‹ Le rythme poétique dans les Métamorphoses d'OvideChapitre 226 sur 270 · DÉFINITION · texte numérisé non relu

DÉFINITION

La démonstration peut être faite par deux méthodes. L'une (méthode statistique), est l'étude sommaire des groupes d'exemples ; l'autre (méthode logique), est l'étude distincte et détaillée des exceptions les plus frappantes. Pour les repos de l'étendue relative et pour les repos de l'ordre des membres, nous avons décidé de n'employer que la première, la plus courte et la plus instructive.

En effet, les passages caractéristiques, qui se prêtent à une étude particulière, sont choisis d'après des règles simples ; ils sont commentés en suivant toujours le même plan ; ils conduisent toujours à la même conclusion. Nous craignons, qu'après les comparaisons qui remplissent une grande partie du chapitre précédent, celles des chapitres à venir ne paraissent monotones. De plus, l'observation des deux forces antagonistes qui produisent le rythme poétique, attraction et répulsion, est loin d'être achevée : elle prendra une part de plus en plus grande de notre temps et de notre effort. Enfin, à mesure qu'apparaissent des repos d'un genre nouveau, nous avons à les comparer aux repos déjà connus. Ce sont là, semble-t-il, des raisons suffisantes pour nous en tenir désormais aux nombres de l'étude statistique, et aux enseignements qu'ils contiennent.

On distingue la grandeur relative des membres avant de reconnaître si le plus grand précède le plus petit, ou le plus pelit le plus grand. Les repos qui dépendent de la relation des membres sont donc perçus avant ceux qui dépendent de leur disposition. Nous suivrons dans notre étude l'ordre d'apparition des repos : nous observerons, d'abord les repos de l'étendue relative, ensuite les repos de l'ordre des membres.

A) Définition des repos longs et des repos courts. La première des opérations qu'exige notre analyse, est le

classement par ordre de durée des repos du discours et des repos du vers.

Pour ceux-ci, nous n'avons qu'à rappeler ici la répartition des coupes en quatre classes disposées par ordre de durée décroissante : Classe I : le repos à la fin (ou au début) du vers. — Classe II : les repos qui divisent les 6 temps marqués du vers en 2 groupes égaux : 3-4-3. — Classe III : les repos qui divisent les temps marqués en 2 groupes moyennement inégaux (2 -4- l\, k 4- 2), ou 3 groupes égaux (2-4-2-1-2). — Classe IV : les repos qui divisent les temps marqués en 2 groupes très inégaux (i-+-5 ou 5 H- 1) (v. Introduction, p. 29).

Arrivons maintenant aux repos du discours, qui sont, pour le moment, les repos de l'étendue relative. Quels sont les plus longs, quels sont les plus courts? La définition du premier groupe est facile, celle du second se fait moins aisément.

Le principe général qui règle la durée de ces repos a été proposé dans l'Introduction (p. 88). Cette durée est d'autant plus longue, en d'autres termes, la cohésion des membres d'autant plus lâche, qu'ils sont plus égaux ; elle est d'autant plus courte, c'est-à-dire la cohésion des membres d'autant plus étroite, qu'ils sont plus inégaux.

Ce principe admis, il en résulte que les repos les plus longs se trouvent dans les groupes dont les membres sont exactement égaux. Ainsi, notre étude des repos longs se restreint à une catégorie bien délimitée, et facile à reconnaître. Bien délimitée, car l'égalité est une proportion mathématiquement définie, distincte de toutes les inégalités, même très légères. Facile à reconnaître, grâce à des indices matériels qui s'appliquent à toutes les égalités, et aux égalités seules : d'abord, les membres égaux sont distingués par le signe = ; ensuite, ils contiennent le même nombre d'unités, c'est-à-dire de temps marqués : si les nombres d'unités sont identiques : 6 et 6, 12 et 12, etc., on sait qu'il y a égalité ; s'ils différent, et quelle que soit la diffé-

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