‹ Le sacerdoce eternalChapitre 28 sur 110 · Apoc, xiv · texte numérisé non relu

Apoc, xiv

des prémices doivent être pour sa plus grande gloire. Etre choisi d'entre le peuple choisi, être l'élu des élus, entrer en partage avec le sacerdoce du Verbe incarné ; avec son caractère et ses pouvoirs divins ; être les témoins visibles de son esprit et de sa perfection ; être aliorum perfectores, être chargés de rendre les autres parfaits ; être consacrés pour offrir JÉSUS-CHRIST sans interruption comme la Victime pour les péchés du monde et pour nous offrir nous-mêmes à Dieu en union avec lui ; et de plus, nous offrir nous-mêmes à lui pour l'accomplissement de l'œuvre qu'il a confiée à nos mains : quel autre ministère pourrait-on trouver qui puisse procurer à Dieu une telle gloire, si on excepte les éternels hommages qui lui sont rendus par les intelligences parfaites qui composent la cour des Cieux? Un prêtre a mission de continuer l'œuvre de son Maître et l'œuvre de son Maître a été de sauver et de sanctifier l'humanité. Il est choisi, appelé et consacré pour rendre visibles et palpables la vie, l'esprit, la parole et la volonté de JÉSUS-CHRIST. Saint Bernard dit : « Nourris le troupeau par ton intelligence, par tes lèvres, par tes œuvres, par ton esprit de prière, par les exhortations de ta parole et par l'exemple de toutes tes actions. » Lorsque Xotre-Seigneur dit : « Comme mon Père m'a envoyé, ainsi je vous envoie, » il indique clairement que ses prêtres doivent perpétuer dans le monde non seulement sa vérité et ses saints sacrements, mais son propre esprit, sa ressemblance et sa vie. Et pour cela il a mis à notre disposition tous les moyens nécessaires. Il a choisi ses apôtres, il les a instruits, élevés, et assimilés à lui-même par son action directe et immédiate. Il choisit, appelle et modèle ses prêtres

sur lui-même aujourd'hui non moins qu'au commencement de son apostolat, quoiqu'il n'agisse plus que médiatement par la divine tradition et par l'action de son corps mystique s'édifiant lui-même dans la charité. Denis l'Aréopagite (que ce soit lui ou son homonyme) écrit : « Celui qui parle d'un prêtre parle de l'homme le plus auguste, le plus divin et le plus habile dans toute la science (J) » de Dieu. Saint Ignace appelle le prêtre « le point culminant de la bonté parmi les hommes (2) ». C'est donc un axiome incontestable pour celui qui considère les obligations et l'esprit de la vie sacerdotale : qu'un prêtre est prédestiné à procurer la plus grande gloire de Dieu.

Ces paroles de saint Paul doivent se trouver en conséquence dans le cœur de tout prêtre : « Je compte toutes choses pour un désavantage eu égard à l'éminente science de JÉSUS-CHRIST, mon Seigneur, pour qui j'ai renoncé à tout, et regarde tout comme du fumier, afin de gagner Jésus-Christ, » « afin que je puisse connaître ce qu'il est, quelle est la vertu de sa résurrection et la part que j'ai à ses souffrances, exprimant en moi l'image de sa mort ; en sorte que je puisse ressusciter d'entre les morts. Non que j'ai déjà atteint jusque-là ou que je sois déjà parfait ; mais je suis ma route afin de pouvoir gagner le terme pour lequel aussi j'ai été gagné par JÉSUS-CHRIST. Non, mes frères, je ne crois pas avoir gagné le terme, mais mon unique soin, c'est qu'en oubliant ce qui est derrière, et faisant mes efforts pour atteindre ce qui est devant, je m'avance vers le terme, vers le prix auquel Dieu

i. De Cœlest. Hier. cap. i.

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