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Tantôt, cas du L.{1 (fig. 4 et 5, page 50), il y a seulement une altération du voltage des ondes P et T qui conservent la forme qu’elles présentaient dans le tracé témoin. D’autres fois la modification de voltage est accompagnée d’une altération plus manifeste de la forme de T; ainsi chez L.15 (fig. 10 et 11, pages 62et63) on remarqueun aplatissement de l’onde lente qui tend à devenir diphasique en Du et en D ur, tandis que P, et P, se sont négativées.
Plus fréquemment encore T; est franchement négatif ou diphasique à prépondérance négative. De nombreux exemples d’une telle altération ont pu être observés en rythme nodal chez les Lapins n° 12, 14, 19 et 25.
On pourrait être conduit à penser que ces altérations qui portent sur Pet T sont conditionnées par le choc opératoire, l’anesthésie ou le refroidissement. Mais il paraît difficile de soutenir pareille affirmation, d'autant qu’on les retrouve plusieurs jours après l’intervention alors que l’animal est revenu à des conditions normales.
Les enregistrements prolongés poursuivis dans les deux expériences du 12 septembre 1947 (L.19) et du 19 septembre 1947 (L.21) permettent de suivre les fluctuations synchrones des ondes P et T. Le 12 septembre 1947 les ondes T; sont diphasiques, à prépondérance positive, tant que les P; sont eux-mêmes positifs ou isoélectriques. Les ondes P;, très instables, deviennent négatives un instant après et les ondes T,; revêtent corrélativement un aspect diphasique, à prépondérance négative, puis deviennent franchement négatives. Sur le premier tracé du 13 septembre, P,; est diphasique, à prépondérance positive ainsi que T;. Un deuxième tracé enregistré le même jour six heures après, montre des P, et T; nettement positifs. Ces caractères se maintiennent les 15 et 24 septembre.
Mêmes corrélations entre les déformations de P,; et de T; dans l’expérience du 19 septembre 1948 sur L.21. Nous avons déjà eu l’occasion de souligner l'intérêt de cette observation. Onze fragments enregistrés à dix minutes les uns des autres révèlent une variabilité notable de l’onde auriculaire. L’onde T suit une évolution parallèle. Dans tous les tracés où P, est positif, T; est également positif Quand P, prend un aspect diphasique à prépondérance négative, T, s’étale horizontalement, légèrement décalé au-dessus de la ligne isoélectrique. Altérations morphologiques qui vont de pair avec les variations de fréquence. Aux périodes de rythme rapide, compris entre 240 et 276, correspondent les accidents positifs. L’aspect d’ensemble est comparable aux tracés témoins. Les périodes de rythme
JON ARNES
lent s’accompagnent de P, diphasiques et de T, légèrement positifs en plateau sensiblement parallèle à la ligne isoélectrique.
En résumé, dans la majeure partie des cas le complexe ventriculaire ne se distingue pas, une fois le rythme nodal créé, du complexe ventriculaire normal. Seule une inversion de l’onde T qui accompagne le plus souvent une altération de P, s’observe seulement en D 11 et en Dur, dans un assez grand nombre de cas. Cette particularité est soulignée dès 1931 par Borman et MEEK.
L'étude analytique du rythme nodal expérimental chez le Chien fournit un certain nombre des caractères que l’on s'accorde à considérer comme symptomatiques. La fréquence, les variations de PR et la morphologie de P sont plus ou moins profondément modifiées après excision de la région sinusale et présentent des variations fort éloquentes chez cet animal.
En est-il de même chez le Lapin ? Et si la question était posée de faire un diagnostic électrocardiographique du rythme nodal chez lui, sur quels éléments devrait-on s'appuyer ? En d’autres termes, quelles sont en résumé les conclusions auxquelles nous a conduit cette étude ?
La fréquence est, sitôt après l'intervention, très fortement diminuée ; malheureusement cette bradycardie qui, si elle se maintenait, représenterait un des facteurs essentiels parmi ceux qui caractérisent le rythme nodal, est tout à fait transitoire dans la plupart des cas. À elle seule la diminution de fréquence trop peu sensible ne peut constituer un élément fidèle permettant d’en faire un caractère du rythme nodal.
La morphologie de P est assez sérieusement modifiée après intervention, inversion de P, et P;, diminution de voltage considérable allant jusqu’à la disparition complète de P devenus isoélectriques, P plus aigus, diphasiques avec prédominance positive ou négative, polymorphisme... sont des aspects sur lesquels nous avons insisté.
Mais, outre que certaines de ces figures se rencontrent — quoique trés atténuées et plus rarement d’ailleurs — chez l’animal non opéré, nous savons que les ondes auriculaires peuvent ne pas être profondément modifiées — voltage mis à part — dans les heures suivant l'intervention. D'autre part, en raison de leur polymorphisme, ces
oscillations sont susceptibles de présenter des alternances de formes subnormales et de formes altérées.
Le seul examen des ondes auriculaires, surtout s’il est pratiqué pendant un temps très court, ne permet pas plus que l'étude isolée de la fréquence de tirer une conclusion quant au rythme réalisé.
Les mêmes remarques peuvent s'appliquer à la morphologie de T.
Restent les modifications de l'intervalle P R. Elles peuvent ne pas être notables ou manquer totalement et en ce cas, comme précédemment, n’apportent aucun élément au diagnostic. Mais lorsqu'elles sont nettes, supérieures à 0,02 seconde, particulièrement lorsqu'elles subissent des fluctuations nombreuses, elles représentent un critère de grande valeur, celui que dans le cas particulier du Lapin nous placerions volontiers au premier rang.
La reconnaissance électrocardiographique du rythme nodal chez le Lapin apparaît donc, en raison de la symptomatologie très pauvre qui le caractérise quelques jours après l’excision du nœud sinusal, fort difficile.
S'il fallait la faire on se fonderait sur l’étude des différents éléments que nous avons passés en revue. Un seul critère, à l’exclusion de la fluctuation de P au devant de Q RS avec P R variant dans de larges limites, serait en général insuffisant et c’est de la considération simultanée de la fréquence ralentie, du polymorphisme de P et T et des variations étudiées attentivement de P R, que seraient faits les éléments du diagnostic. L’examen devrait être suffisamment prolongé, pratiqué à des moments différents pour saisir les moindres variations qui permettraient à l’observateur d’arriver quelquefois, mais pas toujours, à la conviction que l’expérimentateur a acquise à l’aide de son bistouri et qu’il a confirmée par l’examen histologique des pièces prélevées.