II Tim. , I
subit anea et improvisa morte, libéra nos, Domine, et personne n'en a plus besoin que nous, car notre familiarité avec la mort diminue en nous, je le répète, la terreur que sa vue inspire et nous ne sommes que trop portés à cesser de la craindre et de nous y préparer. C'est aux pasteurs spécialement que sont adressées ces paroles de l'Apocalypse. A l'un, le Seigneur parle en ces termes : « Je sais tes œuvres, et ton travail, et ta patience, et que tu ne peux supporter les méchants.» « Mais j'ai contre toi que tu es déchu de ta charité première. Souviens-toi donc d'où tu es tombé, fais pénitence et reprends tes premières œuvres, sinon je viendrai bientôt à toi, et si tu ne fais pénitence, j'ôterai ton chandelier de sa place (*). » Et à un autre : « Je sais tes œuvres: tu as la réputation d'être vivant et tu es mort. Sois vigilant et assure le reste qui est près de mourir, car je ne trouve pas tes œuvres pleines devant mon Dieu. » — « Si tu ne veilles, je viendrai à toi comme un voleur, et tu ne sauras à quelle heure je viendrai (2). » Et c'est à un plus grand nombre d'entre nous encore que ces autres paroles s'adressent : « Je sais tes œuvres ; tu n'es ni chaud ni froid ; plût à Dieu que tu fusses froid ou chaud! Mais parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni chaud, je suis près de te vomir de ma bouche. » Et à combien d'entre nous qui se bercent dans une vaine complaisance en euxmêmes la divine voix ne répète-t-elle pas sans cesse, mais en vain : « Car tu dis : je suis riche et opulent, et je n'ai besoin de rien ; et tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu. Je te con-
i. Apoc. , II, 2, 4, 5.