ÉVOLUTION DE LA FRÉQUENCE CHEZ LE LAPIN EN RYTHME NODAL
Fréquences Pourcentage de diminution de la fréquence Lapins Immédt N° | Normales Après Dial | après |6h. après [24 h. après! 3 j. après | 7 j. après [15 ]. après exclusion 11 257 240 42 40 20 exitus 42 270 240 | 67 32 | 22 12 40 10 13 270 266 32 animal utilisé en expérience aiguë 14 238 66 50 exitus AS 240 63 | exitus | 16, | 80 NN ETer 64 60 | 46 |exitus | | 19 266 135 62 54 23 | 23 | | | 22 21 284 Re 66 13 3 23 | 276 ST A MS 5 | o | +4) +45 24 | 266 59 a 10 | 48° |=40 | 25 207 2 21 30 | 18 16 26 266 39 20 40 0 27 315 42 50 | 35 22 |
En résumé et après avoir éliminé l'hypothèse de l’exclusion incomplète du sinus par l’examen des pièces histologiques prélevées lors de l’intervention, nous pouvons penser que le relais du nœud de Kerr et. FLACK est assuré après sa disparition par un nœud de Tawara d’un automatisme très voisin.
Il ne semble pas que la diminution de fréquence puisse être considérée chez le Lapin comme l’un des signes majeurs en l’absence duquel le rythme nodal doive être nié. Bormanx et MEEk (1931) arrivent aux mêmes conclusions chez le Chien dont ils suppriment le nœud sinusal par le radon. Mais leurs conclusions tirées de l’étude d'animaux suivis durant quatre mois ne sont pas confirmées par les recherches de F. Jourpax et R. FROMENT, exposées dans la thèse de Ch. Finas. En expérimentation aiguë et en expérimentation chronique — l’ob-
MR es
servation de certains animaux s’est poursuivie durant neuf ans — ces derniers notent toujours un ralentissement important, de l’ordre de 30% ou davantage.
Habituellement le rythme qui suit l’excision du nœud de Keirx et FLACKk est très régulier. La fréquence, nous l’avons vu, s’abaisse subitement au moment du serrage des ligatures et si le régime qui vient ainsi de s'installer s'accélère lorsque se dissipent les effets du choc opératoire, c’est de façon régulière, sans à-coups accélérateurs ou freinateurs. Dans quatre cas toutefois les choses se sont passées un peu différemment. Nous ne nous attarderons pas sur l’arythmie constatée le 29 août 1947 chez L.14 où, quarante-cinq minutes après l’exérèse, un électrocardiogramme révèle ce trouble du rythme dont l’origine est très difficile à préciser. L'animal a présenté des signes manifestes de souffrance en cours d'intervention. On a dû pratiquer la respiration artificielle, lui injecter du sérum adrénaliné (quarante minutes il est vrai avant la constatation de ce trouble). Ge lapin succombe d’ailleurs dans la nuit.
C’est également immédiatement après l’intervention que le cœur du L.15 bat d’une façon anarchique. L’arythnue est ici plus importante, diastoles longues et diastoles courtes se succèdent d’une façon absolument désordonnée.
Il est évident que dans ces deux cas, l’intervention sanglante sur l'oreillette a apporté de profondes perturbations dans l’origine des stimuli. Le lieu normal de leur formation enlevé, le nouveau centre de commande tarde à se fixer, il varie à chaque instant comme en témoignent les fluctuations importantes du P R aux mêmes moments (sans qu'il y ait d’ailleurs, nous le verrons par la suite, de liens marqués entre variations du rythme et fluctuations dans la durée du P R).
Sur un fond de rythme très accéléré dont il a déjà été fait mention L.23 présente, dix jours après l’intervention, une légère arythmie qui doit sa physionomie à l’apparition, de loin en loin, d’extrasystoles suivies d’un repos compensateur. Dans ces extrasystoles P est invisible ; en raison de la rapidité du rythme il fusionne avec T (P + T).
On voit également sur le même tracé une série de «trous » dus à l'absence de certaines systoles. Cet ensemble de troubles témoigne
sans doute d’une «boiterie » temporaire du «pace maker » sinusal de cet animal que l'opérateur avait seulement blessé mais non excisé.
Au voisinage de ces exemples d’arythmie on doit ranger l’allorythmie qui est subitement apparue le troisième jour suivant l’intervention et qui à disparu le même jour chez le L.21. Le tracé (fig. 14) révèle l’existence de deux sortes de complexes. Les uns dans lesquels la phase initiale rapide montre tous les caractères des complexes ventriculaires habituels. Alternant régulièrement avec ceux-ci, se voient des complexes ventriculaires tout à fait différents, caractérisés par la longue durée de la phase initiale (5 à 6/100€ de seconde). Si nous appelons R la flèche positive du complexe de type normal et R' la flèche positive du complexe de type élargi, nous constatons que la durée RR’ est plus brève que la durée R’R. D’autre part les ondes P sont également espacées. On les retrouve en effet le long de la branche ascendante de R’ ou au voisinage immédiat du pied de R’, quelquefois même il est difficile de les discerner car leur chronologie les fait exactement coincider avec le complexe R'.
Les complexes atypiques ont, nous venons de le voir, une phase initiale de longue durée. Cette durée est celle que l’on observe habituellement chez le Lapin au cours de l’extrasystolie ventriculaire. L’altération du sens des déflexions, avec une onde S profonde, large et crochetée dans le cas de la figure 14 (page 72) évoque l’idée que ces systoles sont commandées par un foyer dont la situation est nettement ventriculaire et de ce fait on est conduit à envisager qu’en pareil cas deux foyers dont l’automatisme est très voisin alternent pour commander la contraction cardiaque.
En résumé : sur douze animaux en rythme nodal nous n’avons observé ces troubles du rythme que chez trois d’entre eux et au plus tard le troisième jour après l’opération. Ils ont ensuite disparu pour faire place à un rythme nodäl régulier. Nous n’attachons done pas une très grande importance à ces troubles qui sont peut-être la conséquence de lésions irritatives myocardiques ou épicardiques consécutives à l’intervention nécessitée pour l’exérèse du nœud de KerrH- FLAcK.
L'intervalle PR.
La seconde caractéristique du rythme nodal tel qu’il est classiquement décrit est la variabilité du P R. Cette variabilité entraîne une