‹ Le sacerdoce eternalChapitre 43 sur 110 · Ps.,cxv:n · texte numérisé non relu

Ps.,cxv:n

Le Sacerdoce Éternel. ?

y a une fontaine, il y a un courant. Et de même que le courant s'échappe de la fontaine, ainsi l'amour de Dieu se répand au dehors en amour pour l'homme. Le courant prouve que la fontaine est là. C'est pourquoi saint Tean dit: 8 Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons nos frères (*). » Notre amour pour eux, prouve notre amour pour lui, et celui qui aime Dieu habite en Dieu et a passé de la mort à la vie; car Dieu est notre vie éternelle et il demeure en nous, même ici-bas. L'exercice continuel et dans toute son extension de la charité fraternelle envers tous, envers les familles qui composent notre troupeau, envers nos parents, envers nos amis et envers nos ennemis, est une haute école de perfection et de persévérance.

Et cette vie de charité est d'autant plus parfaite qu'elle demande de nous une plus grande mortification de nous-mêmes. La vie sacerdotale et pastorale exige l'abnégation de soi, chaque jour et à chaque heure. Elle nous force à mourir à nous-mêmes, à nos désirs, à notre volonté, à nos préférences, à être aux ordres et au service de tous, bons et méchants, raisonnables et insensés « me faisant tout à tous, comme dit saint Paul, pour que je puisse les sauver tous (2) ». C'est un étrange résultat de notre action pastorale qu'elle n'opère le salut que d'un certain nombre d'hommes. Et encore, pour obtenir ce résultat, nous devons mourir à nousmêmes, sortir de nous-mêmes, abdiquer tout droit et toute prétention sur nous-mêmes pour le salut des élus. Le mot expropriât io a un sens plein de profondeur et

i. I Joan., in, 14.

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