II Cor., xiii, ii
bien-aimés, dit saint Jude, vous édifiant vous-mêmes sur votre très sainte foi, priant dans l'Esprit-Saint, conservez-vous dans l'amour de Dieu (*). » Saint Paul dit encore aux Epbésiens « qu'il prie pour qu'ils puissent comprendre avec tous les saints, quelle est la largeur et la longueur, la hauteur et la profondeur de l'amour de JÉSUS-CHRIST, afin qu'ils soient remplis de toute la plénitude de Dieu (2J. » Et c'est avec de tels enseignements devant les yeux qu'on ose parfois soutenir que la perfection n'est exigée rigoureusement que des prêtres, des nonnes et des recluses et que, quant aux autres fidèles, nous accomplissons suffisamment notre devoir à leur égard si nous travaillons à les préserver du péché mortel ! Peu d'ecclésiastiques sans doute, soutiennent expressément cette thèse, mais plusieurs agissent comme s'ils la soutenaient effectivement et comme s'ils en étaient convaincus. Que de gloire est ainsi dérobée à Dieu ! que de trésors de sainteté perdent par là les âmes ! de quel chiffre de péchés véniels sont responsables ceux qui agissent ainsi dans la pratique ! Que d'âmes, errant aux extrêmes frontières de la vie spirituelle, franchissent par là les limites qui séparent le péché véniel du péché mortel, et, grâce à cette direction molle, peuvent se perdre sans retour !
Le concile provincial poursuit son enseignement en ces termes :
V. « La répartition des dons de l'Esprit-Saint offre dans son mode une grande diversité et est un profond mystère pour l'intelligence humaine. Chaque fidèle est