‹ Le sacerdoce eternalChapitre 45 sur 110 · Joan., xv · texte numérisé non relu

Joan., xv

Il6 CHAPITRE NEUVIÈME.

prêtre de JÉSUS-CHRIST, dit-il, qui vous a réduit à cet état de subir le froid, la faim, l'ennui, l'isolement complet au milieu du monde, la violence du vent et des tempêtes et la rigueur de l'hiver? L'amour des âmes. » Mais qui nous a donné cet amour? Il est un sixième sens que peu d'hommes possèdent et que le plus grand nombre ne peuvent apprécier. Ce sens c'est celui des choses divines et il nous dit que le prêtre est destiné à offrir en lui-même le modèle de la perfection et à initier les autres à la pratique de la perfection; il ne doit pas seulement se sauver pour sauver les autres, mais il doit être saint pour les sanctifier (*). Il est placé comme une lumière pour éclairer, comme un sel pour empêcher la masse de se corrompre, comme la bonne odeur de jÉSUS-CilRLSTet comme un encensoir entre les vivants et les morts. Si, avec tous ces dons, il devient un réprouvé, grande aura été, il faut le reconnaître, son infidélité envers le Saint-Esprit.

Quel motif de confiance peut donc manquer à un prêtre ? Il est environné de tous les gages de l'amour et de la puissance de Dieu. La volonté qu'a Dieu de le sauver éternellement, lui est manifestée par tous les témoignages et par tous les signes les plus précis d'une révélation directe et personnelle. Cette ferme et inébranlable confiance est un motif qui doit le porter à l'entière oblation de lui-même dans les œuvres importantes qu'il a mission d'accomplir et à l'entière abné-

i. « Nous devons être purs nous-mêmes pour purifier les autres ; nous devons être remplis de sagesse pour inspirer la sagesse aux autres ; nous devons être lumière si nous voulons éclairer, être unis à Dieu si nous voulons conduire les autres à lui, être saints si nous voulons sanctifier et guider les autres comme par la main et leur donner des conseils avec autorité. » Saint Grégoire de Naz. , Orat. Il, § LXXI.

l'office pastoral, source de confiance. 117

gation de lui-même, dans les plus humbles travaux du ministère pastoral. L'espérance est la source de la joie, et la joie est la source de la force. L'homme sans espoir ou pusillanime plie sous l'épreuve et est rebelle à l'effort. L'homme plein d'espoir et de confiance est énergique et courageux. La crainte n'honore pas notre divin Maître; mais la confiance découle de la perception que nous avons de son amour. L'espérance est un des dons du Saint-Esprit, dont nous avons reçu l'infusion au baptême et qui se mûrit par l'exercice. Saint Paul dit que c'est l'espérance qui nous sauve et il prie <{ le Dieu de l'espérance de vous remplir de toute joie et de toute paix dans votre foi, afin que vous abondiez, dit-il, dans l'espérance et dans la vertu de l'Esprit- Saint (x). »

Les trois cents hommes de Gédéon, qui avaient porté directement la bouche à l'eau du fleuve, eurent, au témoignage de l'Écriture, plus de valeur dans le combat que la multitude de ceux qui s'étaient agenouillés pour boire et que les vingt-deux mille pusillanimes et timides qui s'éloignèrent du combat (2). La proclamation que nous lisons au Deutéronome retentit encore aujourd'hui dans tous les rangs de ceux qui aspirent au sacerdoce. « Y a-t-il parmi vous un homme en proie à la peur ou à l'abattement ? Qu'il quitte les rangs et retourne chez lui de crainte qu'à son exemple la peur ne s'empare de ses frères et qu'ils en arrivent à trembler comme lui (3). » Une fois placé par Dieu dans les rangs des combattants, aucun prêtre n'a raison de trembler. S'il

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