CARACTÈRES DE LA REPULSION DANS L 'ÉTENDUE RELATIVE
s'intercale, et forme un intermédiaire, entre les repos moyens et les repos très longs. Dans l'ordre de l'étendue relative, on trouve un intermédiaire analogue, mais non pas identique. Le groupe des repos longs n'y comprend qu'une seule durée ; ce sont les mêmes repos, qui revêtent d'abord la longueur médiocre, ensuite la longueur très grande, qui nous paraissent d'abord très voisins, ensuite très éloignés des repos moyens. Entre ceux ci et les repos longs pris dans leur très grande longueur, sous leur forme définitive, la transition s'établit par l'intermédiaire de ces mêmes repos longs tels qu'ils se sont présentés d'abord, avec leur longueur médiocre. Cette image première est repoussée au loin quand se forme la seconde, qui seule entre dans la composition et dans l'appréciation du vers ; mais elle demeure dans notre souvenir, et nous aide à mesurer exactement celle qui la remplace. En définitive, le repos à durée médiocrement longue et le repos à durée très longue, bien que distingués par nous, correspondent à un seul et même objet; ils sont perçus au même endroit du poème, et déterminés par les mêmes membres. Au contraire, les repos médiocres et les repos très longs de l'étendue totale sont des objets différents, au moins en partie ; on peut distinguer dans le poème luimême les repos qui appartiennent à l'un des groupes et pas à l'autre, les couples de membres qui produisent la longueur médiocre et jamais la longueur très grande. Ainsi, à prendre les impressions que contient le vers réel, celles de l'étendue relative sont plus simples que celles de l'étendue totale, et cette simplicité se fait sentir jusque dans le détail de la répulsion. On y découvre une autre différence , que nous avons reconnue ailleurs (p. 5oo et suiv.) entre ces deux ordres de repos. Dans les repos de l'étendue relative, les impressions recueillies sont plus intenses, et le sens rythmique plus actif. Ces repos nous obligent à percevoir, en effet, la durée la plus longue possible : nous savons que nous ne trouverons dans aucun autre poème des repos plus longs que les repos entre membres égaux ; aussi
nous leur accordons toute la durée, toute l'attention dont nous sommes capables. Au contraire, la longueur totale des membres est sans limite ; quelle que soit la durée d'un repos de l'étendue totale, que ses membres mesurent i5, 20 ou 3o vers, nous pouvons toujours lui opposer l'image d'un repos plus long, et nous ménageons notre effort en conséquence. Mais la répulsion dépend de la durée des repos et en revêt les caractères : aussi la répulsion est-elle plus intense dans les repos de l'étendue relative que dans les repos de l'étendue totale : ceux-ci n'éprouvent jamais la répulsion la plus forte possible, et ceuxlà l'éprouvent toujours.
Si l'on écarte ces différences, c'est-à-dire l'intensité plus grande qu'elle manifeste, et la moindre complexité de ses éléments, la répulsion s'exerce sur les repos de l'étendue relative comme sur les repos de l'étendue totale ; elle y conserve la même nature, et y produit les mêmes effets. C'est elle qui y combat l'attraction, et qui crée, dans les nombres de la statistique, les anomalies que nous avons eu à expliquer. Dans l'étendue relative, comme dans l'étendue totale, elle est le plus souvent inférieure à l'attraction : c'est celle-ci qui l'emporte partout ailleurs qu'à la coupe finale, c'est elle qui détermine l'ordre de grandeur de la plupart des nombres qui indiquent la distribution des repos.