Joan. , xvii
— HiN—
gprasraPTO^psœœ^rasEEOTasœpgpsEE^Jj.
OT ou tard — et le plus tard sera encore tôt, car la plus longue vie est courte et se précipite vers sa fin — se répandra la nouvelle que nous sommes à la mort. Notre tour viendra. Nous qui avons passé notre vie au chevet des malades et qui avons vu tant d'hommes mourir, comme si nous devions nous-mêmes vivre toujours, nous serons enfin couchés sur notre lit de mort. Ce jour nous surprendra-t-il à l'improviste? Aurons-nous le temps de recevoir les derniers sacrements ? Les prêtres meurent souvent sans les recevoir. Lorsque nos ouailles sont malades, quelque soudaine que soit leur maladie, nous sommes toujours à leur portée pour veiller sur leurs derniers moments, mais lorsque nous sommes malades nous-mêmes, nous n'avons pas toujours un prêtre à notre disposition. Bien des prêtres vivent seuls, dispersés à de grandes distances, loin de leurs confrères. En outre les prêtres se familiarisent tellement avec la mort que souvent ils ne s'alarment pas assez tôt ou qu'ils n'ont pas conscience du danger où ils se trouvent. Il semble étrange qu'un prêtre qui a préparé durant tant d'années les autres à mourir ne sente pas le besoin de s'y préparer lui-même. Parfois, il se fait illusion sur son état, parfois, il remet de jour en jour l'appel d'un confrère, et la remarque que l'on a faite ne se vérifie que trop souvent — il meurt sans les derniers sacrements.
Il y a des hommes qui n'aiment pas de parler de la
mort. Personne ne meurt d'en parler. En discourir, est pour certains esprits aussi terrifiant que la vue d'une lampe voilée d'un crêpe funèbre ou que le son de l'horloge de la mort. lis savent qu'ils sont en cela le jouet de leur imagination, mais la peur ne raisonne pas et ils tremblent. Ils reculent devant la pensée de faire leur dernier testament. Ils en conservent parfois dans leur chambre une copie qui n'attend que leur signature, mais ils remettent la signature au lendemain et au jour suivant, et ils meurent intestats au détriment de l'Eglise et ne léguant à tous que des tourments.
Telles sont les bizarreries de l'esprit humain. Un homme de bien n'a pas une telle peur de la mort et un sage en parle volontiers et souvent. Joseph d'Arimathie creusa son tombeau dans son jardin, où il pouvait l'apercevoir tous les jours. Saint Charles parlait continuellement de la mort. Si nous l'imitons, la pensée de la mort nous deviendra douce et familière comme la pensée du repos après les fatigues et celle du retour au foyer domestique après les périls du voyage et de la traversée. La crainte de la mort nous préservera du malheur de résister au Saint-Esprit et de le contrister par aucun acte volontaire en désaccord avec sa volonté, et la pensée de la mort nous mettra à même de comprendre ces paroles de l'Apôtre: Cupio dissolvi et esse cum CHRISTO (*). Miki vivere Christus est, mori lucrum (2). Scio enim cui credidi, et certits sum quia potens est depositum meum servare in Mu m diem (3).
Nous avons l'habitude de répéter cette prière : a