LA FRATERNITÉ SACERDOTALE
Origine et But. — La Fraternité Sacerdotale est née de f amour du Prêtre et de ses besoins. La fin de cette Œuvre, vouée et consacrée au Clergé, est d’honorer et de glorifier Jésus dans ses Prêtres. Elle forme des adorateurs en esprit et en vérité, qui intercèdent sans cesse au pied du Très Saint Sacrement pour la sanctification de tous les Prêtres du monde, et procure aux Prêtres du Seigneur des apôtres zélés et infatigables qui se dévouent à tous leurs besoins, de quelque nature qu’ils soient.
La Fraternité Sacerdotale accomplit ce bel et noble ministère en fondant des maisons pour les Prêtres malades, infirmes, vieillards, retirés du ministère pour une raison quelconque, etc., afin de leur assurer une retraite honorable, de leur procurer des soins particuliers en rapport avec leur dignité sacerdotale, et de leur fournir un asile où ils peuvent, dans la retraite, la prière, des occupations proportionnées à leurs besoins et à leur état, travailler à leur sanctification.
Elle fonde également, dans les grandes villes, des maisons spéciales exclusivement destinées aux Ecclésiastiques en voyage, afin de leur éviter les inconvénients des hôtels et leur procurer les avantages d’un milieu sacerdotal.
L'Exposition diurne du Très Saint Sacrement et les solennités du Culte sont comme la vie de tous ces pieux asiles du Sacerdoce, où l’on s’efforce de faire régner la paix, la joie, la charité, et par-dessus tout l'amour de Dieu.
Les autres formes d’apostolat de la Fraternité Sacerdotale auprès du Clergé sont les Retraites privées qu’elle facilite aux Prêtres dans ses Cénacles, la prédication des Retraites ecclésiastiques et des Retraites dans les grands et petits Séminaires, les associations de prière et autres, les œuvres d’étude et de secours temporel, les publications sacerdotales et, en général, tous les genres d’apostolat propres à sanctifier et à secourir le Prêtre, à l’aider dans son ministère ou à répandre parmi les fidèles l’amour et le respect du Sacerdoce.
L’excellence de cette Œuvre apparaît clairement dans le double objet de sa vie contemplative et active, qui est ce qu’il y a de plus grand et de plus élevé : Jésus et le Prêtre.
Nécessité et Opportunité. — Il n’y a qu’une voix dans le Clergé et parmi les fidèles pour reconnaître la nécessité et l’opportunité d’une tell** Œuvre, et Sa Sainteté Léon XIII, dans son Rescrit, dit expres-
(1) Centre de l’Œuvre : 228, Boulevard P<!-reire, Paris.
sèment que « ce ■ projet semble répondre aux volontés du Dieu très miséricordieux ».
En effet, il y a des Œuvres pour toutes les classes de la société et pour le soulagement de toutes les misères physiques, morales et spirituelles; ne convenait-il pas que le Clergé ait aussi la sienne ? Ne fallait-il pas une OEuvre spéciale qui fît du Prêtre de Jésus-Christ et de ses divers besoins, son but unique et sa raison d’être?
Par respect et par amour pour Jésus au Très Saint Sacrement, le Prêtre est celui que nous devons le plus aimer, au service de qui nous devons nous dévouer et nous sacrifier avec le plus d’empressement et de générosité. Il est le Ministre de Jésus, il en a reçu la divine mission, il en possède la puissance et il doit en réfléter la sainteté. Il personnifie Jésus dans le monde, et nous devons le traiter comme un autre Jésus-Christ. Dès lors, c’est un besoin et un devoir de lui rendre tous les services que l’on rendrait à Jésus lui-même.
L’amour du Sacerdoce, de même que: L’amour de Jésus, est de nature à susciter dés héroïsme®. Animée de cet esprit d’amour, la Fraternité Sacerdotale offre aux vétérans du Sacerdoce, aux malades et aux. infirmes, aux nécessiteux et à tous ceux qui ont besoin de solitude et de repos, des asiles où ils sont à l’abri des soucis et. même des nécessités, où ils trouvent un milieu en harmonie avec leur caractère sacré et où ils sont aimés et traités comme des frères par leurs frères, tamquam f rat res a fratrihus, selon la belle expression de Léon XIII.
Pour eux les Membres de la Fraternité Sacerdotale se font des compagnons assidus, des amis fidèles, des frères affectueux, d’humbles serviteurs, des gardes-malades pleins de charité, des aides dévoués, prêts à les secourir dans tous leurs besoins personnels ainsi que dans l’exercice de leur saint ministère.
Esprit. — C’est dans un grand esprit d’amour, d’humilité, d’abnégation et de charité que doivent se sanctifier et accomplir leur mission, tous ceux que la divine Providence appelle à une si haute vocation.
Ils doivent être animés envers les Prêtres du Seigneur d’un grand amour, d’un profond respect et d’un dévouement absolu, voyant Jésus en leur personne, se regardant comme leurs heureux serviteurs et mettant tout leur bonheur à se dépenser et à se sacrifier pour eux, afin de les soulager, les sanctifier et les sauver.
Honorer, aimer, glorifier Jésus dans ses Prêtres, par leurs prières constantes, leurs sacrifices, leur dévouement et leur charité à toute épreuve : telle doit être la vie d’un Membre de la Fraternité S icerdotaley dont le nom seul exprime la nature et l’esprit.
C’est dans le Cœur du Souverain Prêtre, dans l’Eucharistie, foyer de l’amour et source de toute sainteté, que tous puisent les vertus de leur sainteté personnelle et les grâces de leur apostolat, allant de Jésus aux Prêtres, pleins de zèle et de dévouement et forts de leur noble devise : Charitas fraternitatis maneat in nobis.
Après Jésus dans l’Eucharistie, ils n’ont point de dévotion plus tendre que celle de la Très Sainte Vierge, qu’ils honorent tout particulièrement comme la Reine du Clergé et la Mère des Prêtres.
BULLETIN DE l’üNION SACERDOTALE
C’est par Marie qu’ils vont à Jésus, et à son école ils apprennent à devenir des adorateurs en esprit et en vérité, en même temps que des apôtres ardents et généreux des intérêts de Jésus dans les âmes sacerdotales.
Moyens et Genre de vie. — L’Œuvre se compose de Prêtres pour la partie spirituelle et de laïques pour la partie matérielle. Après un certain temps de probation, ils sont admis, d’abord temporairement, puis définitivement.
L’adoration diurne devant le Très Saint Sacrement exposé se fait depuis cinq heures et demie du matin jusqu’à neuf heures du soir. Les Prêtres récitent en chœur l’Office divin.
La première et principale qualité requise est un amour ardent et généreux pour Jésus et les Prêtres, joint cà un grand esprit de sacrifice, afin d’accomplir joyeusement et dans la plus grande perfection possible le bel et si noble apostolat de l'OEuvre auprès du Clergé.
Approbations et Encouragements. — Dès le commencement, le projet d’une Œuvre exclusivement vouée au clergé a rencontré de grandes sympathies et de hautes approbations. Un éminent Prince de l’Eglise disait dès lors : « Je crois fermement que l'heure est venue de susciter clans l* En lise celte Œuvre si nécessaire qui sera le couronnnement de toutes les œuvres de charité ».
A Rome, d’éminents et saints personnages s’en firent les apôtres et les protecteurs, persuadés que Dieu en voulait le prompt établissement. Sa Sainteté Léon XIII lui fit un accueil très bienveillant et chargea un Membre du Sacré Collège d'en étudier les moyens de réalisation. Peu après, le Saint Père fit savoir à l’humble inspirateur de ce projet qu’il lui donnerait un Rescrit signé de sa main, faveur extraordinaire et plus que rare dans l’histoire des Œuvres religieuses. Léon XIII lui accorda, en effet, une longue audience privée et lui remit le aescrit, dans lequel il donne officiellement le nom de l’Œuvre nouvelle.
Notre Saint Père le Pape Pie X ne se montra pas moins favorable à l’Œuvre. Dès qu’il la connut, il daigna honorer le fondateur d’un Bref plein d’éloges et d’encouragements. Six mois après, il l’appela à Rome pour y établir une maison, et l’y aida puissamment.
Extrait du Reserit de Sa Sainteté Léon XIII