INDICE NUMÉRIQUE DU REPOS
Nous savons que la durée de ce repos est de 21 unités, mais nous ignorons de quelles unités il s'agit : secondes, cinquièmes de secondes, dixièmes de secondes, etc. Même incertitude pour le nombre 46\ qui correspond au repos à l'intérieur du vers 388 d'Ovide :
Silua coronat aquas cingens latus omne | suisque Frondibus ut uelo Phoebeos submouet ignés.
Cette remarque est évidente. Nous aurons d'ailleurs à la reprendre plus loin (même paragraphe) avec plus de détails, afin d'examiner le prétendu manque de précision que l'on peut, en apparence, reprocher à la représentation des repos au moyen de nombres, et de décider, si l'ignorance où nous demeurons de la durée réelle des repos nous empêche de les comparer entre eux.
Observons maintenant le rapport entre le repos et les membres correspondants. Le même nombre sert à traduire la durée du repos et la longueur des membres, ou bien, pour rapprocher plus encore les deux termes à comparer, le même nombre mesure les unités de durée contenues dans le repos, et les unités de durée contenues dans les membres. De cette identité, nous concluons qu'il y a entre les unes et les autres une certaine relation, mais cette relation ellemême nous est inconnue. Supposons qu'en récitant les vers de V. Hugo, je donne à chaque syllabe une durée moyenne de 1 quart de seconde, le quart de seconde sera l'unité de durée des membres, et les membres cités plus haut : Le reste... la garde auront une durée de 21 quarts de seconde. Mais pour le repos qui les sépare, rien ne nous permet de supposer que l'unité de durée soit aussi le quart de seconde, qu'elle soit égale à l'unité de durée des membres, ou à la moitié de cette unité, ou au tiers. De même pour les vers latins cités ensuite : si l'on attribue à chaque unité de durée des membres ou brève (J) une durée réelle de 1 huitième de seconde, il ne s'ensuit pas que le repos en question ait une durée de 46
huitièmes de seconde. La durée réelle des membres étant de 21 quarts de seconde, ou bien de 46 huitièmes de seconde, la durée réelle des repos est pour nous 1 1 x et 48 x. Quant à rechercher quelle est la relation de ces deux données, nous n'essaierons pas de le faire: d'abord, cette précision nous est inutile ; ensuite, on l'obtiendrait plus sûrement au moyen d'instruments convenables que par une observation sans contrôle. Les nombres ne sont donc pas autre chose que des indices de comparaison. Etant donnés deux repos, et les nombres qui leur correspondent, nous pouvons affirmer seulement, que la relation des deux nombres entre eux, celle des deux durées de repos, et celle des membres qui les déterminent, sont une seule et même relation. En réalité, cette conclusion ne nous laisse rien à désirer. Notre but est d'observer la rencontre des repos du discours avec les repos du vers. Pour l'atteindre, la connaissance complète, et pour ainsi dire absolue, des repos du discours nous est inutile; nous pouvons nous contenter d'une connaissance comparative, qui nous permette de rapprocher les repos de même durée, et de séparer les repos de durée différente.
Les rapports entre les repos, les membres et les nombres, seront encore plus précisément déterminés, si nous les traduisons en langage mathématique. Prenons les repos à la fin des vers i et 9 de V. Hugo. Le nombre des unités de durée contenues dans les membres, est de 21 pour le premier et de 2 4 pour le second. Appelons r la durée réelle du premier repos et m celle de ses membres ; r la durée réelle du second et m celle de ses membres. Des observations que nous venons de faire, il résulte que les égalités :
m m m | ou — ou — etc.
m | ou — ou — - etc.