrement d’électrocardiogrammes chez le Lapin en rythme sinusal, mais dont nous avons dû quelquefois tenir compte pour des animaux en rythme nodal.
L'examen attentif de chacun des accidents qui forment l’électrocardiogramme a été poursuivi sur les nombreux tracés témoins faits systématiquement avant toute intervention et il se dégage de ces observations les remarques suivantes :
L’onde auriculaire P est toujours très nette en D IT et D III ; par
contre, elle se traduit souvent par une ondulation aux limites imprécises en D I. La dérivation œsophagienne la découvre de façon constante.
- Cette oscillation est généralement simple dans les trois dérivations standard (elle est di- ou polyphasique en œsophagienne). Sa forme est celle d’un dôme ou d’un accident aigu le plus souvent ; d’autres aspects morphologiques peuvent d’ailleurs se rencontrer et les ondes P bifides ou polyphasiques ne constituent pas des raretés même dans les dérivations standard.
L’amplitude maxima de l’onde P est notée en deuxième dérivation où la flèche mesure en moyenne 3 millimètres (électrocardiogrammes
no
enregistrés sur l’appareil de Lian et Minor, amplification habituelle : { cm. pour un millivolt). Elle est plus faible : 2 millimètres environ en D IIT et encore plus faible en D I où, souvent elle se réduit à une simple ondulation de la ligne isoélectrique.
Dans la plupart des cas, les ondes P se répètent, toutes identiques à elles-mêmes, et elles forment un ensemble monomorphe. P 3 et surtout P2 laissent parfois apparaître un léger polymorphisme qui, dans quelques cas très rares, devient plus évident. Sur un même tracé, alternent alors des ondes aiguës ou en dômes, ou bien encore quelques éléments di- ou polyphasiques, s’intercalent dans un ensemble d’ondes simples.
La durée de l’onde P, assez souvent difficile à apprécier en DI, en raison du manque de netteté du début et de la fin de l’accident, se lit facilement en D IT et en D III. Elle est de l’ordre de 0,04 seconde.
Entre la fin de P et le début de R est un court segment isoélectrique présentant un très grand intérêt, en raison des modifications notables de durée qu’il peut présenter dans le rythme nodal et lors des excitations des nerfs extrinsèques.
La durée de ce segment isoélectrique, augmentée de la durée de P traduit, on le sait, le temps mis par les stimuli issus du nœud sinusal pour gagner les ventricules.
Get intervalle P R présente une valeur moyenne de 0,06 à 0,07 seconde chez le Lapin en rythme sinusal. Cette durée est relativement fixe. Les variations individuelles notées chez soixante animaux sont très faibles, de l’ordre du centième de seconde en général, atteignant rarement 2 centièmes de seconde.
L'ensemble des ondes rapides par lesquelles débute le complexe ventriculaire est certainement ce qu’il y a de plus caractéristique dans la morphologie de l’électrocardiogramme du Lapin.
L’onde Q est rarement visible sauf en dérivation I (patte antérieure droite - patte antérieure gauche) où, sans qu’elle apparaisse d’une façon continue, on la note parfois.
La flèche R est constamment présente dans toutes les dérivations. Son voltage est en général maximum en D IT où la déflexion mesure en moyenne de 6 à 8 millimètres de hauteur. Mais, tandis qu’en D III, morphologie et dimensions sont assez analogues, en première dérivation l’onde R est réduite très souvent à un simple crochetage apparu sur la ligne isoélectrique.
L’oscillation S a son maximum de netteté en D III. Elle forme une encoche profonde qui suit R. Bien que réduite, elle est perceptible
Te
dans la plupart des cas, en deuxième dérivation, Enfin, en première dérivation, elle s’intercale entre le R réduit mentionné ci-dessus et un deuxième accident de même morphologie et bien souvent de même dimension que le R. Accident qui appartient donc encore aux ondes rapides ; il est suivi lui-même d’un faible accident rappelant S. L’ensemble prend la forme d’un M très caractéristique de la première dérivation. Ges accidents particuliers, fortement atténués, sont, dans certains cas, visibles en D IT ; par contre, en D III, seuls subsistent R et S, avec, parfois, crochetage de S.
Les ondes rapides du complexe ventriculaire s’étalent de façon à peu près constante sur 0,04 à 0,05 seconde. La durée de la flèche R, évaluée au niveau de ligne isoélectrique d’où elle se dégage, est de l’ordre de 0,02 à 0,03 seconde. S a à peu près même valeur, un peu moindre toutefois.
L’onde lente T suit, après un court segment isoélectrique. Elle est tantôt à caractères nets dans les trois dérivations : simple le plus souvent et, dans ce cas, positive, en dôme ou plus ou moins arrondi, ou parfois, polyphasique ; tantôt à peine perceptible, voire confondue avec la ligne isoélectrique, particulièrement en première ou troisième dérivation. Elle est généralement monomorphe ; mais, d’un jour à l’autre, chez un même animal, l’aspect de T est susceptible de variations.
Le segment S T mesuré de la fin de la dernière onde rapide au départ de l’inflexion de T est assez souvent difficile à apprécier par suite du passage insensible de S au sommet de T d’où résulte la difficulté de repérer exactement le départ de cette onde lente. Lorsqu'il est mesurable, S T a une durée moyenne de 0,06 seconde ; T a à peu près la même durée, ce qui donne, pour S TT (ST + T) 0,12 seconde et. pour l’ensemble du complexe ventriculaire, 0,16 à 0,17 seconde environ.
Un court segment isoélectrique sépare T du P suivant. Sa durée. dans le cas d’un rythme normal à 240 est de 0,04 seconde environ, Mais, lorsque la fréquence s'accroît, l’onde lente de repolarisation est à peine terminée que survient une nouvelle systole. T et P se succèdent alors sans interruption quand ils ne se superposent pas.
La fréquence élevée, 240 à 250 en moyenne, par minute, est susceptible de variations importantes avec les individus. Dans une statistique établie sur 60 animaux, nous avons noté, pour le rythme sinusal, comme chiffres extrêmes, 316 et 186. Les variations, pour un même sujet, au cours de deux enregistrements effectués à un jour, voire à quelques heures d'intervalle, ne sont pas rares. Elles sont assez faci-