‹ Le SacerdoceChapitre 21 sur 34 · POURQUOI J’AIME LE PRÊTRE · texte numérisé non relu

POURQUOI J’AIME LE PRÊTRE

u ! pourquoi je l’aime cet homme qui porte le nom de Prêtre? — C’est parce que ce n’est plus un homme, mais un ange dans l’humanité'.

Pourquoi je l’aime cet ange terrestre, dont le corps est sur la terre mais lame dans les cieux ? — C’est parce qu’il est le médiateur nécessaire entre Dieu et les hommes, et que, par ses divines fonctions, il habite plus les sphères de la divinité que les horizons de nos misères humaines.

Pourquoi je l’aime cet apôtre infatigable qui porte au front l’auréole de son Maître, allant enseigner toutes les nations? — C’est parce que je le vois partout porter la lumière dans les esprits enténébrés, la consolation dans les cœurs endoloris, la force dans les volontés languissantes, l’espérance dans les âmes abattues, l’amour et la vie dans les êtres et les sociétés qui agonisent.

Pourquoi je l’aime ce thaumaturge que des siècles de mépris, de persécution et de haine n’ont pu découronner? — C’est parce que je l’entrevois beau de la beauté du Christ, grand de la grandeur de Celui qui, magnanime et majestueux, a su essuyer toutes les infamies et résister à toutes les haines pour accomplir sa mission et sauver les âmes.

Pourquoi je l’aime ce « privilégié » honoré de la plus sublime dignité qu’il y ait sur terre? — C’est parce que Jésus l’a fait « son ami » en le faisant son Prêtre, et qu’il l’a aimé d’un amour que l’esprit humain ne saura jamais comprendre et que les siècles ne pourront jamais tarir.

Pourquoi je l’aime cet être mystérieux dont la parole est créatrice et dont la puissance ne connaît point de bornes? — C’est parce que je contemple en lui le reflet de la divinité, qui l’a associé à son œuvre de rédemption et lui a donné le pouvoir de fermer les abîmes et de pénétrer jusque dans le sein de l’Eternel, pour en faire descendre la divine Victime dont le sang purifie les âmes et vivifie les nations.

Pourquoi je l’aime ce Christ ambulant qui rayonne sur tous les points du globe et qui, au milieu des vicissitudes humaines, ne cesse de parler des choses qui demeurent dans le pays de l’éternelle félicité? — C’est parce que son origine est divine, comme le Sacerdoce de son Maître dont il est fait participant ; c’est parce que sa mission vient du ciel et qu’elle n’est que la prolongation de celle du Sauveur des hommes venu pour donner la vie, éclairer, réchauffer, fortifier et transformer les âmes ; c’est parce que

son nom est au-dessus de tout nom et qu’il s’appelle Jésus, comme son maître.

Oh ! pourquoi je l’aime, le Prêtre ? — C’est parce qu’il est Jésus ! C’est parce que tout en lui me parle de Jésus , que je ne puis voir en lui que Jésus, que je ne reconnais en Lui que l’action, la puissance, la vie et la divine fécondité de Jésus !

Jésus et soïi Prêtre , c’est un tout que je veux aimer tous les jours de ma vie; auquel j’offrirai ma vie de prière, de travaux et de souffrance ; dont je ferai ici-bas le thème de mes chants d’allégresse et de reconnaissance, et là-haut celui de mon éternel amour dans les clartés glorieuses de l’unique et souverain Prêtre :

Jésus !

Le Congrès Eucharistique de Lourdes et les Prêtres

out ce qui concerne la gloire du Très Saint Sacrement touche de près les Prêtres de Jésus. Ne sont-ils point constitués par leur Sacerdoce même les consécrateurs, les gardiens, les distributeurs, les adorateurs, les hérauts de Jésus-Eucharistie?

Or, parmi la providentielle et merveilleuse floraison des œuvres fondées à notre époque pour exalter le Dieu caché du Tabernacle, en est-il une plus grandiose et plus éloquente que celle des Congrès Eucharistiques? Depuis 1880 elle proclame, par ses assises solennelles, dans les grandes capitales de l’Europe et du Nouveau- Monde, et jusqu’en Orient, les droits de Jésus-Eucharistie à régner non seulement sur les âmes, mais encore sur les nations rachetées par son Sang et que le Père éternel lui a données en héritage. Tibi dabo gentes in hæreditatem ( Ps . II, 8).

Si l’idée des Congrès Eucharistiques a été inspirée à une humble chrétienne, ce sont bien les Prêtres qui l’ont réalisée et lui ont donné toute son ampleur ; ce sont les Evêques qui ont encouragé et béni ces saintes assemblées; c’est le Pontife suprême du Vatican qui les a approuvées, comblées de faveurs spirituelles et les a présidées souvent par ses Légats. La plupart des questions traitées dans ces Congrès l’ont été par des Prêtres; et ce sont les Prêtres encore qui organisent ces admirables triomphes de l’Hostie Sainte, ces adorations de jour et de nuit, ces processions si impressionnantes pendant lesquelles Jésus est chanté et acclamé par des représentants de tous les peuples de la terre.

BULLETIN DE l’üNION SACERDOTALE

Il y a, en outre, tous les jours, à chaque Congrès eucharistique, des réunions sacerdotales où s’enflamme le zèle des Ministres de l’autel et où sont discutés tous les sujets qui ont trait aux rapports du Prêtre avec l’Eucharistie et aux moyens les plus pratiques delà faire régner sur les âmes. Oportet ilium regnare (I Cor v XV, 25).

Or, cette année, du 22 au 26 juillet, c’est à Lourdes que se tiendra le 25e Congrès Eucharistique international.

Lourdes ! si ce nom rappelle l’Immaculée-Conception, ses miséricordieuses apparitions et les prodiges innombrables de sa puissance et de sa bonté maternelles, il proclame aussi les royales faveurs de Jésus-Eucharistie et les effusions miraculeuses de son divin Cœur.

« Allez dire aux Prêtres , disait Marie à Bernadette, de me bâtir ici une chapelle. Je veux y voir du monde. » Les Prêtres ont répondu à l’appel de Marie. Ce n’est pas une chapelle, ce sont trois églises qu'ils ont élevées en l’honneur de Notre-Dame de Lourdes pour abriter son Fils Jésus, anéanti dans l'Eucharistie. Ce sont les Prêtres qui ont amené « du monde » à Lourdes. Ne peut-on pas dire qu’ils y ont amené le monde entier ? C’était pour le jeter dans les bras de Marie. Mais dans les bras de Marie le monde a trouvé Jésus. Ad Jesum per Mariant . Et, comme Jésus sur la terre, c’est l’Eucharistie, Marie a donné au monde l’Eucharistie.

Voilà le fait admirable et providentiel que proclamait naguère la grande voix de Pie X :

« La gloire spécialement réservée par la Providence au Sanctuaire de Lourdes, c’est, Nous le savons, que, de toutes parts, la Vierge Marie y attire les peuples à Jésus, pour les mettre en adoration aux pieds de son divin Fils ! Fait si éclatant que ce Sanctuaire rayonne, à la face de l’univers catholique, tout à la fois comme le centre du Culte Marial et comme le Trône le plus glorieux du Mystère Eucharistique. »

Ces paroles de l’auguste Pontife font allusion à ces merveilleuses processions qui, depuis l’année 1888, sont devenues le point culminant du pèlerinage de Lourdes.

L’idée centrale du prochain Congrès sera la Royauté sociale de Jésus dans V Eucharistie. Or, cette royauté trois fois sainte ne peut s’établir dans le monde que parle ministère des Prêtres. Jésus-Hostie, Jésus Prêtre et Victime régnera quand II sera connu, aimé, reçu, adoré par les peuples. Mais qui fera connaître Jésus, ses droits, ses amabilités, les bienfaits de son règne? Qui Le fera désirer etaimer? Qui Le fera recevoir fréquemment, tous les jours, dans la Sainte Communion où II agit si puissamment sur les âmes et leur communique sa vie? Qui Le fera adorer dans ses Tabernacles et Le révélera aux foules agenouillées devant l’Ostensoir? Le Prêtre, toujours le Prêtre.

O Prêtres ! accourez à Lourdes et conduisez-y les fidèles dont vous êtes les pasteurs. Que par votre présence, votre foi, votre zèle, ce Congrès Eucharistique soit le plus beau triomphe que Jésus-Christ Notre-Seigneur ait jamais reçu sur terre ! Que ceux qui seront retenus auprès de leurs Tabernacles s’unissent de cœur et d’âme aux milliers de Confrères de tous les pays qui acclameront à Lourdes le Fils de l’immaculée. Que les Pasteurs rassemblent leurs paroissiens au pied de l'Ostensoir et que ce grand jour du 26 juillet voie le monde entier prosterné devant Y Hostie salutaire qui ouvre la porte du ciel.

C’est le vœu du Très Saint Père que tous les Catholiques s'unissent aux grandioses manifestations de Lourdes.

S. G. M&r de Namur, Président des Congrès Eucharistiques, a luimême traduit ce désir de Pie X dans la circulaire par laquelle il invite les Evêques du monde entier à faire célébrer dans leurs diocèses des cérémonies en l’honneur du Saint-Sacrement coïncidant avec celles de Lourdes. Un membre du Comité permanent des Congrès Eucharistiques vient de publier un excellent tract illustré où les origines, le but, l’histoire et les résultats de ces Congrès sont étudiés en même temps que les raisons providentielles de celui de Lourdes et les moyens de le préparer et de s’y unir. Et comme il est à espérer que tous les Prêtres des paroisses et des communautés auront des fêtes eucharistiques en union avec les solennités de Lourdes, ce tract leur sera utile pour éclairer et exciter la foi et la piété des fidèles (1).

Et vous, 6 Notre-Dame de Lourdes, Mère du Souverain Prêtre et du divin Roi de l’Eucharistie, Mère des Prêtres et Reine du Clergé, montrez-nous Jésus le fruit béni de vos entrailles. Et Jesum benedictum fructum ventris tui nobis ostende, ô démens , d pia , o dulcis Virgo Maria ! Céleste aurore , faites lever sur le monde enténébré et coupable, sur l’Eglise tant éprouvée, sur la France pénitente et dévouée le divin Soleil de Justice ! Et en nous révélant le Dieu de l’Eucharistie, faites-Le rayonner sur nous tous les jours de notre vie : Ego feci ut in cœlo oriretur lumen indeficiens ( Eccli XXIV, 6) (2).

(1) Ce fascicule illustré en couleurs, de 16 pages, intitulé le Congrès de Lourdes, ne coûte que 0 fr. 05 (porto fr. 05) ; mais il y a des remises considérables : pour 6 on en reçoit 7, 15 pour 12, 70 pour-50, 150 pour loO, 800 pour 500. — Bonne Presse, 5, rue Bayard, Paris.

(2) Plusieurs de nos Confrères associés se préoccupent de la célébration de la Sainte Messe à Lourdes pendant le Congrès. Nous sommes heureux de leur dire que, grâce aux soins prévenants du Comité exécutif, le service des Messes est déjà sérieusement prévu et assuré. Mgr l’Evêque de Tarbes a daigné nous en informer tout récemment.

On s’inquiète également, et à bon droit, du logement. Il est certain que la difficulté existe : néanmoins nous avons l’espérance de trouver des chambres pour un certain nombre de Prêtres, et nous nous mettons volontiers à la disposition de nos vénérés confrères pour leur rendre ce service, mais comme le nombre de chambres est restreint, il est plus que prudent de retenir sa place sans tarder.

BULLETIN DE L UNION SACERDOTALE

Page 1