‹ Le rythme poétique dans les Métamorphoses d'OvideChapitre 212 sur 270 · ÉLÉMENTS DE LA REPULSION · texte numérisé non relu

ÉLÉMENTS DE LA REPULSION

vers: cette différence ne change rien, ni à l'enchaînement de nos impressions, ni à leur résultat final.

L'attribution des repos longs aux coupes faibles forme, dans l'exercice de la répulsion, la dernière période. Au point où nous nous trouvons, nous embrassons dans son entier l'action de cette force, le chemin qu'elle parcourt. Reportons-nous de là aux nombres qui indiquent la répartition des longs repos entre les coupes du vers, et qui ont éveillé en nous l'idée de la répulsion. Nous avons d'abord formé par hypothèse l'image de celle-ci : il est établi maintenant que l'objet lui-même se présente dans la réalité tel que nous l'avons conçu. De plus, toutes les anomalies que nous avons constatées dans les nombres sont des conséquences de la répulsion. L'affaiblissement de la différence entre la coupe de la classe I et les autres, quand on observe l'ensemble des repos longs (p. [\ 25), est l'effet que la répulsion produit en éloignant les repos longs de la coupe finale ; la confusion du nombre I parmi les autres, constatée dans l'étude des repos les plus longs seulement (p. 43 1), n'est que le même effet produit par la répulsion dans sa plus grande puissance ; le rapprochement des nombres attribués aux coupes des classes II, III et IV (pp. [\ih et 43 1) traduit dans la statistique le dernier effet de la répulsion : l'accroissement du nombre des repos longs aux coupes faibles.

C'est pour expliquer certains nombres de la statistique que nous avons observé et décrit la répulsion. Aussi avons-nous présenté ses effets plutôt que sa nature même. Il faut compléter notre description, et faire une sorte d'inventaire des éléments que la répulsion embrasse. Ces détails nous seront utiles plus tard, pour expliquer les différences que présente l'exercice de la répulsion , quand on compare les repos correspondant à l'étendue totale des membres aux autres repos déterminés du discours.

On peut répartir les faits intéressés dans la répulsion en trois espèces. Les uns appartiennent au discours seul : ce sont

45 ^ REPOS LONGS DE l' ÉTENDUE TOTALE

les repos déterminés. Ces repos ont une durée supérieure à la moyenne. Nous les observons d'abord réunis ; mais ils comprennent plusieurs degrés de durée, plusieurs catégories, de telle sorte que nous pouvons isoler parmi eux ceux dont la durée est la plus grande. Le caractère principal des repos longs, celui qui produit la répulsion, est moins leur longue durée elle-même, que l'attention qu'elle éveille et qui grandit en même temps qu'elle. Nous apprécions l'une et l'autre, la durée et l'attention, en comparant les repos longs avec les repos moyens, qui n'ont point une durée remarquable et ne sont point remarqués. Ainsi, les repos moyens sont indispensables à la répulsion. Quand la comparaison se fait entre les repos moyens et les repos les plus longs de tous, les repos de moindre longueur s'interposent entre les termes à comparer, et permettent d'en mieux apprécier la différence. La seconde des trois espèces comprend les valeurs indéterminées dont la rencontre avec les repos longs forme le moment décisif de la répulsion. Elles appartiennent pour partie au discours (repos indéterminés), pour partie au vers (coupe indéterminée ou coupe finale). La troisième espèce comprend les coupes déterminées du vers, réparties en quatre classes, et entre lesquelles les repos longs du discours se trouvent, par l'effet de la répulsion, inégalement distribués.

La répulsion prise en elle-même, indépendamment des éléments sur lesquels elle agit, se divise en trois actions ou trois périodes. Dans chacune d'entre elles, le rôle principal appartient à l'une des trois classes de faits rythmiques que nous venons de distinguer. La première, c'est l'appréciation comparative des repos longs, d'où résulte l'effort d'attention qui, plus tard, les opposera aux valeurs indéterminées ; elle ne met en mouvement que des repos déterminés du discours. La seconde, c'est la rencontre elle-même et le conflit, entre les repos longs, objets d'attention, et les valeurs indéterminées, occasion de relâchement : les premiers nous sont déjà familiers, les secondes

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