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La suppression de l'influence vagale chez le Lapin en rythme sinusal.

C’est un fait classique que la double vagotomie provoque chez le Chien une accélération cardiaque qui s'accompagne d’une augmentation de pression. A l’état normal donc il existe chez cet animal un mécanisme nerveux cardio-inhibiteur qui, selon l'expression en usage, agit à la façon d’un frein serré modérément, mais de façon permanente. Ge tonus cardio-modérateur a, on le sait, une origine réflexe dans les zones baro-sensibles.

On à pu le mettre en évidence chez de nombreux animaux appartenant à des classes aussi diverses que les Poissons, les Oiseaux et les Mammifères. Il est très net chez l'Homme également, comme le démontre l’administration d’atropine. Mais il s’en faut qu'il en soit toujours ainsi. La Grenouille, la Tortue, certains Mammifères, le Cobaye et la Chèvre en particulier, ne présentent aucune accélération cardiaque après la vagotomie double. On peut donc conclure à l’absence de tonus vagal chez eux.

Dans le cas du Lapin, la question a été l’objet de nombreuses discussions. Successivement, Lanpois, en 1863 et Scairr en 1894, nient l’action frénatrice permanente des fibres du vague sur le cœur de cet animal. H. E. HERING soutient le contraire ; à condition, précise-t-1l, de se mettre à l’abri de toute cause d’erreur, on obtient de façon constante après bivagotomie une accélération cardiaque.

Nous avons, de notre côté, commencé en 1947, à l’Institut de Recherches Cardiologiques, avec DucHÊne-MaRuLLAZz, sous la direction du Pr JourDAN, une série d’expériences sur le même sujet. L’action des vagues était suspendue par section des troncs nerveux ou par l'injection d’atropine. Les déterminations de fréquence étaient faites par la méthode électrocardiographique, toutes précautions étant prises pour éviter les causes d'erreur. Ces recherches ont déjà fait l’objet de publication (1949).

Nous rappellerons seulement les conclusions auxquelles nous sommes parvenu. La suppression des vagues, réalisée par la double vagotomie, ou la suspension de leur activité obtenue par l’atropinisation, ne sont suivies chez le Lapin en rythme sinusal que par de très faibles variations de fréquence.

La première vagotomie se traduit parfois par une augmentation,

mais parfois par une diminution, ou bien encore n’est accompagnée d’aucun changement de la fréquence cardiaque. Ces variations modestes qui se produisent dans un sens où dans l’autre, sont à peu près aussi fréquentes les unes que les autres. Toutefois, vingt minutes après la section du pneumogastrique, la fréquence se retrouve telle qu’elle était avant l’agression. Les variations que l’on peut noter alors ne sont pas différentes des variations physiologiques du Lapin, qui atteignent, ne l’oublions pas, 20 à 25% de la fréquence moyenne.

La seconde vagotomie n’apporte immédiatement après sa réalisation, ou dans les heures qui suivent, aucune modification sensible aux résultats obtenus après la première intervention.

Ces constatations résumées dans le tableau n° V ci-dessous nous ont permis d'affirmer comme Lanpois et ScHirr qu’il n'existe pas de tonus vagal chez le Lapin et s'opposent aux conclusions de HERING.

TABLEAU No V

MODIFICATIONS DE LA FRÉQUENCE CARDIAQUE OBTENUES PAR BIVAGOTOMIE, PUIS PAR EXCITATION VAGALE CHEZ LE LaAPIN.

| | à Fréquence | Fréquence Fréquence pe moyenne après après | témoin vagotomie excitation | L, 240 240 L; 220 224 L, 240 240 110 L: 230 200 132 Le 270 225 136 ES 214 275 120 Le 185 1775 150 à 200 Arrêt de 2sec.

S 240 206 92 De 240 220 Se 234 234 100 S, 17e exc. vague droit 236 238 132 2e exc. vague gauche 236 250 45 Arrêt de 3,5 sec. Se 240 248 100 Arrêt de 2.8 sec.

ARR se

Effet de l’excitation électrique des vagues chez le Lapin en rythme sinusal.

L’excitation électrique des vagues est conduite de la manière suivante. L'animal est fixé sur la planche à contention qui repose sur une tôle. Le bout périphérique du pneumogastrique préalablement sectionné est chargé sur un excitateur protégé (fig. 3). Tout risque de court-circuit entre l’excitateur et sa gaine métallique est évité par une lame de caoutchouc placée à l’intérieur de l’armature.

Le nerf est «mis à la terre » par l’intermédiaire d’une lame de coton imprégnée de solution physiologique tiédie et disposée autour du vague à la base du cou.

Afin d’être à l’aise dans ces diverses opérations, il ne faut pas craindre d'isoler le bout périphérique du vague sur une grande longueur.

Aucune source de parasite ne peut être tolérée dans le voisinage.

Étant donné que nous désirions comparer, jusque dans leurs détails, les effets de l'excitation des nerfs du cœur chez le Lapin en rythme nodal à ceux qui sont engendrés habituellement par la stimulation de ces mêmes nerfs, 1l était indispensable pour nous d’instituer des expériences témoins dans lesquelles nous allions nous efforcer de placer des animaux normaux dans des conditions rigoureusement comparables à celles dans lesquelles devaient se trouver nos opérés. Seule l’identité de ces conditions devait nous permettre en effet de valider les similitudes ou les divergences observées dans les résultats.

Dix lapins normaux nous ont ainsi permis de préciser dans nos conditions expérimentales le degré et les diverses modalités de l’action des nerfs du cœur chez le Lapin. Narcose et mode d’excitation en particulier ont été les mêmes. Nous signalons simplement trois exceptions, celles des lapins 13, 17, 18 qui ont été narcosés au Dial au lieu de l’être au chloralose.

L'enregistrement électrocardiographique nous à permis de fixer l’action des nerfs. Il a été obtenu soit en dérivations standard, soit en dérivation œsophagienne. Celle-ci, nous l’avons déjà signalé, s'étant avérée souvent indispensable pour mettre en évidence dans le rythme nodal une onde P isoélectrique dans les dérivations standard. Dans tous les cas sauf un, le premier nerf excité est le droit.

Une conséquence spectaculaire, mais bien classique, de l’excitation,

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