NOTRE PROGRAMME. — NOTRE ESPRIT
Jésus Prêtre
Be titre de notre Revue indique clairement quel en sera le principal objet. Traiter du Sacerdoce en général, c’es parler nécessairement de Celui qui en est à la fois la source, la grâce et la lin, de Jésus le Souverain Prêtre, le Prêtre Eternel selon l’ordre de Melchisédech.
Etudier Jésus en tant que Prêtre, dans le sein de son divin Père ; essayer d’approfondir les sublimes perfections du Sacerdoce éternel de Jésus; puis, descendre dans le temps, y contempler et y étudier le Souverain Prêtre dans l’exercice de son propre Sacerdoce, en méditer les beautés ineffables, les qualités distinctives, les vertus admirables, la puissance souveraine, l’amour infini, et les divines efficacités : tel sera le premier objet de nos études.
Jésus Victime
Mais comme en Jésus le sacrifice est inséparable de son Sacerdoce, que Jésus n’est Prêtre que pour immoler la Victime, quelaplénitude du Sacerdoce ne s'exerce que dans l’acte de sacrificateur, l’étude du
Sacerdoce, en Jésus, comporte nécessairement celle de ses immolations; sans quoi nous ne pourrions avoir une notion exacte et complète de Jésus en tant que Prêtre.
La science de Jésus Prêtre et Victime est la science fondamentale de tout Prêtre; nous nous efforcerons de la mettre dans un jour plus grand et plus accessible à tous.
Jésus Prêtre et Victime daus l’Eucharistie
L’idée seule de Jésus Souverain Prêtre porte naturellement notre esprit et notre cœur vers le Sacrement adorable de l’Eucharistie, où nous possédons en personne et le Prêtre et la Victime. L’Eucharistie est plus que le grand livre où l’on peut étudier à fond le Sacerdoce et les immolations de Jésus ; elle est V actuation même de l'oblation et de l’immolation constantes de la divine Victime, en même temps que l’exercice toujours actuel et toujoursefficace du Sacerdoce du Prêtre éternel.
Notre devoir, à nous Prêtres, c'est de le comprendre, et d’en faire l'objet habituel de nos méditations; notre perfection, c’est de faire revivre en nous les perfections et les vertus que nousadorons à l’autel; notre grâce, c’est d’en vivre.
Jésus Prêtre dans ses Prêtres
De là, l’étude du Sacerdoce de Jésus dans son rayonnement inévitable et dans ses multiples prolongements ; les Prêtres.
Il n’y a qu’un Prêtre, éternel, saint, source unique de tout Sacerdoce, Jésus ; mais les âmes sacerdotales, dans lesquelles lo Souverain Prêtre a imprimé le caractère ineffaçable de son Sacerdoce, sont très nombreuses et répandues par toute la terre. Elles doivent porter l’empreinte de la sainteté de leur Chef et en reproduire les vertus, comme elles sont honorées de sa dignité et participantes de sa toute-puissance.
Le Prêtre entrevu dans la lumière, la beauté, la sublimité et la sainteté du Souverain Prêtre, Jésus, devient un sujet intarissable de considérations de tout genre. Chaque ministre du Seigneur, honoré du sublime caractère et de la fonction redoutable du Sacerdoce, doit avoir à cœur de contempler son divin modèle et de s’étudier lui-même.’ Il doit s’appliquer à réaliser dans la plus grande perfection possible ce pour quoi il est Prêtre, et, dès lors, chercher par tous les moyens à s'identifier toujours plus aveu Jésus Prêtre et Victime au Très Saint Sacrement.
Le Prêtre ne peut être la lumière du monde, le sel de la terre, le gardien jaloux de la doctrine, la copie fidèle de son Maître, en un mot 1’ « homo Dei », comme l’appelle saint Paul, que si Jésus prend dans son existence la place prépondérante et devient la règle et la vie de ses pensées et de ses affections, comme de? son zèle et de son activité.
BULLETIN DE L’UNION SACERDOTALE
D’où, l’étude de Jésus Prêtre dans le Prêtre; la sanctification du Prêtre par l'amour, l’étude, l’adoration et l’imitation de Jésus Prêtre et Victime dans Y Eucharistie.
Marie, Mère de Jésus Prêtre
Il est une créature, pure et sainte entre toutes, inséparable de Jésus dont elle est la Mère, la Vierge Marie. Marie est la Mère de Jésus Prêtre comme de Jésus Victime ; c’est Elle qui, par sa maternité, a permis à Jésus, le Prêtre éternel, d’exercer dans le temps son Sacerdoce, et de s’offrir en Victime pour le salut du monde. Il existe donc des rapports essentiels et immédiats entre le Sacerdoce de Jésus et sa divine Mère. Sauf le caractère, personne ici-bas n’a participé au Sacerdoce de Jésus comme Marie ; elle en a eu la puissance et elle en a exercé les fonctions. Les Pères et les Docteurs se plaisent à l’envi à l’honorer sous le vocable de Virgo Sacerdos; ajouté à celui de liegina Cleri 7 ce titre constitue en la Vierge Marie une dignité qui établit tout naturellement de douces et maternelles relations entre Elle et les Prêtres.
C'est pour faire ressortir ces rapports mutuels et en tirer de nouveaux moyens de sanctification sacerdotale, que nous les étudierons et que nous nous efforcerons d’en pénétrer nos lecteurs.
La sanctification (lu Prêtre
Le Prêtre est un apôtre ; il a la mission, à la suite de Jésus et de la Sainte Vierge, de conduire les'âmes au ciel. Mais en travaillant à sanctifier les autres, il doit se sanctifier lui-même. Il fera des saints, s’il l’est tout le premier. Son ministère auprès des âmes ne peut être fructueux et durable que dans la mesure où lui, ministre du Seigneur et autre Jésus-Christ, est animé de l’esprit de son Maître et rempli de ses vertus.
Ce qu’il importe avant tout pour le Prêtre, c’est d’ être saint. Il y a des principes généraux et indiscutables, comme il y a des formes spéciales de perfection sacerdotale. Il est utile de considérer les uns et les autres, et d’entrevoir ainsi la sainteté du Prêtre sous ses divers aspects ; c’est ce que nous nous proposons de faire, tout ce qui a trait à la sanctification du clergé entrant dans le cadre de notre Revue.
Parmi les grands moyens de sanctification sacerdotale, il en est deux plus spécialement importants sur lesquels nous reviendrons fréquemment :.la Sainte Messe et l’Office divin. De doctes et intéressants travaux sur la Réforme du Bréviaire fourniront à nos lecteurs une nouvelle matière à leurs études et à leurs méditations.
Tribune libre
Le Prêtre a des besoins divers dans l’ordre physique et moral, tout autant que dans l’ordre spirituel. De plus, homme d’action,
son zèle comporte des formes variées d’apostolat. C’est pour le secourir personnellement et l’aider dans ses œuvres, que nous nous appliquerons à lui apporter en ce sens un concours zélé et pratique.
La Revue sera comme une tribune où viendront prendre place tour à tour les communications diverses de nos lecteurs, de nature à intéresser les Prêtres, a les seconder dans le travail de leur sanctification et à favoriser le mouvement d’entraide fraternel que nous avons à cœur de développer parmi nos Frères dans le Sacerdoce.
C’est dans cet esprit que nous ferons connaître successivement les Associations Sacerdotales établies pour la sanctification ou le soulagement du clergé, les Revues plus spécialement destinées aux Prêtres, et en général toutes les œuvres existantes ou à établir pour secourir personnellement le Prêtre ou l’aider dans son ministère.
La charité fraternelle sacerdotale
Parmi toutes les vertus qui forment le caractère distinctif du Prêtre, il en est une particulièrement importante, reconnue nécessaire par tous, mais souvent négligée dans la pratique : la charité fraternelle. Celle vertu est une vertu sacerdotale par excellence; Jésus veut la voir régner parmi ses Prêtres, et nous ne pourrons jamais trop faire pour la mettre en honneur et en imprégner profondément l’âme de nos Frères.
C’est cette grande pensée qui a donné naissance à YUnion Sacerdotale , établie uniquement dans ce but. C’est celle que bénissait naguère avec etïusion Pie X, lorsqu'il recommandait à l’inspirateur de cette association de tout mettre en œuvre, pour développer dans le Clergé l’esprit de charité et l'amour mutuel.
Notre Revue étant une revue du Sacerdoce , ne peut pas ne pas être une revue de charité fraternelle sacerdotale. Aussi, ouvrironsnous largement nos colonnes à la charité traitée et envisagée sous tous ses aspects. Naturellement, c'est en Jésus le Souverain Prêtre que nous la puiserons comme dans sa source ; nous irons constamment l'alimenter au Sacrement de l'amour et de l'union, que saint Augustin appelle si justement le vinculum charitatis ; puis, nous la transporterons sur le théâtre de notre vie quotidienne et nous l’adapterons aux formes diverses de nos relations fraternelles, selon les catégories de confrères avec lesquels nous aurons à traiter.
Rien d’extraordinaire et d'exagéré; simplement l'observance de la loi, la fidélité au devoir, la pratique d’une vertu nécessaire que nous avons le devoir d'enseigner aux autres, mais que nous devons pratiquer les premiers.
BULLETIN DE l’üNION SACERDOTALE
La vie commune dans le Clergé
La vie commune dans le Clergé nous paraissant une des formes les plus pratiques et les plus fructueuses de la charité fraternelle sacerdotale, nous l’étudierons dans ses motifs, dans ses conditions, dans ses avantages, dans ses formes diverses et ses applications multiples. Plusieurs essais en ce sens ont été faits dans le passé etencorede nosjours. C’est une question dont personne aujourd hui ne peut nier l'importance.
Donnant à chaque chose sa valeur, nous formulerons également les objections faites contre la vie commune et nous tâcherons de les résoudre. D’ailleurs, ce qui n’est pas pratique parlout, peut cependant se faire très utilement en certains endroits. C’est en élucidant le plus de difficultés possibles, que l’on arrivera à généraliser une des formes les plus précieuses de sanctification sacerdotale.
L’Lnion Sacerdotale
Les divers sujets qui seront traités dans cette Revue entrant absolument dans le but et l’esprit de Y Union Sacerdotale, cette Association a ici sa place toute marquée. Nous tiendrons donc nos lecteurs au courant de ses résultats et de ses progrès. Les intérêts de la Revue Le Sacerdoce et ceux de V Union sacerdotale sont étroitement liés entre eux : la Revue devient l’organe nécessaire des Associés, qui y puiseront l’esprit qui les doit animer et y trouveront les raisons et les formes pratiques de la charité fraternelle qu’ils se sont engagés plus spécialement à pratiquer.
Nos espérances
C’est avec confiance que nous faisons appel à tous nos vénérés Confrères dans le Sacerdoce, pour nous aider dans la tâche douce mais difficile que nous nous sommes imposée. Leur concours nous est nécessaire pour mener notre œuvre à bonne fin.
Nous ne désirons humblement mais ardemment qu’une chose : que Jésus, en tant que Prêtre et Victime au Très Saint Sacrement, soit mieux connu, mieux honoré, mieux aimé, et qu’il rayonne plus abondamment sa sainteté et son amour dans les âmes sacerdotales.
Nous confions nos chères espérances à Marie, la Mère et la Reine du Clergé, ainsi qu’à saint Joseph le Protecteur et le gardien de Jésus le Souverain Prêtre.
Amor, laus ac perennis gloria Jesu Sacerdoti et Victimæ in Sanctissimo Altaris Sacramento.
Benedicta sit Virgo Deipara Immaculata,
Regina Cleri et nostra dulcissima.