ROUE
l’évolution du rythme, on note un changement radical de la morphologie générale de l’électrocardiogramme. De nombreux tracés sont enregistrés. Notons que dans le rythme nouveau qui vient de s’établir et qui est fait d’une alternance régulière de systoles de type supranodal et idio-ventriculaire, les ondes P continuent comme précédemment à devancer les complexes ventriculaires typiques ; par contre elles disparaissent souvent dans les complexes idio-ventriculaires auxquels elles ne sont pas liées (fig. 14).
En somme, ici, tout se passe comme si le stimulus parti du nœud de TawaraA, le nouveau «pace maker », déterminait des contractions auriculaires très régulières, — les ondes P discernables sont en effet très régulièrement espacées. Mais par ailleurs, un nouveau foyer apparaît, ventriculaire celui-là. De ce double mode d’excitation résulte le double rythme : rythme nodal lorsque les excitations partent du nœud de Tawara et rythme idio-ventriculaire un sont issues d’un foyer plus bas situé.
En définitive l’établissement du rythme nodal ae assez souvent corrélatif d’altérations sensibles de la morphologie de P. Ges altérations portent parfois seulement sur le voltage qui est diminué, d’autres fois font assister à l’apparition d’un polymorphisme plus ou moins notable et, dans les cas où le phénomène est le plus marqué, à l’inversion du voltage de l’onde auriculaire.
Ces modifications sont maxima dans les instants qui suivent l’intervention. Toutefois, plus tard, il est possible de les retrouver, à condition de témoigner d’un minimum de constance.
Les complexes ventriculaires dans le rythme nodal.
Dans l'immense majorité des cas, les complexes ventriculaires, tout au moins les ondes rapides de ceux-ci, conservent leur aspect normal. Q R et S ont même morphologie et même chronologie avant et après l'intervention aseptique.
L’onde lente T par contre, subit assez souvent des transformations notables. Cette déflexion en dôme dans les dérivations standard des tracés témoins tend à s’étaler et prend un aspect diphasique quand elle ne devient pas négative après établissement du rythme nodal. Détail curieux, ces modifications de la morphologie de T paraissent le plus souvent évoluer parallèlement à celles de l’onde auriculaire.