‹ Le sacerdoce eternalChapitre 101 sur 110 · Ephes., m · texte numérisé non relu

Ephes., m

appelé à un degré différent de perfection ; celui-ci à un degré inférieur, celui-là à un degré plus sublime. Ce n'est donc pas assez pour un prêtre de savoir distinguer scientifiquement entre lèpre et lèpre ; il doit savoir aussi discerner entre esprit et esprit, de peur de se laisser circonvenir par l'esprit humain et même par l'esprit satanique, qui prend parfois le masque de l'esprit de Dieu, et d'être ainsi enlacé dans l'erreur et d'y enlacer avec lui ceux qu'il dirige. Il arrive parfois que ce ne sont pas des fidèles dont l'intelligence est cultivée que Dieu appelle au plus haut degré de perfection et de sainteté; mais son choix s'arrête parfois sur l'âme simple et sans culture d'une personne du peuple. C'est donc au guide des âmes à pénétrer au fond du cœur et à y discerner et y reconnaître, du moins par la science, s'il ne le peut par son expérience personnelle, les étapes successives que parcourt un cœur dans son ascension vers Dieu et le degré d'oraison auquel une âme est déjà élevée. Et c'est ainsi qu'il sera à même d'affermir les commençants dans la voie purgative, de diriger ceux qui sont engagés déjà dans la voie illuminative et de faire pénétrer plus avant les plus parfaits dans les hauts mystères de la voie unitive. Labia sacerdotis custodient scientiam et legem requirent ex ore ejus, quia angélus Donii)ii exercitnum est (1). On trouve dans tout troupeau des âmes qui sont appelées par Dieu à suivre la voie des conseils et qui attendent des lèvres du prêtre la science de la vie spirituelle. Mettons donc tous nos soins à acquérir cette science, de peur qu'il n'arrive que le troupeau marche en avant du pasteur

i. Mal., Il, 7. Saint Jérôme dit : « Si sacerdos est sciât legem; si ignorât legetn, ipse se arguit non esse Domini sacerdotem. »

dans ces voies intérieures et cachées où Dieu conduit les âmes. »

UAuctor incertus dit : << C'est un sujet de grande confusion pour les prêtres et pour tous les clercs de voir des laïques être plus avancés qu'eux dans la foi et la justice. Et comment ne serait-ce pas une honte pour eux d'être inférieurs sur ce point aux laïques, lorsque déjà ce serait une honte pour eux de leur être seulement égaux (') ? » Ecoutons saint Ambroise : « Vides divisiones? Ni/ni in sacerdotibus plebeium requiri, nihil populare, nihil commune cum studio atque nsu et moribus multitudinis. Sobriam a turbis gravitât emi seriam vitam, singulare pondus ; dignitas sibi vindicat sacer dotalis. Quo modo enim potes t observari a populo, qui nihil habet secretum a populo ? Dispar a multitudine ? Quid enim in te miretur, si sua in te recognoscat ? Si nihil in te adspiciat, quod ultra se inveniat ? Si quœ in se erubescit, in te quem reverendum arbitratur offendat f Su-

pergrediamur igitur plebeias opiniones ac detritœ

vice orbitas declinemus (2). » Dans l'ancienne loi, il était défendu au prêtre, durant tout le temps qu'il était de service au tabernacle, de boire du vin et des liqueurs enivrantes (3). Quel doit être le renoncement des prêtres de la nouvelle loi dont le service au tabernacle n'est jamais interrompu et qui sont toujours, eux, et au tabernacle et au sanctuaire, devant le trône de miséricorde où siège la divine présence ?

Le zèle du peuple pour son avancement spirituel est une des plus grandes récompenses de la vie sacerdo-

t. Auctor operis imperfecti inter opp. Sancti Joan. Chrys. Homilia VI.

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